ARY
PAR
M. LABRANDE (Laboratoire des Résines de l'Institut du Pin, à Bordeaux.)
Le bdellium d'Afrique étudié ici, et que le Musée Colonial de Marseille a reçu du Gouvernement de Mauritanie, est le produit gommo-résineux du Belsamodendron africanum.
cet arbre de la zone sahélienne étant commun en Mauritanie, d’assez grandes quantités du produit pourraient être régulièrement importées en France ; il est donc intéressant de voir ce qu'est, au Juste, cette résine, que les indigènes, sur place, utilisent comme parfum à brûler et aussi comme remède contre certaines affections, et de rechercher s'il y aurait pour nous des possibilités d'utilisation.
C’est le travail que j'ai fait au Laboratoire des Résines, à l’Institut du Pin, à Bordeaux.
Caractères généraux et composition générale du bdellium.
Le bdellium reçu était un produit tout venant, d’aspect un peu hétérogène ; j'en ai broyé 10 kilogrammes, pour, en
mélangeant toutes ses parties, déterminer ses propriétés
moyennes.
Certains merceaux sont recouverts d’une couche blanchâtre et pulvérulente due à une oxydation superficielle pendant le séjour à l’air, à l'humidité et au soleil. Cette croûte enlevée, il
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apparait des morceaux jaune clair ayant la forme de larmes et ressemblant à de la gomme arabique ; d’autres morceaux sont noirâtres. La solubilité de tous ces morceaux est, d’ailleurs, la même, ainsi que la coloration de leurs solutions.
Cette résine n’est pas dure. La poudre gris Jaunâtre, presque blanche, qu'on obtient par pulvérisation au mortier, adhère au pilon. Laissée quelque temps dans un flacon, elle s’agglomère, et, en été, cette agglomération est considérable.
Le bdellium est d’odeur caractéristique, qui rappelle celle de l'huile de résine. Pulvérisé et jeté sur des charbons ardents, il brûle avec une flamme fuligineuse, et son odeur est alors celle de l’encens. Sa saveur est âcre.
Solubilité. — Le bdellium a été épuisé avec divers solvants dans un ballon taré au préalable et muni d’un réfrigérant à reflux.
Pour chaque solvant, il a été opéré trois extractions de 250 centimètres cubes chacune, sur des masses de produit variant de 20 à 40 grammes ; et l’ébullition a duré pendant une demi-heure environ.
Solvant Nombre d’observ. -Solubilité p. 100.
Alcool éthylique à 960 ....... 20 60,4 à 63 Alcool méthylique”.”-"."...." 3 63 Ethenordinaire eee CE 45 60Na%6172 BeNZÈne nan sp 3 62 NGCÉTONE RER NE RE 3 61,1 Alcool isoamylique .......... 2 60,3 Acétate d’isoamyle.......... 2 62 Tétrachlorure de carbone .... 2 56 Essence de térébenthine ..... 2. 58,1
Les pourcentages avec l'essence de térébenthine et avec le tétrachlorure de carbone sont toujours entachés d'erreur et trop faibles. Le séchage de l’insoluble, avec l'essence de térébenthine, est très difficile ; et, avecle tétrachlorure de carbone, le bdellium surnageant le liquide, on n'obtient pas de bonnes dissolutions ou filtrations.
Dans le tableau précédent, on remarquera la constance du pourcentage du soluble dans les divers solvants ; il oscille autour de 60 p. 100. Ceci conduit à supposer que le bdellium
est composé d’une résine, qui est soluble dans les solvants ordinaires, et d’une partie insoluble, qui est une gomme. C’est, d’ailleurs, ce qui est ordinairement admis ; et J'en ai fait encore la vérification en constatant l'insolubilité de cette dernière partie dans l’alcoo! éthylique, dans l’éther et dans l’alcoo! isoamylique.
Dans une solution de soude (cinq fois normale) à 15° environ, le bdellium semble se dissoudre au bout d'un mois à peu près ; en réalité, il ne se forme qu'un liquide sirupeux qui devient une pâte par évaporation. À chaud, la dissolution est rapide, mais incomplète.
Quant à la solubilité dans l’eau, j'ai trouvé que, sur 40 grammes de bdellium, après quinze jours de lavage et passage à l’étuve à 1089 pendant deux ou trois jours, 31 grammes ne se dissolvaient pas. Il v a donc 23 p. 100 de soluble dans l’eau à 150.
Essences entraîtnables par la vapeur d’eau. — Le bdellium étudié n’a pas d’essence entrainable par la vapeur d’eau. L'eau d'entrainement a une odeur âcre et pénétrante qui est celle qu’on retrouve lorsqu'on chauffe la gomme-résine ou celle que présentent aussi les huiles provenant de sa distillation sèche.
Humidité. — A l’étuve à 1080, le bdellium abandonne
3 p. 100 d’eau ; dans le vide de 30 millimètres, il perd 2,94 p. 100.
Composition générale. — De tous les essais précédents, il résulte déjà que le bdellium d'Afrique est formé de :
60 p. 100 d’une résine soluble dans la plupart des solvants organiques ;
16 p. 100 d’une gomme insoluble dans l’eau ;
21 p. 100 d’une gomme soluble dans l’eau :
3 p. 100 d’eau.
Densité. — Par la méthode du flacon, et en opérant sur des morceaux vernis, afin que l’eau ne provoque pas le gonflement de la gomme, j'ai trouvé pour densité à 150 : 1,276.
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Etude de la résine.
La portion de la gomme-résine soluble dans les solvants
organiques à pour caractéristiques :
Pouvoir rotatoire d’une solution (2,87 p. 100) dans l’alcool à 909, pour la raie jaune de
l’arc dans la vapeur dé mercure...,....... — 850 PontiderramoliSsSementeR ere rene 809 à 830 Indice dACIITÉME RENE RE 84 à 90 Indice de SADOmCATION EME ER ERRREE 116 Indice d'Éther Mr PR Er 28 Indice d'10 0 PRE PRE RER RER 1440
En comparant les indices d’acide et de saponification, on voit que la résine est composée de :
10 Acides libres ;
20 Partie saponifiable, contenant des éthers et des lactones ;
30 Un insaponifiable.
Les acides libres ont été séparés en saturant par la potasse aqueuse à 1 p. 100 une solution de bdellium dans l’éther. On déplace le savon formé par une solution étendue d’acide chlorhydrique.
On fait ensuite bouillir de la potasse en solution aqueuse avec le résidu de l'épuisement d’une solution de bdellium par la potasse à froid, pendant une demi-heure. On sépare linsaponifiable par lavage à l’éther.
On cbtient ainsi :
Acides HDres PEN MER RP 74 grammes
Hactones etELhNErS DEULTES ER PP EEE 5) --
InsaponiNaDIete SRE il —
Résine soluble RP CR Re 100 grammes Acides libres. — Par déplacement à partir du savon de
potasse et d’un sel métallique soluble, j'ai obtenu les différents savons dont les caractères sont indiqués ci-dessous. On a toujours des précipités gélatineux.
Le savon de potasse, à froid, est opalescent ; à chaud, l’opalsscence disparait, De tous les savons cités ici, c’est le seul
qui soit soluble dans l’eau, et il se dissout en retenant de grandes quantités d’éther. Il est jaune orangé. Il est soluble dans l’alcool éthylique et l’acétone et insoluble dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool isoamylique, lacétate d’isoamyle, l'essence de térébenthine, l’éther ordinaire et l’éther de pétrole.
Le savon de calcium est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, l'essence de térébenthine et l’éther de pétrole ; il est soluble dans le tétrachlorure de carbone, alcool isoamylique, l’acétate d'isoamyle et l’éther ordinaire ; 11 est insoluble dans la benzine. Les solutions dans l'alcool et dans l’éther de pétrole, ainsi que les insolubles, sont jaunes. Dans l’éther, la solution est également jaune. Les autres solutions sont incolores ou blanchâtres. Le savon est blanc et, dès sa formation, s’agglomere.
Le savon de chrome est blanc, avec des reflets violets. Il est partiellement soluble dans l'alcool éthylique, l’acétone, la benzine, l’alcool isoamylique, l’acétate d’isoamyle, l’essence de térébenthine ; il est complètement soluble dans le tétrachlorure de carbone et l’éther ordinaire. Cette solution dans l’éther est violette. Les autres solutions sont blanches, grises ou incolores. Les résidus sont noirs ou violets. Le résidu est minime dans l’alcool et grand dans l’acétone.
Le savon de cadmium est blanc. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone et l’éther de pétrole, complètement soluble dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool isoamylique, l’acétate d’isoamyle, l'essence de térébenthine et l’éther. Les solutions dans l’alcool amylique, l’éther, l’acétate d’amyle et la benzine sont jaunes ; toutes les autres sont blanches. Les insolubles dans l’acétone sont jaunes.
Le savon de nickel est blanc. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique et l’acétone, et complètement soluble dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool 1soamylique, l’acétate d’isoamyle, l'essence de térébenthine, léther et l’éther de pétrole. Les solutions dans lalcool amylique, l’éther et l’éther de pétrole sont vert jaune ; les autres sont incolores ou blanches. Le résidu dans l’alcool est blanc.
Le savon ferreux est d’un vert sale très pâle, qui passe au
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ferrique par exposition à l’air ou par l’ébullition. Le ferrique est brun. L’éther de pétrole et l’acétate d’amyle donnent des solutions marron foncé ; les autres solutions sont Jaunes ou bistre clair. Les résidus sont. bruns et blancs. Le savon n’est que partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, la benzine et le tétrachlorure de carbone ; il l’est entièrement dans l'alcool isoamylique, l’acétate d'isoamyle, l’éther de pétrole et l’éther. IT est insoluble dans l'essence de térébenthine.
Le savon de manganèse est blanc. I est partiellement soluble dans l'alcool éthylique, l’acétone et l’acétate d’isoamyle, complètement dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l’alcool isoamylique, l'essence de térébenthine et l’éther. Il est insoluble dans l’éther de pétrole. La solution dans l’essence de térébenthine est rose ; les autres sont jaunes ou laiteuses. L’acétone et l'alcool donnent comme insoluble un savon jaune.
Le savon de cobalt est rose. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, la benzine, l’alcool isoamylique et l’éther de pétrole, complètement dans le tétrachlorure de carbone, l’acétate d'isoamyle, l'essence de térébenthine et l’éther. L'alcool amylique, l'alcool éthylique et l’acétone donnent des solutions incolores ; l’insoluble est lie de vin. Dans la benzine et le tétrachlorure de carbone, la solution est rose ; dans l’éther et l’acétate d’amyle, elle est lie de vin ; dans l’essence de térébenthine, elle est verte ; dans l’éther de pétrole, elle est jaune, et l'insoluble est rose.
Le savon de plomb est jaune. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, l’acétate d’isoamyle, l’essence de térébenthine et l’éther de pétrole, complètement dans la benzine, le tétrachlorure de carbone, l'alcool isoamylique et l’éther. La solution est incolore avec l'alcool, dont l’insoluble est jaune, blanc laiteux avec l’essence de térébenthine, verdâtre avec l’éther de pétrole, jaune avec les autres solvants.
Le savon mercurenx est blanc, mais noircit à l’air ou par l’ébullition, pour devenir mercurique. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, le tétrachlorure de carbone, alcool isoamylique et l'essence de térébenthine, com-
plètement dans la benzine, et l’acétate d'isoamyle. Il est insoluble dans l’éther de pétrole et l’éther ordinaire. L'alcool éthylique, qui laisse un insoluble jaune, et l'alcool amylique donnent des solutions grises, presque noires ; la solution d’acétate d’amyle est jaunâtre.
Le savon d'antimoine est blanc jaunâtre. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, lacétone, la benzine, le tétrachlorure de carbone et l’éther de pétrole, complètement dans l'alcool isoamylique et l’acétate d'isoamyle. Il est insoluble dans l’essence de térébenthine et l’éther ordinaire. La solution dans l’alcool est blanche et opalescente, celle dans lacétone est jaune ; toutes les autres sont incolores. Le résidu est crand dans l'alcool, faible dans l’acétone.
Le savon de cuivre est gris vert. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, la benzine et l'essence de térébenthine, complètement dans le tétrachlorure de carbone et l’éther de pétrole. Il est insoluble dans l'alcool isoamylique, l’acétate d’isoamyle et l’éther.
Toutes les solutions sont vertes, avec une teinte plus ou moins foncée. Celle dans l’éther de pétrole est vert émeraude ; celle dans l’alcool est vert bleu, avec un insoluble vert foncé,
Le savon d'argent est blanc. Il est partiellement soluble dans l’alcool éthylique, l’acétone, l'essence de térébenthine, l’acétate d’isoamyle, l'essence de térébenthine et l’éther de pétrole, complètement dans la benzine, l’alcoo! isoamylique et l’éther. Les solutions dans l'essence de térébenthine, l’alcool amylique, l’acétate d’amyle, l’éther et la benzine sont jaunes ; celle dans le tétrachlorure de carbone est de couleur claire ; celle dans l’acétone est rose foncé. L’insoluble dans cet acétone et dans l’alcool est blanc.
La totalité des acides a pour caractéristiques :
Pouvoir rotatoire des solutions à 6,67 et 4 p. 100 dans l’alcoo!l à 909, pour la raie
jaune de l’arc dans la vapeur de mercure — 409 Poimide fusion een RP RARE 570 à 600 Indicerd'acidités REP: à MR UE 115 Poidsimoléculaire moyene.. ...2 70200 487
Acides libres p. 100 de la résine soluble .... 74
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Il y a décomposition avant le point d’ébullition. On obtient deux couches : une huile jaune soluble dans l’alcool, et un corps brun foncé, visqueux, insoluble dans ce solvant.
En utilisant les différences de solubilité des sels de plomb dans l’alcool, j'ai effectué le fractionnement des acides libres extraits de la résine soluble.
Le savon de plomb a été précipité par action de l’acétate de plomb sur le savon de potassium. Après lavage à l’eau, j'ai fait huit extractions à l’alcool à 900, jusqu’à ce que l'hydrogène sulfuré ne donnât plus de précipité dans l'alcool de lavage. Le résidu est dissous dans l’éther. Conformément à ce que laissaient prévoir les solubilités partielles des savons dans l’alcool et dans l’acétone, on est en présence de deux acides.
Après évaporation de l’alcool, on a le sel soluble, en poudre blanche, qu'il a été impossible de faire cristalliser. On dissout ce sel dans l’éther et on extrait l'acide par l'acide chlorhydrique étendu. J’appelle cet acide l'acide &.
On opère de même avec le savon insoluble dans lalcool et on obtient un acide, que j'appelle acide £.
Acide $. — Cet acide, dont le sel de plomb est insoluble dans l’alcool, a pour caractéristiques :
Pouvoir rotatoire de solutions à 6,6 p. 100, 3,96 p. 100 et 0,43 p. 100, à la raie RUE
de la vapeur de Hp: Ce me Ar — 880 à — 39 Point de US ANR a Ar 480 à 530 Point de fusion du sel de plomb ......... 1319
Indice d’acidité dans l’alcool à 900, pour des solutions à 1 p. 100, 4,5 p. 100 et
3 p. A0Û GE ER AE ER SRE 112 Poids Molecular CE PEER ER E 500 Indice de sapomitfication et "#0" Cce 157 Indice d'éther en ee 45 Indice d’acile du produit acétylé (solution | à 2, 87. 400) APPANR REEMEERSSEE 95 à 100 Indice de saponification du même produit... 160
L'indice de saponification de l'acide étant 157, on voit qu'il n’y a pas eu acétylation. L’aciden’est donc pashydroxylé, mais c’est un acide à fonction mixte : acide-éther.
En vue d’obtenir la cristallisation, j'ai purifié l’acide par
plusieurs extractions du savon de potassium dans l’éther par l'acide chlorhydrique, afin d’entrainer les matières étrangères. J’ai mis l’acide dans l'alcool à 900 avec un peu d'hydroquinone (antioxygène signalé par Moureu et Dufraisse). J'ai remarqué que plus le produit est pur et plus les gouttes d’apparence huileuse qui se déposent sont Jaunes et limpides et forment des sphères qui, en grossissant, s’étalent. Mais pas de cristallisation.
Plusieurs essais dans l’éther et l'acide acétique ont été également négatifs.
Et le résultat a été le même par précipitation fractionnée de l’acide dissous dans l'alcool par l’eau, cinq fractions ayant été faites et redissoutes dans l'alcool.
Il serait dès lors illusoire de vouloir tirer de ces travaux des conclusions définitives au point de vue de la constitution de ces acides. Les acides obtenus sont analogues à ceux que Tschirch a trouvés dans les autres résines.
Les travaux de M. Dupont ont mis en évidence l’impureté de ces corps et leur composition complexe. Je suis arrivé de même à des espèces naturelles et non à des espèces chimiques.
Par la cryoscopie, j’ai trouvé, dans la benzine, des nombres très grands comme poids moléculaires : neuf à dix fois celui obtenu par l'indice d’acide. Cette grosse molécule doit être due à l’état colloïdal présenté par cet acide.
Enfin j'ai essayé d’isomériser l'acide par addition de 1 /30 d'acide chlorhydrique dans le tube polarimétrique. Le pouvoir rotatoire esb resté constant.
Acide . — Cet acide, dont le sel de plomb est soluble dans l'alcool, a pour caractéristiques :
Pouvoir rotatoire de la solution alcoolique à
DD 1e PT AU tre 470 Indice ACIER ME AR SE APS 135 POIdsmoleeuleiTe en EC 4145
Le sel de plomb est amorphe et blanc, soluble dans l’alcool, l’acétone et l’éther. La cristallisation n’a pu être obtenue. Cet acide se présente sous la forme d’une résine plus blonde
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que l’acide précédent. Ce n’est pas plus que cet acide une espèce chimique.
Proportions des acides à ei 8. — Il faut 115 milligrammes de potasse pour saturer { gramme d’acides mélangés ; il en faut 112 pour saturer 1 gramme d’acide $, et 135 pour saturer Î gramme d’acidé à.
Si on appelle x la portion d’acide x, 115 est donc égal au produit de 145 x par (1 — x) 112.
On tire de là que : ’
LO0r de Fr 0yr67
Donc, sur 100 grammes d’acides libres du bdellium, il y a 13 p. 100 de portion acide genre x et 87 p. 100 de portion genre f.
La même proportion a été obtenue par l’application de la règle de Biot, toujours toutefois sous la même réserve que les deux portions seraient les deux seuls constituants des acides libres.
Les pouvoirs rotatoires étant :
Acides MÉlAnLÉS PCA 2 Er — 400 Acide 65:57 Re RSR EE — 380 à — 390 AGIT GTR RE TEEN EEE — 1470
Si on admet d’abord, pour l'acide 6, le pouvoir rotatoire — 380, et si on appelle x la portion d’acide + on a :
EL 1092; Si on admet le pouvoir rotatoire — 39, on a :
EE 1012; I] y a bien alors sensible concordance avec le précédent résultat.
Dosage des éthers et de l’insaponifiable. — J'ai fait bouillir pendant une demi-heure 60 centimètres cubes de po tasse demi-normale aqueuse et 1 gr. 72 du résidu obtenu en enlevant la totalité des acides libres de la résine soluble par neutralisation à froid. L'insaponifiable a été séparé par l’éther. J'ai obtenu 1 gr. 35 de produit.
Il y a donc 0 gr. 37 de lactones et d’éthers neutres saponifiables.
Dans 10 grammes de gomme-résine il y a 3 grammes de lactones et d’éthers et 10 grammes d’insaponifiable.
Cet insaponifiable est une résine blonde qui donne des solutions vert jaune dans l’éther et dans l’alcool.
Etude sommaire de la gomme.
La gomme est marron très clair ; il v a même des parties blanches. Il y a deux sortes de gommes : l’une est soluble dans l’eau, et l’autre insoluble.
La partie soluble donne un liquide clair ; l’autre, gonflant sans se dissoudre, donne une pâte.
37 grammes de gomme laissent 16 grammes d’insoluble.
La gomme soluble a un indice d’acidité nul ; son pouvoir rotatoire est nul également. Abandonnée à l’air, en solution dans l’eau, elle fermente. Elle est fortement réductrice et réduit la liqueur de Febhling. Lorsqu'on précipite la solution par l’acétate de plomb, en présence d’ammoniaque, il reste un produit soluble, qui ne cristallise pas, est mou et ne réduit pas la liqueur de Fehling.
La gomme insoluble chauffée à 1100 devient noirâtre, alors qu’elle était blanche lorsqu'elle contenait de l’eau. Elle n’est pas seulement insoluble dans l’eau, mais aussi dans les solvants organiques.
Composition de la gomme-résine.
En résumé, le bdellium a la composition d'ensemble suivante :
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Résine soluble dans les solvants organiques . 60 p. 100 AGIAES- EE 7 4 NAS ARENA 47.p. 100 Acide «, à sel de plomb soluble dans l'alcool. 6 p. 100 Acide 8, à sel de plomb / insoluble dans l’alcool 41 —
Lactones et éthers neutres ....... 3 — Insaponifiable RER 10 —
Gomme insoluble dans les solvants organiques. 37 — Gomme soluble dans l’eau ....... 21 p. 100
Gomme insoluble dans l’eau ...... 16 — RATES PT RTS 7 CP NT A LEE DE 8 —
Le bdellium d'Afrique est donc bien une gomme-résine avec environ deux tiers de résine et un tiers de gomme.
Distillation sèche.
En distillant à feu nu la poudre de bdellium, j'ai obtenu trois produits :
10 De l’eau et divers produits dont l'odeur rappelle celle de l'entrainement à la vapeur d’eau ;
20 Une huile blonde qui brunit rap'dement à l’air ;
30 Une huile brune très foncée.
Le résidu n’est pas, en totalité, du charbon et pourrait être encore distillé.
Les deux huiles, de densités très différentes, se séparent très nettement ; elles ne sont pas miscibles. La blonde a une densité plus élevée que la noire. L'huile brune, qui semble provenir de la distillation de la gomme, n’est pas soluble dans l’eau.
Essais sur l'emploi du bdellium dans les vernis. Nous avons préparé avec le bdellium plusieurs vernis. Vernis à l'alcool, — Le bdellium a été dissous dans l’alcoo! ;
et la dissolution, après séparation de l’insoluble, a été concentrée.
Ce vernis sèche très difficilement : au bout d’un mois, il n’est pas complètement sec. De plus, il est terne.
Vernis à l'essence de térébenthine. — Le support sur lequel J'ai essayé ces vernis est une planche de bois de pin.
10 J’ai dissous le bdellium dans l'essence de térébenthine et séparé l’insoluble.
Avec beaucoup d'essence et peu de résine, l'absorption a été extrêmement rapide (deux à trois jours), mais le vernis est sans brillant et ne donne qu'une très mince pellicule.
Avec une forte concentration et plusieurs couches de vernis, le séchage a eu lieu en huit jours ; le vernis est d’un joli aspect, blond doré.
20 J'ai fabriqué un résinate de plomb par cuisson. J'ai incorporé de la litharge à de la résine fondue, à raison de 3 grammes de litharge pour 50 grammes de bdellium ; et j'ai fait cuire pendant un quart d’henre.
Après refroidissement, on a un résinate de plomb qui peut être cassé en morceaux et dissous dans l'essence de térébenthine. La gomme reste toujours insoluble.
Le vernis est d’aspect brillant et sèche : sur le bois de pin en dix heures ; sur verre en vingt-quatre heures.
Vernis à l’éther. — Le bdellium a été dissous dans l'éther et concentré à deux degrés :
1° À concentration relativement forte, le vernis était très visqueux, blond et terne, avec une pellicule mince, et a séché en huit jours.
20 A concentration plus faible, le vernis, qui était à l’état de liquide sirupeux, a séché difficilement et s’est ridé.
Vernis gras. — De l'huile de lin est chauffée à 1509, et le bdellium soluble est porté à 2060. J'ai incorporé de l'huile, cuite pendant un quart d'heure avec le quart de son poids de litharge, avec de la résine, dans la proportion de 1/10 du poids de cette résine ; la cuisson a duré pendant un quart d'heure. L'huile s’incorpore très facilement au bdellium. Pendant la cuisson, on ajoute autant de litharge qu'on en a mis dans l’huile.
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J'ai laissé refroidir vers 1209, et j'ai incorporé de l’essence de térébenthine portée vers 509 à 600. I] faut éviter un excès d'essence.
19 Avec trop d'essence, le vernis forme une mince pellicule peu brillante, qui sèche vite, en deux ou trois jours.
20 Le même vernis, passé à cinq ou six couches, sèche moins vite. en six à sept Jours, mais est brillant.
39 Avec moins d'essence et deux ou trois couches, le vernis est très brillant et sèche en quinze à vingt jours.
Aucun de ces vernis, d’ailleurs, ne résiste aux intempéries. Exposés pendant deux ou trois jours à la pluie, tous deviennent blancs et s’écaillent, sauf le vernis à l’essence et au résinate de plomb, qui est plus résistant.
Conclusions au point de vue des applications à l'industrie.
L'emploi industriel du bdellium d’Afrique pour la fabrication des vernis présente quelques difficultés :
49 I n’y a que 60 p. 100 de résine utilisable, en théorie ; et, en pratique, la proportion ne dépasse pas 50 p. 100.
20 La séparation de l’insoluble est une manipulation qui augmente le prix de ce vernis, soit à cause de la cherté du solvant, si on opère par dissolution, soit à cause des pertes de résine et du produit noir qu’on obtient, si on opère par fusion. Ces vernis fortement colorés proviennent d’un commencement de carbonisation des gommes.
30 Le séchage des vernis, sauf du vernis à l’essence et au résinate de plomb, est beaucoup trop long; ces vernis, en outre, ne résistent pas aux intempéries.
49 Ces vernis, sauf le vernis gras, n’ont pas l’aspect brillant ni la solide pellicule des vernis ordinaires.
Le bdellium d'Afrique, en définitive, ne pourrait être utilisé avec succès pour la fabrication des vernis que par transformation en résinates fondus ou en résinates précipités, mais encore à la condition qu'il fût importé en Europe à un prix assez bas.
Les copals tout à fait inférieurs valent actuellement à peu
près 3 francs le kilogramme ; il faudrait que le hdellium, étant donné, à la fois, sa faible qualité et les difficultés industrielles que crée l’insoluble, pût être vendu sur les marchés 1 franc le kilogramme environ.
Il est possible, au reste, que d’autres modes d'emploi soient trouvés ultérieurement.
Achevé d’imprimer le 18 septembre 1925.
ORLÉANS. — IMP. H. TESSIER