PA 5 PT: L
PI. X, fig. 256-258.
Assez commune dans les dragages, habitant un tube mince de sable demi-fin fixé aux Rytiphl@a. Trouvée seulement deux fois sur la côte, à Gleglin sous une pierre et au banc des Pourceaux sous une racine de laminaire. Le corps, légèrement renflé en avant, de couleur uniforme, soit brun rouge, soit brun foncé, soit orangé foncé, très rarement vert jaunâtre, mesure 30 à 60 millimètres de long (en général 45) sur 2 à 3 millimètres de large en avant, et compte en tout 58 à 88 segments.
Le lobe céphalique a la partie antérieure peu élevée, derrière laquelle sortent des tentacules assez épais, à gouttière ciliée, colorés en orangé foncé, aussi longs que le tiers du corps. En arrière des tentacules, le rebord étroit de la tête est couvert d'une double ou triple rangée d’'yeux. Le segment buccal très mince forme au-dessous de la bouche une petite lèvre inférieure. Les segments 2, 3 et 4 oni chacun 2 petits lobes latéraux plus importants au 2" et à peine indi-. qués au 4". Ils portent aussi chacun une paire de branchies ciliées, caduques, flabelliformes, comme celles que figure Malmgren pour la 7. Damelsseni (1). La première paire, longue de 1**,20, est plus forte que la deuxième, et la deuxième que la troisième. Chaque ramuscule est terminé en général par une petite fourche. Au-dessous de la troisième paire de branchies, au 4" segment, apparaîl le premier faisceau sétigère, composé de soies à limbe étroit finement strié el à pointe unie. Au 5“ segment se montre le premier tore uncinigère.
Il y a 17 segments sétigères avec 10 à 16 soies à chaque
(1) Loc. cit., pl. XXI, fig. 54, c.
faisceau. Les 6 premiers tores uncinigères ont une seule rangée de 50 plaques onciales rétrogressives; les 10 tores suivants en ont une qui souvent n’est ni nettement unique alternante comme chez la MNicolea venustula, ni nettement engrenante comme chez la Polymnia nebulosa ; il est possible que cetle disposition soit due à la pression exercée par le couvre-objet ou à une contraction musculaire. Mais la disposition normale de la rangée est d’être unique alternante. Les plaques onciales vues de côté ont une double crête au vertex, la plus basse bien accusée, ia plus haute faiblement marquée. Dans la même rangée, on voit des plaques dont la base est arrondie en avant en forme de menton (fig. 256) et d’autres où elle se termine en pointe (fig. 257), ce qui dépend peut-être de la position où on les examine; à la saillie latérale au-dessous du gros crochet est fixé un très petit ligament consolidateur. Vues de face, elles ont une dent unique au-dessus du crochet principal et une rangée supérieure de 3 denticules (fig. 258).
Il y a 6 paires de papilles disposées comme chez la P. nebulosa et 14 écussons ventraux commençant au 3" et finissant au 16" segment, les 7 à 8 premiers plus larges, plus bas, plus rectangulaires, les suivants moins larges et plus hauts, le dernier quelquefois linéaire, irès rarement triangulaire.
La région abdominale, composée de 38 à 68 segments, a à chaque segment 2 pinnules garnies de 12 à 20 plaques onciales rélrogressives avec soies de soutien semblables à celles du thorax, mais cinq fois plus petites. L’anus est entouré de 12 à 15 franges de 0"*,12 de long.
Le diaphragme œsophagien, fixé entre le 4"et 5" segment, a 4 sacs de 0**,5 à 0"",7.de long. Le tissu clypéal intérieur s'arrête en même temps que les écussons. Le canal digestif est divisé comme chez la P. nebulosa. Les organes de la circulation sont aussi semblables; toutefois le cœur, qui est de plus petit calibre et qui se détache de l'anneau vasculaire au 8"° segment, renferme un corps cardiaque à gros cordons bruns comme celui qui a été figuré pour l’Amphitrite Edwarsi
(pl. VII, fig. 219). La chaîne nerveuse est partout double et non aplalie. |
La P. nesidensis a 6 paires d'organes segmentaires comme la P. nebulosa el aux mêmes segments. La 3" paire est aussi beaucoup plus longue que les autres, atteignant jusqu’à 3 millimètres el pendant dans les 5 segments qui suivent le diaphragme œsophagien; mais la branche externe manque de réservoir. Les 3 dernières paires sont très pelites et incolores, tandis que dans les précédentes, la branche externe est De en orangé brun.
Les œufs, de 0**,12 de diamètre, sont colorés en marron ou en orangé foncé.
Dans le liquide cavitaire flottent des corpuscules, les uns incolores, de 0*",012 de diamètre, renfermant des granules incolores, les autres de 0**,09 de diamètre, contenant des sranules bruns qui sont probablement des produits d’excrétion.
Il est presque de règle d'observer dans les 5° à 7* segments un ou plusieurs Distomes enkystés qu'on voit se retourner dans leurs kystes. Ces Distomes sont de la même espèce que ceux de la Micolea venustula et de la Polymnia nebulosa.
Souvent on rencontre la P. nesidensis à l’état jeune passant par tous les degrés de développement successifs que Milne Edwards a décrits et figurés pour la P. nebulosa (1). L'exemplaire le plus jeune (3°**,15 de long sur 0**,42 de large) que j'observe a trois tentacules, quelques petits yeux, trois segments achètes, le 4" segment avec des soies limbées, puis 6 segments à rangée simple de plaques onciales rétrogressives, à à rangée unique alternante, le tout accompagné de mamelons séligères, ce qui fait en tout 12 segments séligères; 26 segments abdominaux, ayant chacun de chaque côté 2 à 4 petites plaques once rétrogressives, terminent le corps; il n’y a pas encore d'organes segmentaires. Dans l'intestin se tordent de nombreuses Grégarines à peau striée
(4) Ann. des sc. nat., 3%e série, t. IIT, 1845, p. 147 el suiv., et pl. VII, fig. 24, 29586.
en long avec un gros noyau, que Schneider a figurées exactement (1), mais comme étant peut-être des larves de Némaltoïdes, tandis que ce sont des Grégarines appartenant au genre Polyrabdina Mangazzini (2), ayant beaucoup de raies longitudinales sur la cuticule ; la Gregarina (Esarabdina Mans.) Terebellæ Kôll. en a seulement 6.
À un état un peu plus avancé la jeune P. nesidensis a une paire d'organes segmentaires au 5" segment (1° uncinigère) et le tissu clypéal aux 4" et 5" segments.
À la fin de ce que Milne Edwards appelle la deuxième période de développement, quand le jeune n'a encore que 8 tentacules, 1l mesure 5 millimètres de long, manque encore de branchies, a 16 segments thoraciques et 17 abdominaux, et on voit déjà se former deux paires d’organes segmenliaires au 4" et au 5" segments. D’après ce que nous avons dit plus haut, la paire du 4“ segment n'apparaît qu'après celle du 5". Plus tard, lorsqu'il y a 12 tentacules, se montre une paire de branchies rudimentaires consistant en un cirre court; les segments thoraciques sont au complet, il y a 32 segments abdominaux et les deux paires d'organes segmentaires sont bien formées ; la troisième n'a pas encore paru.
Dans un exemplaire de ce dernier état, je vois au 4" segment deux Distomes enkystés remuant dans leur kyste.
Chez tous ces jeunes, les soies et les plaques onciales du thorax et de l'abdomen sont semblables à celles des adultes et disposées de même et l’anus est également frangé.
Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée.
(1) Schneider, Grégarines des Invertébrés (Arch. de zool. expér., t. IV, 1875, pl. XXII, fig. 85 et 86). — Voir plus haut, p. 51.
(2) Mangazzini, Gregarine monocistidee nuove o poco conosciute del golfo di Napoli (Atti dell’ Accad. dei Lincei, 4%e série, t. VII, 2m° semestre 1891, fasc. 7, p. 229 à 235).
GENRE THELEPUS Leuck., Mgr. (s. ampl. Gr.) (incl. LUMARA Stimpson, VENUSIA Johnst., NEOTTIS Megr., PHENACIA Qfg., HETEROPHENACIA Qfgs., THELEPO- DOPSIS Sars). ,
TueLEpus sEtTosus Qfg. (1).
PHENACIA SETOsA Grube, Mitth. über St. Vaast, etc. (Abhand. der Schles. Gesells., 1868-1869, p. 110). — Bemerk. über die Annel. des Pariser Museums (Archiv für Naturg., 1810, t. I, p. 332).
PI. X, fig. 259-262.
Trouvée quelquefois dans les dragages, habitant un tube percé aux deux bouis, composé d’une membrane mince, transparente, recouverte de petites pierres et de débris de coquillages, et appliqué horizontalement dans l’intérieur des grosses coquilles d’huîtres vides ou bien s’enfonçant dans les trous de ces coquilles et en suivant les méandres. La pellicule du tube vue à un fort grossissement est couverte de lignes pointillées très fines se coupant à angle droit comme le tissu d'une toile.
Le corps est coloré en chamois tendre uniforme, sis clair sous le ventre; les tentacules sont d’un brun orangé el les branchies filiformes très rouges. En employant le microscope, on voit que le dos de chaque segment coloré en chamois clair uniforme est coupé horizontalement par plusieurs lignes d’un chamois plus foncé entre lesquelles sont disposées des raies verticales blanches allant d’une ligne à l’autre; le tout est parsemé de petites verrues blanches dont le sommet est creusé d’une dépression assez profonde. Ces verrues, assez rares ou absentes dans la première moilié du corps, sont très nombreuses dans la dernière moitié.
Les trois plus grands exemplaires que j'aie rencontrés ont 16 centimètres de long sur 1! centimètre de large à l’en-
(1) Phenacia setosa. Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. IT, p. 376.
droit le plus large du corps; ils ont l’un 50 segments sétigères auxquels font suile 38 segments sans soies ; l’autre 61 segments sétigères et 48 sans soies, le 3°°, 38 segments sétigères et 48 sans soies. Les exemplaires de 13 centimètres ont, les uns 51, les autres 61 segments sétigères et 45 sans soies.
Quant à la forme générale du corps, les 6 premiers segments sétigères sont plus étroits que les suivants, qui s’élargissent progressivement et atteignent leur plus grande taille au 16*° sétigère où ils ont 1 centimètre de large, puis ils vont en décroissant jusqu'au 22*°, à partir duquel le corps diminue rapidement pour devenir très fin à l'extrémité qui se termine par un anus central entouré de 6 à 8 petits lobes. Les 24 premiers segments semblent former une véritable région thoracique. À partir du 27*°, les tores prennent un peu la forme de pinnules. Dès le 30°, ils se rapprochent davantage de la face ventrale, qui finit par se réduire à une ligne assez mince. Les segments 31 à 45 sont plus hauts et plus espacés que les autres; les suivants sont très serrés et étroits; les pinnules se dessinent tout à fait et deviennent extrêmement petites aux 12 derniers segments.
La tête a la partie antérieure peu élevée, derrière laquelle naissent dans le sillon tentaculifère des tentacules très nombreux et épais longs de 3 centimètres; le dos du repli est parsemé de points oculiformes.
Le segment buccal, large du côté dorsal, forme du côté ventral, au-dessous de la bouche, une lèvre inférieure disposée comme chez l’Amplhatrite gracilis. Le deuxième segment porte la première paire de branchies; les deux branchies, composées chacune de nombreux filaments simples (fig. 259), beaucoup plus minces que les tentacules, sont séparées l’une de l’autre par un court espace nu au milieu du dos. Tous ces filaments, peu caducs, renferment un vaisseau branchial en anse avec petites anses vasculaires transversales, et sont disposés à chaque segment branchifère sur deux rangées transversales parallèles. La première paire de
branchies est plus étendue du côté du ventre que la 2", qui est placée sur le 3" segment, où se trouve le 1* mamelon sétigère (1). Enfin, la troisième paire de branchies, moins étendue encore que la 2" du côté ventral et suivie d’un mamelon sétigère plus gros et plus distinct, se trouve sur le 4 segment. Chez les exemplaires jeunes les filaments branchiaux sont beaucoup moins nombreux, 6 à 7 de chaque côté aux 2 premières paires, 2 à 3 à la 3" paire, etilyaun espace beaucoup plus grand sur le dos que chez les adultes entre chaque branchie.
Les mamelons sétigères sont assez hauts et les soies d’un jaune brillant disposées en éventail. Au nombre de 30 dans les segments antérieurs, elles ne sont plus dans les derniers qu'au nombre de 11, dont 6 plus longues et 5 plus courtes, toutes de même forme avec un limbe strié et une pointe très fine non dentelée.
Les tores uncinigères apparaissent au 5" segment pour continuer Jusqu'à l'extrémité du corps. Tous ont une seule rangée de plaques onciales rétrogressives, doni on compte 260 dans les segments antérieurs, 150 au 30" segment, le nombre en allant ensuite en décroissant peu à peu. Comme chez plusieurs autres espèces, ces rangées rélrogressives se recourbent en dessous à une de leurs extrémités pour former une seconde rangée (rangée parabolique de Claparide), très courte, également rétrogressive, composée de 15 à 20 plaques onciales et terminée par 5 à 6 plaques en voie de formation. Dans les segments qui font suite aux segments sétigères, il n’y a plus que 70 plaques, puis 55 à 60, et elles sont accompagnées de soies de soutien postérieures chitineuses et siriées.
Ces plaques onciales. plus larges que hautes ont, comme celles de tous les Amphitritea à branchies filiformes avec plaques onciales aviculaires, une base très massive en forme de sabot, terminée en avant par une sorte de bouton arrondi.
(1) Ce mamelon sétigère, caché par les branchies, a sans doute échappé à Grube, qui place le {2 faisceau sétigère au 4e segment seulement.
Vues de côté, elles ont au vertex une crête surmontée d’une autre très indistincte, et au-dessous du gros bouton arrondi qui termine la base un petit prolongement en cône tronqué (fig. 260). Il n'y a pas de ligament consolidateur, ni de muscle à la partie antérieure de la base, le gros bouton assurant la fixité de la plaque. Vues de face, elles ont deux dents supplémentaires dominant la dent principale, et tout à fait en haut un denticule (fig. 261) accompagné quelquefois de deux denticules encore plus petits.
Les écussons ventraux sont tellement indistincts qu’on peut presque dire qu'ils n'existent pas. Quelquelois 1ls semblent un peu plus marqués aux segments 9-17.
Il y a une petite papille de chaque côté du corps aux segments 4, 5, 6 et 7. Celle du 4** segment est placée au-dessous du mamelon sétigère et celle des 3 autres entre ce mamelon et le tore uncinigère (fig. 259, a).
La plupart des grands exemplaires sont bourrés d'œufs violacés de 0"*, 14 de diamètre ou de régimes de spermatozoides.
Le tissu clypéal intérieur est peu développé. Il n’y a pas de diaphragme œsophagien. Il en résulte que, chez les exemplaires mûrs, les œufs et les spermatozoïdes flottant dans le liquide cavitaire se répandent jusqu'autour du cerveau, et que l’œsophsge n'étant pas maintenu en place par un diaphragme, les ligaments mésentériques dorsaux et ventraux commencent dès le 3% segment pour persister jusqu'à la fin de l'intestin. |
L'œsophage s'étend du 3" au 10% segment, l'estomac glandulaire du 11" au 18" et l’estomac chitineux du 19" au 24%. Il y a donc jusque-là une véritable région thoracique, comme il à été dit plus haut, quoique les faisceaux séligères persistent beaucoup plus loin.
L'œsophage a dans le 3* segment un repli intérieur de taille considérable (fig. 262); il est ensuite comprimé dans le sens de l’axe du corps aux segments 4-6 et ne devient rond qu'aux segments 7-10. L’estomac chitineux à une constric-
lion dans le 21*° segment. Le 1° dissépiment se trouve dans le 25% segment où commence l'intestin, qui a 2 replis intérieurs comme ceux qui ont été figurés pour l'Amphitrite Edwarsi (pl. VIE, fig. 213, À).
Le système circulatoire est le même que chez l’'Amphitrite Ediwarsi, et on voit la membrane vasculaire appliquée sur les parois du canal digestif, dès l'estomac glandulaire. Le cœur proprement ditest court avec un corps cardiaque peu développé. A parür du 7“ segment, il me paraît continuer en avant jusqu’au 2", sous forme d’un gros vaisseau de 07,1 de diamètre placé entre l’œsophage et la paroi dorsale du corps dans le ligament mésentérique dorsal, comme l’est le vaisseau ventral dans le ligament mésentérique ventral entre l’æœsophage et la chaîne nerveuse.
Le cerveau, d’assez grande dimension, est unilobé. La chaîne nerveuse, d’abord simple, est séparée en deux par un névrilème, à partir du 6" segment. Je ne découvre pas de fibre nerveuse colossale.
Les organes segmentaires avec pavillon vibratile de taille considérable sont au nombre de 4 paires aux segments 4, 5, 6 et 7, augmentant de longueur à chacun de ces segments, de sorte que la 4*° paire, qui se trouve dans le 7° segment, atteint 4 millimètres de long et pend jusque dans le 12".
Manche.
Sous-famille des Polycirridea Mgr. (Férébelliens abranches Qfc.).
Le nombre des segments sétigères ne peut servir à établir des genres parmi les Polycirrides et n’est pas même utile pour distinguer les espèces, car nous verrons plus bas par quelques exemples que ce nombre varie dans la même espèce selon les individus. Il en est de même du numéro du segment où apparaissent les premières plaques onciales. Comme Claparède et Langerhans, je suis donc d’avis qu'il faut verser les genres Leucariste Mgr. et Ereutho Mgr. dans le genre plus large Polycirrus Gr.
La présence ou l'absence complète de plaques onciales et la forme de ces plaques me paraissent chez les Polycirrides devoir être les seules bases de la classification.
Pas de plaques onciales. — Lysilla Mgr.
Plaques onciales aciculiformes. — Amæa Mgr.
Plaques onciales aviculaires. — Polycirrus Gr. (incl. Ereutho Mgr., Leucariste Mgr., A phlebina (Apneumæa) Qg., Cyaxares Kbg., Dejoces Kbg.).
Peut-être pourrait-on partager le genre Polycirrus en 2 genres ou sous-genres, comme l'indique Langerhans, l'un manquant de plaques onciales thoraciques (sans soies de soutien) et n'ayant que des plaques onciales abdominales (avec soies de soutien), l’autre ayant des plaques onciales des deux sortes.
Les endoparasites des Polycirridea sont différents de ceux des Amplhitritea. Je trouve dans l'intestin de toutes les espèces de Polycirrides de Dinard un Nématoïde que je déerirai plus loin à propos du Polycirrus caliendrum; 11 y en a quelquefois 10 à 12 dans le même hôte. Chez un Polycirrus denticulatus N. S. j’observe une fois dans l'intestin un scolex de Tetrarhynchus.
GENRE POLYCIRRUS Gr. nec Mgr. (inc/. EREUTHO Mgr., LEUCARISTE Mgr., APHLEBINA (Apneumaæa) Qfg., CYAXARES Kbg., DEJOCES Kbg.).
Toutes les espèces de Polycirrides que Je rencontre à Dinard appartiennent à ce genre et les remarques suivantes leur sont applicables.
Je ne les trouve que dans les dragages et jamais sur la côte, habitant quelquefois de petits tubes de sable très fin, sur les touffes de Xytiphlæa et le plus souvent logés dans les trous des vieilles coquilles.
Les plaques onciales thoraciques et abdominales sont toujours en rangée simple rétrogressive.
La tête, concave du côté ventral et derrière laquelle s’élè-
vent des tentacules en nombre considérable du côté dorsal, se dresse comme un lobe plissé sur les côtés, en forme de mufle, ou s’étalant en forme de feuille. |
L'hypoderme, lorsque l'animal se contracte, paraît quadrillé comme chez le Sc/erocheilus minutus (pl. V, fig. 128).
Le premier écusson ventral est impair, occupant toute la largeur du segment buccal du côté ventral. Les autres écussons sont placés par paires de chaque côté d’une ligne longitudinale médiane à quelques-uns des segments suivants, à raison d’une paire par segment. Dans l'indication du nombre des écussons, il ne sera tenu compte que des écussons pairs. | Le tissu clypéal existe dans l'intérieur du corps aux segments à écussons.
Il n’y a pas de vaisseaux, ni de diaphragme œsophagien. Le liquide cavitaire, qui contient toujours des amibocytes et quelquefois des hématies, mis en mouvement par les contractions continuelles du corps, est poussé dans les tentacules qui, suppléant aux branchies, sont plus nombreux que chez les Amphitritea.
Le canal digestif, maintenu en place par un ligament mésentérique dorsal et par des brides latérales qui le rattachent aux parois du corps, à les mêmes divisions que chez les Amplaitritea: œsophage incolore, estomac glandulaire jaune, estomac chitineux gris et intestin jaune, ce dernier commençant avec la région abdominale, c’est-à-dire au 13° segment sétigère, avec les plaques onciales à soies de soutien.
La chaîne nerveuse ventrale double se voit bien par transparence du côlé ventral (1).
Les organes segmentaires sont de même forme que ceux des Amphaitritea.
Le corps se rompt très souvent entre Le 8” et le 9*° ou entre le 9 et le 10" segment sétigère ; alors l'æœsophage avec son
(1) Mc Intosh trouve deux fibres nerveuses colossales chez le Polycirrus (Ereutho) Langerhansi Mc Int. cu Peut-être en est-il de même chez les autres espèces du genre.
orifice quadrilobé, et la partie antérieure plus large de l’estomac glandulaire qui y fait suite sont arrachés du fragment antérieur du corps qui se referme et semble alors terminé par un véritable sphincter. C’est d'un Po/ycirrus caliendrum dans cet état que Claparède a représenté le fragment antérieur dans ses Annélides du golfe de Naples (pl. XXIX, fig. 2). La partie du canal digestif ainsi retirée et mise à nu précède le fragment postérieur et y pénètre sans solution de conlinuilé.
POLYCIRRUS CALIENDRUM Clpd. (1).
POLYCIRRUS CALIENDRUM Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del goifo di Napoli (loc. cit., p. 59).
PI. X, fig. 263-269.
Assez commun dans les dragages.
La couleur du corps est orangée tirant quelquefois sur le jaune safran, el il en est de même des tentacules et des œufs. La longueur varie de 3 à 10 centimètres et la largeur au thorax de 2 à 4 millimètres.
Le nombre des segments sétigères est très variable. Un exemplaire de 3 centimètres en a 34 et 28 non séligères ; un autre de 3 centimètres en a 39 et 25 non séligères ; un 3" de 4 centimètres en a 28 et 69 non séligères ; un 4" de 4 centimètres et demi en a 28 et 76 non sétigères; un 5" de 9 centimètres en a 59 et 42 non sétigères; enfin un 6" de 10 centimètres en a 38 et 75 non séligères.
Les soies capillaires non limbées à pointe unie qui apparaissent au 2" segment sont chez les grands exemplaires au nombre de 40 à 45 à chaque faisceau, dont 20 plus courtes que les autres. |
Les plaques onciales thoraciques rétrogressives commencent en général au 9" segment sétigère. Au nombre de 4 à 8 à chaque tore, elles ne sont pas de même forme que les plaques abdominales; vues de côté (fig. 263), elles ont une
(1) Annélides du golfe de Naples, p. 406, et pl. XXIX, fig. 2.
238 DE SAINT-JOSEPIT.
seule crête comme celles-ci, mais une base beaucoup moins longue. Vues de face (fig. 264), elles ont, au-dessus du gros crochet, plusieurs denticules excessivement fins, qui me paraissent manquer aux plaques abdominales, où ils sont remplacés par une dent unique assez grosse. Ces dernières (fig. 265 et 266) se montrent invariablement au 13" segment sétigère, accompagnées de soies de soutien et au nombre de 14 à 24 à chaque pinnule. C’est là que commence la région abdominale.
Il y a 8 écussons ventraux pairs.
Les six paires d’organes segmentaires occupant les 6 premiers segments séligères sont de grandeur inégale : la 1° paire est plus forte que la 2”, et la 3", atteignant jusqu'au 9" ou 10" segment, est plus forte que la 2“; quant aux 3 dernières, elles sont semblables entre elles et moins importantes que.les précédentes. Chacun de ces organes consiste en un canal cilié intérieurement doni les deux branches recourbées sont accolées l’une à l’autre. Une de ces branches colorée en orangé ou en rouge débouche dans l'intérieur du corps par un large pavillon cilié ; l’autre, grise ou incolore, s'ouvre à l'extérieur par un pore cilié (fig. 267).
Les tentacules, très nombreux, formant une véritable perruque, ont une belle phosphorescence bleue ou violette, mais le corps n’est pas phosphorescent.
Chez les exemplaires mûrs, la cavité du corps renferme des œufs ou des disques nucléaires de spermatozoïdes en voie de formation comme ceux qu'on rencontre chez tant d’Annélides.
L’anus terminal est entouré de petits lobes.
Quelquefois j'observe, circulant dans l'intestin, des Nématoïdes mâles et femelles au nombre de 8 à 10. Ces Nématoïdes endoparasites (fig. 268), sans aucune armature à la bouche, sans veux, longs de 1 millimètre sur 0"°,03 de large, ont la peau très nettement striée en travers, un organe latéral en avant, un œæsophage légèrement brun et la partie postérieure du corps se terminant en pointe effilée après l'anus.
La femelle a un ovaire double bien marqué, avec vulve située au milieu du corps, par laquelle elle pond dans l'intestin de son hôte de gros œufs grisâtres, oblongs, longs de 0, 09 sur 0°", 06 de large. Le mâle a 2 spicules et la parlie du corps dans laquelle ils sont situés est entourée d'une membrane diaphane (fig. 269) qu'on retrouve chez quelques mâles de Nématoïdes parasites et qui est peut-être un réservoir séminal.
Méditerranée.
POLYCIRRUS AURANTIACUS Gr. (1).
POLyCIRRUS AURANTIACUS Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 28, et fig. 23 et 52. — Ibid., t. XL, 1884, p. 266).
— — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 60).
Ce Polycirrus découvert par Grube à Cherso, puis signalé par lui à Saint-Vaast, à Saint-Malo et à Roscoff, se trouve aussi à Dinard dans les dragages, mais moins souvent que le P. caliendrum, auquel il ressemble beaucoup, comme l'ont déjà remarqué Claparède et Langerhans.
Le corps très diffluent, de couleur orangée plus foncée que celui du P. caliendrum, est en général de grande taille (8 à 10 centimètres), ce qui est plus rare chez le P. caliendrum. Le nombre des écussons pairs varie de 8 à 11; dans ce dernier cas les écussons des 3 derniers paires sont plus petits et plus écartés de la ligne médiane ventrale. Mais les tentacules orangés émettent aussi une belle phosphorescence bleue ou violette et le nombre des segments sétigères est aussi très variable, comme l’a déjà établi Langerhans. J'en trouve 29, 36, 40, suivis le plus souvent de 80 à 85 segments non sétigères.
Les plaques onciales thoraciques et abdominales sont semblables à celles du P. caliendrum ; les 1° se montrent du
(4) Beschr.. neuer oder wenig bekannt. Annel. (Arch. für Naturg., 1860, t. I, p. 110).
240 DE SAINT-JOSEPII.
7" au 9" segment sétigère, les secondes invariablement au 13" sétigère. Le seule différence importante avec le P. caliendrum c’est qu'ici il y a seulement 3 paires d'organes segmenaires au lieu de 6; la dernière paire est plus forte que les 2 autres. J'observe sur les brides qui maintiennent le canal digestif en place.des amibocytes en voie de formation, qui se détachent pour tomber dans Ia cavité somatique. Méditerranée. Atlantique.
POLYCIRRUS TENUISETIS Lang. (1).
Cette pelite espèce, non phosphorescente, est très commune
dans les dragages de toutes les profondeurs.
Le corps, tout à fait incolore, a 10à 16 millimètres de long sur 1 millimètre à 1°, 5 de large, avec 9 écussons ventraux pairs et 50 à 57 segments en tout. Les tentacules incolores sont assez courts et assez épais. Il y a 13 à 19 segments sétigères et en général 37 non sétigères. Les soies, très minces, à pointe unie, sont au nombre de 10 à 12 à chaque faisceau , les unes absolument capillaires, les autres faiblement limbées. Les plaques onciales thoraciques commencent au 7“,8",9" ou 10” segment sétigère, et sont remplacées au 13" segment sétigère et à tous les suivants par des plaques onciales avec soies de soutien qui leur sont semblables, ayant seulement la base un peu plus longue et un peu plus mince. Vues de côté, ces plaques ont 2 crêtes au vertex; vues de face, elles ont au-dessus du crochet principal 1 grosse dent surmontée de de 6 à 8 denticules. Quand les plaques onciales thoraciques commencent au 10" segment séligère, 1l y en a 6 au 10", 7 au 11", 8 au 12“, etil y à 20 plaques abdominales au 13" segment et aux suivants. Les 3 paires d'organes segmentaires sont incolores.
Atlantique.
(4) Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., L. XXXIV, 1880, p. 110, et pl. V, fig. 25).
POLYCIRRUS HÆMATODES Clpd. (1).
POLYCIRRUS HÆMATODES Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XL, 1884, p. 265 et pl. XVI, fig. 26). — — Cuénot, Études sur le sang et les glandes lymphatiques des Invertébrés (Arch. de zool. expér., 2me série, t. IX, 1891, p. 414).
—- — Lo Bianco, Gli Annel. lubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 60).
APNEUMÆA LEONCINA? Qfg. Quatrefages, His{. nat. des Annél., t. IT, p. 382, et pl. XIV, fig. 10-11.
PI. X, fig. 270.
Extrèmement commun dans les dragages.
Le corps, composé en général de 80 segments en tout, long de 17 millimètres sur 0**, 72 de large dans la partie antérieure, est à proprement parler incolore, mais paraît coloré en rouge vif à cause du sang vu par transparence qui le remplit. Les globules du sang très rouges, mêlés au liquide cavitaire, sont constamment mis en mouvement par les contraclions incessantes de la paroi musculaire du corps. L’intestin jaune vif tranche sur le tout. Le plus souvent l'animal est roulé en spirale et son corps disparaît sous un amas inextricable de tentacules plus longs que le corps qu'ils servent à haler. Rampant dans tous les sens, parcourus par des ondées sanguines, ils sont dans un état continuel d'extension et de contraction, et lorsqu'ils ne renferment pas de sang, ils sont incolores.
Il y a en général 22 segments sétigères, chaque faisceau se composant de 8 à 12 soies à pointe unie, les unes purement capillaires, les autres faiblement limbées. Elles apparaissent au 2°° segment.
Les plaques onciales thoraciques manquent.
Les plaques onciales abdominales, en rangées rélrogressives de 15 à 20, toutes accompagnées de soies de soutien, se montrent au 13"° segment sétigère pour continuer jusqu'à la fin du corps. Vues de côté, ces plaques ont une double
(1) Aphlebina hæmatodes. Claparède, Glanures A M parmi les Annél. de Port-Vendres, in-4, 1864, p. 24, et id IL, tig.
ANN. SC. NAT. ZOOL. Xvu, 16
crête au vertex comme les figure Langerhans ; vues de face, elles ont une dent unique placée au-dessus du crochet principal et surmontée de 3 ou 4 denticules très petits (fig. 270).
Les écussons ventraux pairs sont au nombre de 8.
Les 6 paires d'organes segmentaires placées dans les segments 2-7 sont de grandeur inégale comme chez le P. caliendrum. La branche dont le pavillon cilié débouche à l’intérieur est rougeâtre, brune ou d’un grissale; celle qui débouche à l'extérieur par le pore cilié est incolore.
Quelquefois, lorsque le corps se rompt entre le 9*° et le 10*° segment, on voit sortir au point de rupture, et pris dans le sphincter qui se produit alors, une sorte de cæcum qui est l’extrémité d’un des organes segmentaires de la 3*° paire.
Le liquide cavitaire contient des œufs gris ou bruns de 0**.13 de diamètre, des amibocytes ovales, pâles, de 0**,04 de long sur 0°”, 026 de large, et enfin des globules du sang très rouges de 0°*, 010 à 0°”, 016 de diamètre, qui poussent de petits pseudopodes dans l’eau de mer.
Cette espèce n’est pas phosphorescente.
Méditerranée. Atlantique.
POLYCIRRUS DENTICULATUS N. S.
PI. X, fig. 274-274.
Ce Polycirrus non phosphorescent est voisin du P. ériglandula Lang., comme le P. caliendrum l'est du P. aurantiacus. Il en diffère surtout en ce qu'il a 6 paires d'organes segmentaires au lieu de 3. [l paraît aussi atteindre une plus grande taille et les plaques onciales ne sont pas exactement semblables.
Le corps est incolore, ou très légèrement jaunâtre comme les tentacules.
Deux exemplaires, de 8 millimètres de long, ont l’un 14 segments séligères el 46 non sétigères avec plaques onciales thoraciques à partir du 10*° segment, l'autre 15 segments sétigères et 37 non sétigères, avec plaques onciales
thoraciques à partir du 9*°; un 3*°, de 16 millimètres, a 15 segments séligères et 53 non sétigères, avec une seule plaque onciale au 10"° segment sétigère, et 2 au 11*° et au 12°*; un 4°, de 15 millimètres de long, a 13 segments sétigères et 58 non sétigères, 1l a 5 plaques onciales thoraciques au 9° segment sétigère, 6 au 10°, 10 au 11° et 12 au 12*°. A un seul engeirel je ne trouve pas une seule le onciale thoracique.
Chez tous ces exemplaires les plaques onciales abdominales rétrogressives à soies de soutien commencent au 13*° segment séligère, et sont au nombre de 25 à 40 à chaque pinnule.
Les faisceaux de soies dorsales se composent en général de 8 longues soies limbées et dentelées (fig. 271), et de 4 ou 5 plus petites. Ils commencent au 2°° segment.
Les plaques onciales thoraciques (fig. 272) ont la base plus large et moins longue que les plaques abdominales (fig. 273). Toutes ont une double crête au vertex; vues de face, elles ont une forte dent supplémentaire au-dessus du crochet principal et 5 à 6 denticules au-dessus de la dent supplémentaire.
Il y a 8 écussons ventraux pairs. Les 6 paires d'organes segmentaires sont grisâtres; les œufs, roses.
Dans l'intestin d'un exemplaire je trouve un scolex de Tetrarhynque Kg. 274).
Les autres Polycirrus qui ont des soies en pointe dentelée sont : le P. (Ereutho) serrisetis Gr. (1), le P. triglandula Lang., le P. Boholensis Gr. Ann. Semper., l’Ereutho Kerquelensis Me Int. Chall., le Po/ycirrus Kerquelensis Mc Int. Chall., le Dejoces Chilensis Kbg. (Polycirrus Chilensis Schmarda?) et enfin le P. (Ereutho) Smitti Mgr., qui d’après Cunningham a des soies à pointe dentelée.
(4) Mitiheil. über St Malo und Roscoff (Abhandl. der Schles. Gesells., 1869- 1872, p. 142). — Jahresb. der Schles. Gesells. für 1869. Breslau, 1870, p. 69.
Sous-famille des Trichobranchidea Mgr.
GENRE TRICHOBRANCHUS Mgr.
TRICHOBRANCHUS GLACIALIS Mgr. (1).
TRICHOBRANCHUS GLACIALIS Mc Intosh, On the structure of the british Nemerteans
and some new british Annelids (Trans. Roy. Edinb. Soc., t. XXV, in-4, p. 425, et pl. XVI, fig. 7-8).
— — Verrill, Notice of recent additions to the marine invertebrate fauna of the N.-E. coast of America (Proceed. of the U. S. National Museum, t. II, 1879, p. 181).
— — Langerhans, Ueber einige Canarische Anneliden (Nova acta, etc., t. XLIIT, 1881, p. 117, et pl. I, fig. 24 et 26). — Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XL, 1884, p. 262).
— — Levinsen, Syst. geogr. Oversigt over de Nord. Annul. (Vidensk. Meddels. for 1883. Copenhague, 1884, p. 176).
— —- Webster and Benedict, The Annel. chætop. of Eastport, Maïne (U.S. commiss. of fisheries, XIII for 1885, publié en 1887, p. 750).
— — Meyer, Studien über den Kürperbau der Annel.(Mitth.aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VII, 1887, p. 634 et 636).
— — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli (loc. cit., p. 58).
PI. X, fig. 275-278.
Trouvé seulement deux fois, dont l’une dans un dragage et l’autre au Haumet. Habitant un tube de sable demi-fin fixé à des Aytiphlea.
Un de ces exemplaires est une femelle mürerenfermant des œufs orangés, et mesurant 2 centimètres de long sur 3 millimètres de large. Le corps est de couleur orangée, les tentacules formant une véritable forêt sont légèrement violets et les branchies filiformes d’un rouge sombre.
La tête où je trouve 20 points oculaires de chaque côté, les tentacules, les branchies et la région thoracique sont très exactement décrits par Malmgren. Il y a donc 15 segments sétigères ayant chacun des tores uncinigères.
Les soïies capillaires avec limbe étroit, au nombre de 10
(4) Nord. hafs ÀÂn ul., p. 395, et pl. XXIV, fig. 65.
par faisceau, dont 5 plus longues et 5 plus courtes, sont bien telles que Malmgren les figure. Les crochets, à long manubrium (fig. 275) rappelant ceux de certains Sabellides, ont un verlex à 2 très petites crêtes. Vus de face, ils se montrent entourés d’un capuchon arrondi et strié (fig. 276). Il y en à d'abord 5, puis le nombre s'en élève jusqu'à 22 à chaque tore, toujours sur une seule rangée rétrogressive. Les 43 segments abdominaux ont de chaque côté une pinnule tronquée, garnie de plaques onciales extrêmement petites, dont le vertex a 2 crêtes (fig. 277); en les observant de face, on y voit au-dessus du crochet principal une 1 rangée de 12, puis une seconde de 18 à 20 très petits denticules (fig. 278). Elles sont rétrogressives, accompagnées de longues soies de soutien, et au nombre de 25 à 45 à chaque pinnule.
L’anus terminal n’est entouré ni de franges ni de papilles. Il y a 3 paires d'organes segmentaires, dont une à chacun des segments 3, 4 et 5, semblables à des organes segmentaires d’'Amplatritea. La 2°° paire est plus forte que les autres et la 3° plus petite. Meyer signale encore trois autres paires postérieures peu développées que le mauvais état de mes exemplaires m'empêche sans doute de voir. Le canal digestif me paraît divisé, comme chez les À mphitritea, en œsophage, estomac glandulaire, estomac chitineux et inteslin, ce dernier commençant au 2% segment abdominal. De la partie antérieure de l'estomac glandulaire, à son point de jonction avec l'œsophage, au 5*° segment, il se détache un cæcum digitiforme long de ! millimètre sur 0*,1 de large, qui se dirigeant vers la tête, pénètre dans les 2 segments précédents. La description de Langerhans diffère sur quelques points de celle de Malmgren et de la mienne, mais l’exemplaire qu'il a examiné est un jeune encore incomplètement formé. L'aire de celte espèce paraît fort étendue, puisqu'on la retrouve depuis le Spitzherg jusqu'aux Canaries et aux côtes de l'Amérique du Nord, et dans la Méditerranée.
246 | DE SAINT-JOSEPII.
FAMILLE DES SERPULIENS Burm.
(Gr. Annul. Semper. char. emend.).
La famille des Serpuliens a été démembrée par Malmgren (1) en 3 familles : Sabellides, Ériographides, Serpulides, que Meyer (2) adopta à titre de tribus en y ajoutant la tribu des Amphicorides. Comme Claparède (3), je ne pense pas qu’il y ait lieu de scinder les Serpuliens en familles ; la division en 2 tribus me paraît suffisante telle que Langerhans (4) l’a établie : Sabellides et Serpulides, les Ériographides et les Amphicorides rentrant dans la tribu des Sabellides. Claparède (5), avant d’avoir admis comme il le fit plus tard (6) la tribu des Ériographides, donnait comme caractère aux Sabellides l'absence de membrane thoracique, et aux Serpulides l'existence de cette membrane. C’est aussi l'opinion de Langerhans. Mais comme on a découvert depuis eux deux genres de Serpulides sans membrane thoracique (Chitinopoma Lev., Hyalopomatus Von Marenz.), il faut chercher un caractère distinctif plus général, et c'est dans la nature du tube qu’il me semble le trouver (7). Je définirais ainsi chacune de ces 2 tribus: |
Trisu I. Sabellides. — Tube formé de mucine de consistance très variable et plus ou moins transparente, recouvert ou non de vase, de sable ou de débris de coquilles. Pas de membrane thoracique. Pas d'opercule.
Trisu IL. Serpulides.— Tube dur formé de mucine combinée avec du calcaire opaque ou très rarement avec une subs-
(1) Ann. polych., 1867, p. 221 et 227.
(2) Stud. über den Kürperbau der Annel. (Mitth. aus der zool. Stat. zu Neapel, t. VIL, 1887, p. 712).
(3) Annél. du golfe de Naples, p. 409.
(4) Die Wurmfauna von Madeira (Zeits. für Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, ne cit., p. #10.
(6) Suppl. aux Annél. du golfe de Naples, P- 133.
(7) Un autre caractère général serait la présence (Sabelides) ou l'absence
(Serpulides) de cellules cartilagineuses aux branchies; mais il est difficile de se servir de différences histologiques pour établir de grandes divisions.
tance cristalline translucide comme la calcédoine. Presque toujours membrane thoracique et opercule.
La classification des Serpuliens est difficile, les espèces étant moins stables dans cette famille que dans aucune autre des Annélides polychètes.
En commençant par les Sabellides et pour ne parler que de ceux de Dinard, on observe, dans la même espèce, que la couleur du corps ou des branchies varie souvent (Sabella pavonina, Branchiomma vesiculosum) ; il en est de même du nombre des branchies chez presque toutes les espèces (1), de la forme de la collerette (Dasychone Bombyx, Potamilla reniformis), du nombre des segments thoraciques (S. pavonina, Branchiomma vesiculosum, Dasychone Bombyx, Potamilla reniformis, Potamilla Torelli, Bispira volutacornis, Oria Armandi, Amplaiglena Mediterranea), du nombre inégal des segments thoraciques de chaque côté du corps chez certains exemplaires (Bispira volutacornis, S. pavonina, B. vesiculosum , D. Bombyx), du nombre ou de la position des yeux et des otocystes (D. Bombyr, Myxicola Dinardensis N. S.). S'il est difficile de s'en rapporter à ces caractères pour l'espèce, il en est de même pour les genres, dans la détermination desquels on ne peut non plus faire entrer le nombre et la forme des organes qui entourent la bouche et varient souvent dans le même genre (Branchiomma, Jasmineira). Il à donc fallu se borner pour la diagnose des genres des Sabellides, et pour leur groupement, à la forme des crochets (2), à l'indication des soies ventrales lorsqu'elles accompagnent ces crochets au thorax en seconde rangée, à la forme des branchies et, dans certains cas, à la présence ou à l’absence
(1) Ce nombre augmente avec l’âge et on trouve très fréquemment des branchies en voie de formation du côté ventral de chacun des lobes branchiaux. 0% de
(2) Les crochets aviculaires des Sabellides, vus de face, ont, comme les plaques onciales des Térébelliens, des rangées transversales de denticules superposées à la grosse dent pointue du crochet, mais ces denticules, très nombreux et de même taille, sont en nombre à peu près égal à chaque rangée et ne peuvent servir, comme chez les Térébelliens, de moyen de classification. Leur direction est rétrogressive.
de la collerette. Enfin 1l est souvent utile d'indiquer si les soies dorsales thoraciques sont d’une seule forme ou de deux formes différentes.
C'est d’après ces principes que Langerhans (1) a opéré un groupement qui, tout en me paraissant satisfaisant et me servant de base, doit être modifié sur plusieurs points d’après mes observations, et complété sur d’autres par l’introduction de genres nouveaux. |
Voici donc comment je classerais les genres des Sabel-
lides :
I. Tores du thorax avec 2 rangées de soies (crochets de formé aviculaire et soies en pioche).
1“. 1 seule rangée de soies (crochets aviculaires) aux tores abdominaux.
1° Avec collerette :
A. Lames basilaires branchiales décrivant plusieurs tours de spire : a. Les 2 lobes branchiaux inégaux. Soies dorsales d’une seule sorte au thorax (2). — Spirographis Viv., Qfs. rev. b. Les 2 lobes branchiaux égaux. Soies dorsales de 2 sortes au thorax. — Bispira Kr. (Distylia Qfg.).
B. Lames basilaires branchiales ne décrivant pas plusieurs tours de spire : | a. Pas d’yeux subterminaux aux branchies :
«. Soies dorsales d’une seule sorte au thorax. — Sabella L., Sars char. emend.