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GLANDES GÉNITALES MALES DES TENEBRIONIDÆ ET DES STAPHYLINIDÆ

Famille des Tenebrionidæ. — Les organes reproducteurs mâles de quelques Ténébrionides ont été étudiés par L. Dufour qui a donné une fort bonne description de ceux du Blaps gigas.

Les testicules de cette espèce, dit1l, sont ovalo-réniformes. déprimés, assez semblables par leur configuration au rein de l’homme, placés sur les côtés de la cavité abdominale, où ils sont maintenus flottants par des trachées multiples. Ils sont essentiellement formés par l’agglomération d’une quantité innombrable de petites capsules ovoïdes, sessiles, serrées entre elles à peu près comme les grains d’une müre. Le canal déférent part de l'échancrure du testicule ; il a la lonsueur de la moitié du corps de l’Insecte, est filiforme, mais se renfle un peu avant de s’aboucher avec la vésicule séminale correspondante. Il se trouve, en cet endroit, intimement adhérent à la paroi inférieure de la naissance du conduit éjaculateur. Il y a deux paires de vésicules séminales (qu'on désigne actuellement sous le nom de glandes annexes) bien distinctes : l’une tubuleuse, grêle, filiforme, très fragile, diversement repliée, avant, dans son déroulement complet, une fois et demie la longueur du corps. C'est vers le milieu de ces vésicules tubuleuses que se fait l'insertion du canal déférent. L'autre paire de vésicules séminales du Blaps est formée de deux réservoirs conoïdes, divergents, effilés à leur pointe, qui est contournée en spiroïdes. Elles

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ont une certaine consistance et renferment un sperme blanc plus compact. Le conduit éjaculateur est filiforme, flexueux, deux fois environ plus long que tout le corps de l’Insecte et rempli d’un sperme très analogue à celui des vésicules conoïdes (1).

Plus tard (1894), K. Escherich a reproduit la description de Dufour et a fait, en outre, une étude histologique des glandes génitales mâles du Blaps gigas (2).

Nous avons commencé l'étude de cette série par les Ténébrionides à cause dela simplicité de structure que présentent leurs testicules. Ces glandes sont, en effet, constituées de chaque côté d'une simple grappe formée par la réunion de six capsules ovoïdes. Dansles families suivantes, nous verrons la complication morphologique s'accentuer de plus en plus, la grappe se ramifier et se transformer en grappe composée. Au cours de notre étude, nous pourrons, de même, constater des modifications se produire dans le nombre et la forme des glandes annexes. C’est chezles Ténébrionides, en effet, que nous rencontrons pour la prenuière fois (sauf chez les Celonia), la présence de deux paires de ces organes.

Chez le Tenebrio obscurus, les testicules sont volumineux et présentent la forme de deux masses discoïdales aplaties, légèrement bombées supérieurement et pourvues d’une petite concavité à leur face intérieure, de laquelle part le canalicule déférent (Voy. PI. XX VI, fig. 7 et 8). Le massif testiculaire est situé dans la région abdominale postérieure, de chaque côté de l'intestin terminal. Il est constitué, en réalité, par six capsules ou globules spermatiques, à bord circulaire, ovoïdes ou à face supérieure aplatie et disposés régulièrement en rosace {Voy. PI. XXVI, fig. 8). Quand les diverses capsules sont comprimées, elles présentent des contours irréguliers et polygonaux. Parfois certaines d’entre elles se présentent sous une forme tronconique. Chaque glomérule testiculaire est enveloppé par une mince mem-

(1) Voy. les Annales des Sciences naturelles, t. VI, 1825, p. 182. (2) Voy. Zeitsch. f. Wiss. Zoologie, t. LVIL, 1894, p. 634.

brane formée principalement par des fibrilles circulaires et renferme, dans sa cavité centrale, au moment de la reproduction, d'innombrables faisceaux de spermatozoïdes. La paroi externe de chaque capsule se continue par un canalicule excréteur très court. Et c’est au point de convergence des six canalicules que prend naissance le canal déférent proprement dit (Voy. fig. 8).

Le diamètre transversal d’un testicule est de 2,4 et celui de chaque capsule varie de 0°*,8 à 1**,10.

Le canal déférent est cylindrique et peu sinueux dans sa première partie. Il débute par une extrémité élargie, puis diminue progressivement de diamètre, devient presque capillaire, décrit une grande courbe et prend ensuite une direction antérieure. Pendant cette seconde partie de son trajet, il se dilate peu à peu, côtoie le conduit éjaculateur et prend un diamètre à peu près égal à celui de ce dernier. Enfin, il va finalement déboucher sur le bord inféro-externe de l'extrémité terminale de la glande annexe interne correspondante (Voy. PI. XXVI, fig. 7). Cet orifice est nettement visible quand on écarte les deux grosses glandes externes, après avoir sectionné la base du canal déférent (Voy. ÉLSCRPIL Pts M):

Les vésicules séminales, assez volumineuses, sont produites par les dilatations terminales des canaux déférents. Elles sont cylindriques et vont peu à peu en s’élargissant au fur et à mesure qu'elles se rapprochent des glandes annexes ; de plus, leur région postérieure est en partie recouverte par l'origine du conduit éjaculateur (Voy. PI. XXVI, fig. 7).

K. Escherich et P. Blatter appellent mésadénies des évaginations du canal déférent, et ectadénies des diverticules du conduit éjaculateur. Bien que cette conception théorique ne se rencontre que très rarement chez les Coléoptères, nous désignerons néanmoins sous le nom de glandes annexes inlernes où mésadénies les glandes qui vont déboucher à l'extrémité postérieure des canaux déférents, et sous celui de glandes anneres externes (ectadénies) celles qui

s'ouvrent directement à l’origine du conduit éjaculateur.

Chez les T'enebrio, les glandes annexes internes (mésadénies) sont formées de deux tubes blanchâtres, à peu près régulièrement cylindriques, de 12 à 15 millimètres de longueur. Chaque tube débute par une extrémité conique ou hémisphérique, puis se continue en décrivant quelques sinuosités très serrées et groupées en un peloton situé en avant et un peu au-dessus du massif testiculaire. Le tube devient ensuite plus régulier et moins sinueux ; il passe au-dessous des glandes externes et va finalement déboucher à l’extrémité postérieure du canal déférent correspondant. Les parois glandulaires sont minces, transparentes et formées par une membrane à fibres circulaires et longitudinales.

Les glandes annexes externes (ectadénies) sont paires et constituées par deux appendices courts, larges, recourbés et réniformes. Elles se continuent avec l’origine dilatée du conduit éjaculateur. Leur extrémité antérieure est mince ou légèrement arrondie et leur contour externe est à peu près semi-circulaire, tandis que leur rebord interne est concave et présente quelques plissements radiaux (Voy. PI. XX VI, fig. 7 et 8). Leurs parois sont épaisses, musculaires et de couleur d’un blanc mat. Le contenu de la cavité glandulaire est épais, compact, blanchâtre et d'apparence gélatineuse.

Le conduit éjaculateur est un tube large, cylindrique et peu sinueux à son origine. Il se dirige tout d’abord en arrière et, arrivé à peu de distance de l’armure, se rétrécit brusquement, devient filiforme et décrit deux ou trois sinuosités (Voy. PI. XX VII, fig. 1).

Il pénètre ensuite dis l'axe de l’armure “nie où 1l constitue la verge. Les parois du tube sont musculaires, très épaisses et pourvues d’une lumière fort étroite. La figure 1, planche XX VIT, fera comprendre, mieux que toute description, les modes de connexion du conduit éjaculateur el des glandes annexes.

L'armure génitale des Tenebrio est très simple et ne comprend que deux pièces principales : 1° une tigelle triangu-

laire dont le sommet est dirigé en arrière et dont les branches (valves) divergent en avant, et enfin 2° un étui chitineux, cylindrique, à face supérieure convexe et présentant une fente longitudinale inférieure. Il se termine, en arrière, par deux branches courtes, en forme de palettes, jouant le rôle de pinces à bords mousses et entre lesquelles s'ouvre le conduit éjaculateur. La portion de ce dernier canal, située dans l’axe du pénis, est droite, mince et filiforme Moyel: XXV EST): | |

Les glandes génitales mâles des autres Ténébrionides pré-

sentent à peu près la même disposition anatomique et la

même structure que celles du Tenebrio obscurus et du Tenebrio moltor. Chez l'Opatrum sabulosum, les testicules sont constitués par deux masses blanchâtres, aplaties, discoïdales, à bords circulaires et comprennent sir ampoules ou capsules séminifères. Ces dernières sont ovoïdes et pourvues d'un canalicule excréteur très court débouchant à l’origine du canal déférent.

Les canaux déférents comprennent deux tubes cylindriques, peu sinueux et élargis à leur extrémité postérieure pour constituer les vésicules séminales.

Les glandes annexes sont au nombre de deux paires. Les externes (ectadénies) débouchent directement aux extrémités antéro-latérales du conduit éjaculateur. Les internes (mésadénies) vont s'ouvrir à la partie terminale des réceptacles séminaux.

Le conduit éjaculateur est à peu près cylindrique et peu contourné.

Famille des Staphylinidæ. — L. Dufour, dans ses recherches sur les organes génitaux mâles des Brachélytres, a complètement méconnu la structure des testicules et la disposition des glandes annexes de ces Insectes.

« Les sachets testiculaires du Staphylin, dit-il, sont oblongs, légèrement courbés, déprimés, festonnés au bord interne qui est concave; ils présentent extérieurement une ligne médiane enfoncée et des raies transversales parallèles,

qui sembleraient annoncer une texture interne celluleuse, que je n’ai point constatée parl’observation,car,en déchirant avec soin ces sachets, je n'ai su ÿ reconnaître qu'une pulpe séminale homogène et je me suis bien convaincu qu'iln’y a aucun vestige de vaisseau spermatique. Le canal déférent est presque capillaire, bien plus court que le testicule, et inséré au bout postérieur de cet organe. Les principales vésicules séminales sont courtes et ovoïdes. Les autres, plus longues et moins renflées, s'abouchent en dessous et vers le point de réunion des vésicules principales. Le conduit éjaculateur est très long et l’armure du pénis oblongue et comme étranglée dans son milieu. »

Les glandes génitales mâles des Staphylinides présentent, par la disposition des testicules, de nombreux rapports avec celles des Silphides et autres familles voisines, avec cette différence toutefois que les glandes annexes sonttout à fait rudimentaires (Voy. PI. XX VII, fig. 2, 3, 4, 5).

Les testicules de l’Ocypus olens sont pairs, allongés, d’apparence cylindrique, à contours peu sinueux et à concavité interne. Leur longueur atteint 8 à 9 millimètres sur 1 millimètre et demi de large. Ils sont situés sur les côtés externes de la région médio-abdominale et séparés par les circonvolutions de l'intestin moyen. La face supéro-interne de chaque glande est aplatie et présente un sillon dans lequel est encastrée l’extrémité antérieure du canal déférent qui, dans celte région, doit jouer le rôle de vésicule ou réceptacle séminal (Voy. PI. XXVII, fig. 2). Ce canal est à peu près régulièrement cylindrique et n’émet, de distance en distance, que quelques petits tubercules très courts.

L'ensemble de l'organe est constitué par un nombre considérable d’ampoules (ou follicules) courtes, aplaties, renflées extérieurement et amincies du côté interne. Ces ampoules n'entourent généralement pas toutes le canal déférent (Ocypus) et sont surtout localisées sur les côtés interne et inférieur, de sorte que la face supérieure du conduit est presque touiours libre. Par suite de cette structure capsulaire,

chaque testicule paraît, àsa face inférieure, sillonné de nombreuses stries transversales et présente une série de tubercules latéraux correspondant aux extrémités cæcales des ampoules ou vésicules testiculaires (Voy. PI. XXVIT, fig. 3), dont le nombre est fort considérable et dépasse la centaine.

La portion du canal déférent enveloppée par les ampoules du testicule présente, de distance en distance, quelques renflements et doit très probablement jouer le rôle de vésicule séminale. La partie externe du canal prend une direction perpendiculaire au plan de symétrie de l’Insecte. Cette région est courte, cylindrique, rectiligne et va s'ouvrir à l’extrémité antérieure, de forme ovoïde, du conduit éjaculateur. |

Les glandes annexes sont au nombre de quatre. La paire externe ou antérieure est formée par deux masses ovoïdes ou globuleuses dont le grand axe atteint à peine 1 nillimètre ou 1**,25. Elles se terminent par un très court pédoncule s’ouvrant directement sur les côtés de l'extrémité initiale dilatée du conduit éjaculateur.

Les glandes annexes internes sont tubuleuses, à peu près régulièrement cylindriques, parfois accolées à leur extrémité postérieure et mesurent de 4 à 5 millimètres de longueur. Leur partie antérieure est arrondie ou ovoïde et elles vont s'ouvrir à l’origine du conduit éjaculateur, un peu au-dessous et entre les points d’embouchure des glandes vésiculeuses (Voy. PI. XXVIL, fig. 4). Les pelotonstesticulaires,ainsi que les circonvolutions intestinales les recouvrent complètement. Elles ont des parois minces, transparentes et de couleur d’un blanc mat.

Le conduit éjaculateur est long, sinueux et cylindrique. Il débute par une extrémité renflée et ovoïde qui recoit latéralement les canaux déférents et, en avant, les deux paires de glandes annexes {Voy. PI. XX VII, fig. 4). Le tube se dirige ensuite en arrière en décrivant tout d’abord de nombreux tours spiralés, puis contournés en tire-bouchon. Il prend ensuite une direction rectiligne, pour se recourber

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