‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 6 sur 285 · VIN · texte numérisé non relu

VIN

Sur le Baliatjor (Vernonia nigritiana), nouveau poison du cœur (Archives de Physiologie, 1888).

Un faux Kola nouveau. Recherches sur les graines de Pentadesma butyracea, qui fournissent le beurre de Kanya etc. (Répertoire de Pharmacie, 1888).

Recherches sur les Guttas-perchas fournies par les Mimusops el les Payena (Journal de Pharmacie de Lorraine, 1888).

Sur le Balancoufa, ou Dadigogo, nouveau lénifuge de la Côte Occidentale d'Afrique (Revue Horticole de Provence, 1890.)

Sur le Gaertnera vaginata ef sur ses graines considérées comme vrai café (Répertoire de Pharmacie, 1890).

Un médicament nouveau. De l'emploi des feuilles de Kinkélibah contre la fièvre bilieuse hématurique des pays chauds (Nouveaux Remèdes, 1891).

Sur la graine d'Owala, ou Pentaclethra macrophylla ; son ulilisalion comme aliment el comme source de malière grasse concrète (Répertoire de Pharmacie, août 1892).

Sur le Copaifera Salikounda de l'Afrique tropicale et sur ses graines à coumarine (Annales de la Faculté des Sciences de Marseille, 1892).

Sur le pain et le beurre d'Odika et sur le beurre de Cay-Cay (Revue des Sciences naturelles appliquées, 1893).

Etudes de nouvelles plantes néo-calédoniennes. Résine de Gardenia ; gomme-résine de Garcinia; produits des Spermolepis (Annales de la Faculté des Sciences de

Marseille, 1893).

Mais, en 1893, Heckel, qui, jusqu'alors, s’était confiné presque exclusivement dans ses travaux de laboratoire,

Es Cle" né ,

— tout en faisant créer vers 1880, par la ville un Jardin Botanique au Parc Borély — pressentait que le moment était venu de « s’extérioriser » davantage, selon l’expression qu'il employait volontiers. Il importait de prendre plus directement contact avec le public, en mettant sous les yeux mêmes de ce public, — qui, à cette époque, il faut bien le dire, restait encore assez indifférent aux richesses de notre domaine colonial — les preuves matérielles de ces richesses trop ignorées. De cette idée naissait le Musée colonial de Marseille.

Grâce à une souscription locale, dont une parte des fonds fut mise à sa disposition par l'Université, grâce aussi à une subvention permanente du Ministère des Colonies, qui, sachant reconnaître immédiatement l'importance de l'œuvre entreprise, lui apporta un concours qui, dans la suite, n'a jamais fait défaut, Heckel put installer dans les locaux du Service colonial de Marseille les collections que depuis une vingtaine d'années 1l amassait patiemment, et que les apports conünuels de nos colonies, puis diverses Expositions ont aujourd'hui si considérablement accrues.

Tous ces matériaux pouvaient d’ailleurs fournir le sujet de nombreuses recherches, et ce fut pour s'assurer les moyens d’en publier les résultats qu'Heckel fonda en même temps ces Annales. Le premier volume assura tout de suite le succès du nouveau recueil : le directeur y réunissait en un travail d'ensemble toutes les observations et expériences qu'il poursuivait depuis une dizaine d'années sur les kolatiers et les kolas. Ce volume fait époque, puisqu'il marque l'entrée dans la thérapeutique d'un produit aujourd'hui universellement connu et quotidiennement employé.

Heckel, vers le même moment, provoquait au Sous- Secrétariat des Colonies l’organisation de diverses missions scientifiques, et notamment celles du D' Rançon, puis du Pharmacien Geoffroy. La relation de l'exploraion Rançon en Haute-Gambie fournit la matère du second volume. Geoffroy, qui avait été chargé d'aller en Guyane française, étudier la question des arbres à balata, revint en France très gravement atteint de la maladie contractée là-bas, et qui'devait bientôt l’'emporter, mais il eut encore le temps et le courage de rédiger son rapport, qui fut inséré dans le quatrième volume. Du même auteur avait paru auparavant dans le second volume un mémoire sur le Aobinia Nicou.

N'oublions pas, non plus, que c'est grâce à ces Annales que le P. Düss put publier en 1896 sa belle Flore phanérogamique des Antilles françaises.

Heckel, au reste, tout en faisant appel, dans les années qui suivirent, à divers collaborateurs, donna luimême l'exemple. Sous son nom parurent successivement :

Sur le Bakis et le Sangol (1855).

Les Plantes médicinales el toxiques de la Guyane française (1897).

Sur les graines grasses nouvelles ou peu connues des Colonies francaises (1897).

Du bois piquant de la Guyane française, fournit par le Zanthoxylum Perrotetn (1897).

Une seconde étude Sur les graines grasses nouvelles ou peu connues des Colonies françaises (1898).

Sur l'Ousounifing du Soudan (1901).

Sur le processus germinatif des Onguekoa ef des Strombosia (1901).

A Ne —

Sur l'Igname plate ud Japon (1901).

Une troisième étude Sur les graines grasses nouvelles ou peu connues des Colonies françaises (1903).

Catalogue alphabétique raisonné des Plantes médicinales et toxiques de Madagascar (1903).

Sur un nouveau copal el sur un nouveau kino (1904).

Une quatrième étude Sur les graines grasses nouvelles ou peu connues des Colonies françaises, el, en particulier, de Madagascar (1908.).

Les Plantes utiles de Madagascar (1910).

Nouvelles observations sur les plantes de Nouvelle- Calédonie (1912).

Et cette longue jiste ne nous donne pas encore une idée complète de l’activité scientifique d’'Heckel, qui, dans la Revue des Cultures coloniales, dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences dans les Comptesrendus des Congrès de l'Associalion française pour l’Avancement des Sciences, dans le Répertoire de Pharmacie, dans la Revue générale de Botanique, dans les Comptes rendus de l'Académie d'Agriculture, dans le Journal d'Agriculture tropicale, dans le Bulletin de la Sociélé d'Acclimatalion, faisait paraître d’autres articles, notes ou mémoires sur les Araucaria, les Ouvirandra, l'Allanblackia floribunda, le Ximenia americana, les Sterculia (omentosa, les Dioscorea, le Brucea sumatrana, les Psathurea, le Menabea venenata, le Daniella thurifera, VErylhrophloeum Couminga, le Telfairea pedata,

le Lychnophora van Isschoti, l'Heisteria Trillesiana, les

Coelocaryum, les Myristica, les Dumoria, les Dasillipe et les Symphonta.

Ceux qui n’ont pas intimement connu Heckel et n'ont pas été les témoins de ses méthodes de travail ne compren-

dront jamais comment il lui fut possible, au milieu de cette accumulation de recherches personnelles, de poursuivre la réalisation du rêve qui, depuis la fondation du Musée colonial, ne cessait de le hanter, et qui était l'orgamsation d'un « cycle de créations didactiques capables d'assurer à Marseille le titre de Métropole coloniale ». Nous reprenons la phrase même qu'il prononçait le jour où, en 1907, fses,amis lui remettaient en une séance solennelle une médaille d’or commémorative. Mais déjà, au reste, ce jour-là, les vastes projets d’Heckel avaient abouti. Sur son initiative, la Chambre de Commerce de Marseille avait, comme complément du Musée colomal, créé en 1900 six chaires d'enseignement colomial; un peuplus tard la Municipalité marseillaise avait subventionné à l’École de Médecine trois chaires également coloniales. La brillante Exposition de 1906, dont il fut l’incontestable promoteur, avait été le couronnement de toute cette organisation, qui aboutissait finalement à la création de l'Institut colonial marseillais, dans les locaux duquel le Musée colonial était transféré.

Il n’est plus, à l'heure actuelle, de sacrifice que Marseille ne soit disposée à faire pour notre expansion coloniale. Sans les événements qui ont si soudainement surgi on en aurait une preuve nouvelle dans la seconde Exposition qui devrait être sur le point de s'ouvrir au moment où nous écrivons ces lignes. Ce n’est que jusce de rappeler ici qu’à l’origine de tout ce mouvement il y eut surtout un homme: celui qui pendant vingt-trois ans dirigea ces Annales fondées par lui, et dont nous ne reprenons pas sans quelque appréhension la lourde

succession.

Commandeur de la Légion d'Honneur depuis 1907,

ps

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES S/DEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES

Par M. Marcel DUBARD,

On pourrait s'étonner qu'avant publié précédemment dans ce recueil ! la classification du groupe des Sideroxylinées, J'y apporte aujourd'hui mes observations sur les Wimusopées, sans avoir traité auparavant des Chrysophyllinées.

C'est que l’on considère généralement les Mimusopées comme une sous-famille s’opposant à toutes les autres Sapotacées, qui constituent dans leur ensemble la sous-famille des Palaquiées. Les Palaquiées ont été presque toujours réparties par les auteurs en {llipinées, Sidéroxylinées, Chrysophyllinées et, comme j'ai déjà exposé les résultats de mes études sur les deux premiers de ces groupes, on pourrait s'attendre aujourd'hui à me voir présenter un tableau d'ensemble du troisième.

Si j'aborde d'abord l'étude des Wimusopées, ee n'est pont par manque de méthode, mais parce qu'au contraire ce groupe ne me parait pas pouvoir être écarté des Siderorylinées. Les grandes lignes de la classification des Sapotacées sont en elfet basées sur des caractères fournis par l'androcée. Chez les Illipinées, celui-ci est constitué par au moins deux cycles d'étamines fertiles, l’un épipétale, l'autre alternipétale : chez les Sideroæylinées les étamines alternipétales se trouvent remplacées par des staminodes ; chez les Chrysophyllinées le eyele épipétale subsiste seul.

Il est donc logique de se préoccuper de la constitution de l'androcée chez les Mimusopées, pour saisir dès l’abord leurs

1. Marcer Dogaun, Les Sapotacées du groupe des Sideroæylinées, Annales du Musée Colonial de Marseille, 2° série, vol. X, 1912.

Annales du Musée colonial de Marseille, — 3° série, 3° vol. 1915. 1

relations avec les groupes précédents et l’on ne peut qu'être frappé à ce point de vue de l'analogie étroite qui existe entre ce groupe et celui des Sidéroxæylinées ; de part et d'autre, nous trouvons en effet une série d’étamines fertiles épipétales et une série de staminodes alternes. On doit alors se demander pourquoi, lorsqu'il s'agit des Mimusopées, les auteurs ont cru devoir mettre en vedette un autre caractère et baser cette sousfamille sur la présence d'appendices dorsaux aux lobes de la corolle, véritables pièces stipulaires des feuilles qui constituent cette enveloppe florale.

On peut s'étonner à Juste titre qu'on ait attribué à ce caractère une telle importance, alors que certains genres de la même famille, tels que les Bumelia et les Dipholis, sont rangés par tous les botanistes parmi les Siderorylinées, quoique les pétales y présentent aussi des appendices, de valeur stipulaire, mais disposés latéralement. Peut-on d'autre part tirer argument de caractères spéciaux bien tranchés, qui viendraient en quelque sorte souligner la constitution de la corolle, pour classer ainsi à part les Mimusopées ? Nous n'en avons trouvé aucun et l'étude de l'ensemble des formes de ce groupe nous a, au contraire, mis en présence d’affinités extrêmement étroites avec les Sideroxylinées et nous a fait concevoir un parallélisme frappant des genres de ces deux groupes.

Il est donc bien naturel de faire état en première ligne pour les Mimusopées comme pour les autres groupes de la même famille de la constitution de l’androcée, ce qui nous conduit à une classification assez nouvelle de l'ensemble des Sapo-

tacées.

Page 1