Neophloga concinna Beccari
Dypsis concinna Baker, loc. cit., in Journal of the Linnean Society, XII, p. 526.
Neophloga concinna Beccari, loc. cit., 1906 et 1912 (dans Palme del Madagascar, p. 31, fig. 240 et pl. XXX).
Neophloga tenuisecta Jum. et Perrier de la Bâthie, Palmiers de Madagascar, in Annales du Musée colonial de Marseille, 1913/p-S0#pl
Beccari attribue à son Veophloga concinna, dont il n’a vu, d’ailleurs, qu'un exemplaire, une seule spathe, ce qui en séparait donc notre N. tenuisecta, qui en a deux ; mais nous avons dit que, chez ces Veophloga, la présence d’une seule spathe est, à notre avis, à attribuer à la disparition, pour une cause quelconque, et souvent accidentelle, de l’une des deux spathes normales.
Pour la même raison, nous sommes persuadé qu'il faudrait aussi ramener à cette espèce le Neophloga microphylla de Beccari (Palme del Madagascar, p.36), que Beccari en sépare à cause de ses deux spathes, puis aussi de ses 4 à 5 épis par inflorescence, mais autre caractère que nous trouvons sur certains de nos échantillons.
Beccari sépare également son N. microphylla de notre N. tenuisecta par ses segments foliaires presque équidistants ; là encore, cette régularité de disposition peut être parfois constatée chez le N. concinna.
Neophloga concinna, N. tenuisecta et, très probablement aussi, V. microphylla seraient donc une seule et même espèce.
Le Neophloga concinna, que nous décrivons d’après nos échantillons, et sans nous occuper davantage du NV. microphylla, est un petit Palmier ne dépassant pas T mètre de hauteur, à tronc de 5 à 10 millimètres de diamètre, avec feuilles à pétiole court (1 à 3 centimètres), surmonté de 10 à 16 paires de segments étroits, opposés ou alternes, à peine décurrents, plus ou moins régulièrement espacés, mais avec, ça et là, généralement quelques interruptions de 2 à 5 centimètres. Les segments latéraux sont courts (4 à 8 millimètres) et étroits (3 à 5 millimètres), à sommet acuminé : les deux segments terminaux, un peu connés à la base, sont à peu près de même longueur, mais souvent, quoique non constamment, un peu plus larges (10 millimètres), tronqués et dentés au sommet. La gaine est tubuleuse, tronquée à l’ouverture, à bords garnis de poils bruns.
Les inflorescences, de longueur variable, sont souvent beaucoup plus courtes que les feuilles axillantes. Il y a deux spathes bien développées, fendues au sommet ; elles sont de longueur variable comme l’inflorescence, et peuvent être très courtes, mais aussi avoir 6 à 7 centimètres de longueur, la supérieure dépassant l’inférieure de 4 centimètres. Le pédicelle est à 2, 3, ou 4 ou 5 épis de 4 à 7 centimètres de longueur. Les glomérules floraux sont assez serrés le long de laxe.
Les fruits sont d’un rouge vif, ovales-oblongs, longs de 8 à 9 millimètres, et épais de 4 à 5 millimètres.
Centre et Est : Localité non indiquée (Baron, 3 413, Herbier de Kew et Herbier du Muséum de Paris). — Forêt d’Analamazaotra, vers 800 mètres (Perrier de la Bâthie, février 1912, 11 972 ; août 1912, 11 973; décembre 1912, 11 984) ; — Forêt de Mandraka (d’Alleizette, août 1906, 701 M.).
Neophloga concinna forme triangularis Jumelle (Neophloga triangularis Jumelle et Perrier de la Bâthie, Palmiers de Madagascar, in Annales du Musée Colonial de Marserlle, 1905, p:=32,0pl IN):
En décrivant autrefois (loc. cit.) le Neophloga triangularts, qui est exactement de la même contrée que le Neophloga concinna, nous faisions remarquer combien ces deux espèces se rapprochaient à la fois par leurs fruits et par leurs inflorescences, mais nous ajoutions que leurs feuilles étaient vraiment trop différentes pour qu'il nous fût possible d'admettre deux formes d’un même type. Les feuilles du V. concinna sont, en effet, nous venons de le voir, à très nombreux petits et fins segments ; celles du N. triangularis sont à une seule lame obtriangulaire échancrée seulement vers le sommet. Et nous n’avons encore jamais vu, Jusqu'ici, ces deux sortes de feuilles réunies sur un même pied.
Mais, peu après la publication de notre premier Mémoire, un de nos élèves, M. Achilli, en étudiant l’anatomie des feuilles de quelques Dypsidées (Contribution à l’étude anatomique des Dypsidées de Madagascar, in Ann. Mus. Col. Marseille, 1915, p. 99) constatait la très grande ressemblance que présente la structure de ces feuilles des deux Veophloga, alors qu'il y a des différences bien plus marquées avec les feuilles d’autres espèces du même genre. Nous croyons donc, quoique évidemment la preuve absolue ne puisse guère être donnée que le jour où on trouverait un pied polymorphe, que notre AN. triangularis n’est qu’une forme, du reste adulte aussi, puisque fleurissante, du Neophloga concinna.
Le limbe simple de cette forme a 18 à 20 centimètres de lon-
gueur sur 3 à 4 centimètres de largeur, et l’échancrure du sommet n’a qu'une profondeur de 4 centimètres environ. La partie nue de l’axe de l’inflorescence, recouverte par deux spathes, a de 7 à 10 centimètres et les deux ou trois épis qui la terminent ont 6 à 7 centimètres de longueur.
Centre et Est : Forêt d’Analamazaotra, vers 800 mètres (Perrier de la Bâthie, février 1912, 11 971 ; décembre 1912, 11 992).