FAMILLE: LXXXIX. "ARALIACEES SÉRIE III — PANACÉES
Didymopanax Morototoni Aubl., n° 2941.
Synonyme: Panar Morototoni Decne.
Barrère, p. 61: Arbre de Saint-Jean, May; bois blanc ; Jacaranda polyphylla brasiliensibus de Marcg. ; bois léger; pour chèvres, grues, échelles. .
Sagot, p. 924: Bois de Saint-Jean.
Niederlein cite p. + un Saint-Jean, Coccoloba sp. (v. 6091 D).
Huber, p. 198: Morototo (Amazone), bois blanc, très léger. Il est vendu parfois comme le Simaruba.
FAMILLE XCIIL — RUBIACÉÉS TRIBU XS-= GARDENIÉES
Genipa americana Lin., n° 3183 A.
Noms vulgaires: Genipat (Dalechamp): Genipa (Guyane
Lis au ge 4x
Française ; Préfontaine). Lana (Aiïken), Bois de fer (Fenille). Nandipé, Nandipé guazu (Brésil ; Endlicher). Genipapeiro (Br. ; Silva). Genipo (Guyane : Bassières). Nandipa, Genipapaba (Br. ; Rodriguës). Genipapo-da-matta ou roxo (Bahia) : Hagna, Jagna (Argentine) : Janipha, Junipa, Genipayer (Anülles ; Urban). Xagna (Caraïbes, Antilles ; Descourtilz). Tapoeriba (Surinam ; Pulle,. Le Janipaba de Pison (Barrère).
Ce n’est pas le Lanabally (v. partie Il), ni le Paé Geniparana (v. 2330 B;.
L’échantillon n'est pas déterminé, mais je le crois bien de cette espèce.
Caractères généraux. — Bois plutôt dur, lourd, de couleur rougeâtre ou blanc grisätre. Blanc, d’après Rodriguès : gris perle, d’après Fenille; jaune clair, d'après Pereira ; gris jaunâtre et ayant quelques rapports avec le Hêtre, d'après la Comm. de Brest. Le Catalogue des Bois de la République Argentine le décrit comme violet foncé. Toutes ces couleurs ne concordent guère. Surface mate; grain fin et droit. La nuance de la coupe transversale est légèrement plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, de 0,670 à 0,850 (Pereira) ; dureté, celle du Teck. Sans odeur ni saveur. Solutions incolores.
Commissions de Brest. Essais sur des échantillons conservés de la même manière que ceux de Dumonteil, quoique je ne trouve pas le (renipa dans sa liste. Conservé à couvert : force, de 610 à 860, ou de 1,12 à 1,13 si le Chène évale 1 : élasticité, de 25 à 40. Conservé à découvert : force, de 780 à 860, ou 1,06 s1 le Chène égale 1 ; élast., de 35 à 50. Un autre échantillon : force, de 720 à 810,ou 1,11 s1 le Chêne égale 1 : élast., de 20 à 30, Extrêmement élastique: la déchirure des fibres est assez longue. Les cabrions se cassent après un long avertissement. Sa flexibilité est très élevée.
.Je tiens à faire remarquer encore 1e1 que les pièces conservées à découvert donnent le meilleur résultat.
Caractères de l'écorce. — De couleur gris foncé; de #4 à 6 mm. d'épaisseur, d'après le Catalogue de la Rép. Argen-
üne. Semblable à celle du Hêtre, d'après la Comm. de Brest. Grise, massive et épaisse d’un pouce, d’après Du Tertre, Aubier blanc, d’après le Catal. de la Rép. Argentine. Une petite couche, d'après Pereira.
Structure du bois. — Section transversale. Couches non délimitées. Elles le sont en apparence à l'œil nu ; mais, à la loupe, les limites deviennent vagues : contour bien arrondi,
Vaisseaux à peine visibles lorsqu'ils sont humectés; peu variables, moyens ; distribués régulièrement et fortement 1solés : blancs.
Rayons à peine visibles, mais très apparents à la loupe : fins, uniformes, presque équidistants, à intervalles d'une distance égale au diamètre d’un gros vaisseau environ ; moins denses que les fibres ligneuses. Ils sont blancs et très effilés aux extrémités.
Parenchyme à visible à la loupe, entourant étroitement les vaisseaux. PA difficile à voir, même à la loupe, se présentant en lignes extrèmement fines ; on dirait plutôt des traits tangenüels, de rayon en rayon.
Section radiale. — Couches non délinitées, -rmais indiquées parfois par des lignes vagues. Vaisseaux très fins. Ravons très petits, luisants, visibles sur une surface coupée, qui n'a pas été rendue lisse par le papier de verre,
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les couches sont assez apparentes en lignes et lacets. Rayons visibles au microscope seulement.
Emplois. — Bon pour construction, menuiserie, traverses de chemin de fer (Brésil, Silva). Instruments agricoles et industriels ; d'une grande flexibilité et élasticité (Pereira). Crosses de fusils, formes de cordonnier, cylindres de moulins à sucre (Rod.). Filières de cafés : mais les fourmis le détruisent en peu de temps (Préfontaine). Brancards (Fenille). Il se travaille bien au rabot, au ciseau et au tour, se sculpte aussi bien que le Tilleul, quoique plus dur (Commission de Brest).
Ech. type: N°18, Bureau de Renseignements du Brésil: n° 315, série IT, Lvon; no 3026, Aiken. ; Références : Rodriguès, 1895, p. 29; le mème, 1881, p. 158 ; Pareira,
BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 31 p. 112; Silva, ms. ; République Argentine, p. 20; Descourtilz, Il, p. SA ; Endliger, cité par Engler, p.42; Fenille, p. 289; Comm. de Brest, 1826, Il, partie 2, p. 168; Préfontaine, p. 175; Dalechamp, p. 724. Icones lignorum : Fig. 1; pl. XXX, « Genipa ». La fig. 5, pl. LXI, porte la description suivante : « Lanahout ; les nègres se teignent avec le fruit de cet arbre. »
Ce fait est bien réel au sujet du Genipa, mais la figure 5 concorde mieux avec notre Lanaballi, (Voir partie III, n° 35.)
TRIBU XXI. — PSYCHOTRIÉES
Psychotria parviflora Willd. (non Span), n° 3285.
Synonyme : Simira lincloria Aubl.
Aublet, p. 171: Simira {Galibis); écorce épaisse roussätre. L'écorce trempée dans l’eau lui communique bientôt une couleur d'un beau rouge. Bois blanchatre.
FAMILLE CX. — SAPOTACÉES
TRIBU II — CHRYSOPHYLLÉES
Chrysophyllum Macoucou Aubl., n° 4489.
Aublet p. 233: Cainitier Macoucou; écorce lisse, grisätre ; bois blanc, dur et cassant.
Dubard, 1912, p. 39: Sarcaulus macrophyllus Rad]. : syn. Chrysophyllum brasilience. À. DC.
TRIBU IV. — POUTÉRIÉES
Luculla mammosa Gaertn., n° 4494 A.
Synonymes: Sapola mammosa Gaertn.; Achras mammosa Gaertn., non Descourt.; À. Lucuma Blanc.
Noms vulgaires: Barataballi (Bell), Salie (Berkhout). Mammee sapote, Marmalade Plum (Catal. Kew.). Marmelade naturelle, Leucome (Debrot). Mamev colorado, Sapote
(Hawtayne). Sapotille mammee (Guibourt). Beko, Kurok, Konkia, Fiu Zepote (vernaculaire Nahuatl, en Costa-Rica : Pittier). Uique (vern. Typu), Sapote-assu, Palata (Brésil ;
Peckolt).
L'échantillon de Bell a été déterminé, d'après les feuilles et les fruits, par le D' Freeman. Ca Garactères généraux. — Bois lourd et dur, d'une couleur
rougeâtre uniforme, Surface à peine luisante, fonçant légèrerement à l'air. La nuance de la coupe transversale est plus foncée que celle des autres sections ; grain fin. Lorsqu'elles sont polies ou trempées, les mailles sont très apparentes.
Caractères physiques. — Densité, 0,904: dureté, celle du 3ois de Lance. Odeur à sec et saveur nulles.
Caractères de l'écorce. — Epaisse de 3 mm. environ, dure, higneuse ; l'intérieur est brun et plein de selérites blanchâtres. La surface de la bûche est finement striée.
Structure du bois.
L'échantllon pris d'un arbre de 20 em. de diamètre était tout en aubier.
Section transversale. — Couches en apparence délimitées, mais à limites en réalité douteuses; contour régulier.
Vaisseaux visibles, petits, quelque peu variables, mais non régulièrement : distribués également et fortement isolés. Ils semblent être attachés aux raVONS.
Rayons visibles, fins, uniformes, réguliers, équidistants, à intervalles d'une distance plus grande que le diamètre d'un gros vaisseau et s écartant au niveau de ces vaisseaux.
Parenchyme a entourant les vaisseaux.
Section radiale. — Vaisseaux fins, souvent remplis de perles de gomme rouge. Rayons petits, mais très apparents lorsqu'ils sont humectés.
Emplois. — Bon pour planches, portes, meubles, cloisons ; s obtenant facilement jusqu’à 30 m. sur 55 em. d'équarrissage (MeTurk,. I est facile à travailler, de bonne qualité et assez joli ; se fend facilement.
Éch. types : 8.2664 Bell ; 2634 Berkhout: Icones lignorum, pi. 69,
BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANCAISE 39 fig. 8 en couleur, et pl. 62, fig. 5. Marmelade hout ou Coemare. (Est-ce
bien cette espèce ?) Références : McTurk, p. #; Stone et Fr. p.8.
Lucuma rivicoa Gaertn., n° 4494 B.
Noms vulgaires: Jaune d'œuf (terme gén.) (Musée Colonial de Marseille.) Prunier jaune d'œuf (Préfontaine). Balata jaune d’œuf, Pomme de Pin:(Niederlein). Cutitiriba (Huber).
Caractères généraux.— Bois dur et lourd, de couleur jaune brunâtre striée de blanc. Surface plutôt mate: grain fin. La nuance de la coupe transversale est plus foncée que celle des autres seclions.
Caractères physiques. — Densité, 0,843 (d'apres Dumonteil, 0,946). Dureté, celle du Palissandre ou du Campêche. Odeur faible, comme celle du blé. Le bois est cassant et se fend assez facilement. D'après Dumonteil, force 267 ; élasticité, 173. D'après Huber, p. 199, le bois est très léger et plus poreux que celui des Mimusops.
Structure du bois. — Comme celle des Mimusops (v. Clef et n° 4508), à part les différences suivantes.
L'échantillon, pris sur un arbre de 15 cm. de diamètre, était tout en aubier.
Section transversale. — Couches en apparence délimitées : mais à la loupe les limites ne sont pas évidentes.
Vaisseaux en lignes radiales irrégulières, légèrement dendritiques, visibles à cause de leur couleur. Ils forment des groupes radiaux de 2 à 13 vaisseaux; peu nombreux, de 1 à 5 par mm q. ; blanchatres.
Rayons jaunes, irréguliers.
Parenchyme jaune.
Section radiale. — Rayons à peine visibles à la loupe, même lorsqu'ils sont humectés : blanchâtres, translucides. Parenchyme en très grande quantité, donnant à la surface une nuance claire,
Section langentielle. — Rayons blanc jaunâtre.
Emplois. — Bon pour charpente, traverses de chemin de fer (Lanessan). Peu employé (Sagot). Les chiffres de Dumonteil indiquent un bois de bonne qualité.
34 | H. STONE Éch. types : n° 134, Guyane, Musée Colonial de Marseille. Références: Dumonteil, p. 152 et 160; Sagot, p. 911 ; de Lanessan,
Lucuma psammophila A. DC., n° 4494 C.
Synonymes : Pouferia quianensis Aubl. (partim) non Griseb. Dubard, 1912, p.38, considère ce synonyme comme identique avec Labatia macrocarpa Mart. : voir 4496.
Aublet, p.87: Pourouma Pouleri ‘Galibis): écorce gercée et ridée, roussàtre ; bois blanchätre, dur, compact.
Lanessan: Bon pour traverses de chemin de fer.
Dubard, p.32: Pouteriapsammophila Radl., syn. Lucuma psammophila
A. DC., Bapebassu (Brésil).
Sibbidanni (Bell), n° 4494 D.
Ce n'est pas le Sibbi-sibbi ou Hatti, l'Hevea sp. de Rodwaw, ni Sebadanni (partie II, 47), ni Siribidanni (1896 G).
Caractères généraux. — Bois très dur et lourd, de couleur jaune brunâtre uniforme, ressemblant au Buis. Surface un peu luisante, fonçant légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est aussi claire, sinon plus, que celle des autres sections. [l a quelques rapports avec Lucuma mammosa.
Caractères physiques. — Densité, 0,983 ;: dureté, celle du Buis. Odeur et saveur nulles.
Caractères de l'écorce. — Epaisse de 10 mm. environ, de
couleur brun clair, rugueuse, légèrement gercée. Elle est formée de deux couches: l'interne s'émielte et occupe les deux tiers de l'épaisseur totale ; l’externe est assez dure. La surface de la büche est lisse ou striée.
Structure du bois. — Comme celle du n° 4494 À, à part les différences suivantes.
L'aubier est à peine distinct du cœur.
Les vaisseaux contiennent parfois des perles de gomme rouge qui scintillent. |
Emplois. — Bon pour constructions ; les arbres sont petits ; peut être obtenu jusquà 22 cm. d'équarrissage (Bell).
Dur à traviuller, cassant et se fend facilement.
Ech. type : 78,2664 Bell.
Référence : Stone et Fr., p. 79.
Labatia macrocarpa Mart. (non Panch), n° 4496.
Les deux espèces sont imprimées en caractères romains dans l’'Index Kewensis. Dubard cite la première avec Pouteria quianensis Aubl. comme synonyme. Voir 4494 C.
Sagot, p. 917 : Balata indien.
Dubard, 1912, p. 38: Balata singe rouge. Wapi(Guvane). (Voir 4508 J.)
TBIBU V. — SIDEROXYLÉES
Sapotillier, n° 4501 À.
Je donne les citations suivantes qui semblent se rapporter au genre Achras (Sapota).
Barrère, p. 101 : Maritambour, Sapota multiflora.
Préfontaine, p. 208 : Sapotiller, mais non le Maritambour de Barrere, qui est « une espèce de fleur de la Passion ».
Dumonteil, p. 152: Sapotiller ; densité, 0,968 ; force, 151 ; élast., 261: flexibilité, 4,84 ; p. 160. Classe #4, celle des Meubles.
La très grande flexibilité et la faible force de ce bois me portent à croire qu'il n'est pas voisin des Wimusops..
D'après l'échantillon indéterminé, n° 62, Guyane, du Musée Colonial de Marseille: De couleur brun noisette fonce, uniforme. [1 ressemble-beaucoup à l'Acouma des [les (v. 4507). La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,680 environ (l'échantillon est en grande partie de l'aubier). Odeur légère, même nulle : saveur légèrement astringente.
Structure du bois. — Comme celle des Wimusops, à part les différences suivantes :
L'aubier est bien délimité du cœur (fait qui arrive rarement parmi les Sapotacées) ; sa couleur est un peu plus claire que celle du cœur, tout en étant foncée.
Section transversale. — Vaisseaux visibles, mais peu apparents : plus petits que ceux d'Acouma.
Parenchyme b: Ses lignes ne sont pas en petits traits, mais presque continues, avec interruptions çà et là; de 4 à 7
par mm.
Section radiale. — Rayons très obscurs.
Section tangentielle. — De couleur laiteuse. Vaisseaux
assez apparents.
Il se distingue d'Acouma par le parenchyme D et d'Assapookoo (4508 F) par la nuance de la coupe transversale.
Sideroxylon inerme, n° 4505.
Guibourt, IT, p. 589: Bois de fer de Cayenne; d'une couleur rou- D , J 2 geàtre moins prononcée que celle du Bois de chair (4508 A) ;: très dur el très lourd ; se gerce facilement en séchant.
Ce n’est pas le Bois de fer de Cayenne de Varenne-Fenille
, Qui à une couleur trop foncée.
TRIBU VI — BUMÉLIÉES
Acouma, n°4507. , Ce bois est rapporté ordinairement à Dipholis salicifolia A. DC., non Miq.
Synonyme : Bumelia salicifolia Sw. (non Bert.)
Du Tertre en cite trois sortes : 1° Bois jaune, dur et plus lourd que l’eau. 2° Acoma bastard, inférieur au précédent pour constructions. 3° Bois rouge comme le Bois du Brésil.
Grisebach: Pigeon-wood, Galimeta wood (Ant. Anglaise).
Dubard 1912, p. 79: Wild canada, Bustic (Bahamas) Jocuma, Jocuma blanca, Almendre silvestre, Cuya (Cuba), White Bully tree, Red bully tree (Jamaïque). Acomat bâtard (Haïti), Almendron, Tabloncillo (Porto Rico), Mastick tree (Sainte-Croix), Acomat ou A. bàtard (Guadeloupe).
Il existe trois autres Acouma: le Siderorylon Acouma DC. des Antilles ; l'Aomalium racemosum Jacq., et l'Acajou de l'Afrique bien connu ; mais ni les uns ni les autres ne sont de l'espèce présente.
Je donne la description suivante d’après l'échantillon n° 83, Guyane, du Musée Colonial de Marseille, qui a la structure
BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANCAISE a
des Spotacées et est voisine des Mimusops, mais n’est pas déterminé.
Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun clair ou khaki, avec de rares raies de couleur plus foncée. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus claire que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,980 environ ; dureté, celle du Buis. Odeur à sec nulle: saveur très amère.
Structure du bois. — Aubier brun, légèrement plus clair que le cœur, dont il n’est pas très bien délimité. La structure est celle des Mimusops (v. 4508).
Section transversale. — Couches en apparence bien délimitées par des zones de bois plus ou moins denses.
Vaisseaux très apparents, à cause de leurs bords blanes et de leur groupement en lignes radiales, visibles à l'œil nu. Ils sont de grandeur moyenne, très uniformes, de O0 mm. 12 de diamètre, rarement simples, beaucoup par groupes de 248, et même davantage. Ces groupes sont unis en échelons entre eux et forment de longues files. Les vaisseaux sont peu nombreux, de 1 à 20 par mm q.; la plupart ronds, et rarement aplatis.
Rayons à peine visibles à la loupe, très fins, uniformes, droits, à intervalles d’une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau et ne s'écartant pas au niveau de ces vaisseaux. Les rayons sont presque réguliers ; de T à 9 par mm.; de couleur jaune clair, mais plus foncés que le parenchyme D.
Parenchyme a entourant les vaisseaux et les unissant aux files radiales ; plus clair que le Ph. Ce dernier est le plus important comme caractère, mais il est à peine visible à la loupe. Au microscope, il parait excessivement abondant en traits tangentiels qui unissent les rayons et qui forment de courtes lignes concentriques ondulées. Ces lignes sont aussi larges que les rayons mais plus serrées ; de 10 à 12 par mm. Il occupe un cinquième du bois environ.
Section radiale. — Couches délimitées par les lignes plus denses et plus foncées, Vaisseaux à peine visibles, à cause des
bords du Pa qu les voilent : ils sont rarement ouverts,
+ "4 + D LA F, (Co es Qt NFRR ENT x ap”
Rayons translucides, très obscurs. Ph visible au microscope, en fines lignes blanches.
Mimusops globosa Gaertn. (non Griseb.), n° 4508 A.
Synonymes : M. Balata Crueg. (non Gaertn. nile M. Balata de Blume). Achras Balata Aubl. D'après Dubard, 1916, p. ‘19, cette espèce est maintenant Manilkara Balata .
Noms vulgaires : Bolllitree, Bulètre, Melkout, Balata et Bois rouge, probablement aussi Pferdefleisch holz (terme gén. Débrot). Balata saignant Balata des Galbis (Charpentier). Beef-wood (terme gén., Wiesner). Manil-kara, Bois de nate (Aublet). Belletree (Surinam), Pardenvleesh (Dalton), Bully tree (terme gén., Ant. ; Grisebach). L’Abeille (Beauverie). Bois de chair (terme gén., Grande encyclopédie). Bois de natte (Duchesne). Buruea (Demerary : Sagot). Balata franc (Musée Col. de Marseille). Sapotillier marron (Saint-Domingue ; Préfontaine). Mimusops (fr. Inde), Pala maroni {Tamoul-Gaebelé). (Voir aussi l espèce suivante.)
Je crois que l'échantillon-type de Bell, qui a été, déterminé d'après les feuilles et les fruits par le D' Freeman, est le bois de Peckolt, de Dumonteil, de la Comm. de Brest, de Bassières, probablement celui de Préfontaine et l’'Acoma rouge, qui ressemblent au Bois du Brésil de Du Tertre. Le bois de Sagot, au contraire, est plutôt le Mimusops Kauli. D'après Hubert, p. 199, le véritable Balata (le Bullet-wood des Anglais) est Mimusops hidentata DC.
Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur rouge uniforme ou couleur chair. Surface légèrement luisante, fonçant un peu à l'air; grain moyen. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, de 0,869 à 1,109 ; dureté, celle du Buis ou du Wallaba, Odeur à sec nulle ; légère, mais spéciale, lorsque le bois est travaillé ou humecté. Saveur nulle. Solutions d'un cramoisi foncé. Le bois brûle bien sans arome spécial et se fend facilement,
D'après Dumonteil, force, 353 : élast, 188. D'après la Comm. de Brest, force de 1100 à 1510, ou 1,94 si le Chêne égale 1 ; élast., 25; Classe 1 c. D’après Berkhout, force, 3150 si le Teck de première qualité égale 1920 : élast., 3328 si le Teck égale
Caractères de l'écorce. — Epaisse de 3 à 4 mm: d'épaisseur, de couleur rougeñtre, ligneuse, se détachant en plaques longues et étroites ; liber fibreux. La surface de la bûche est striée. |
D'après Berkhout, l'écorce est formée de trois couches : l'externe est liégeuse, lactescente, d'une épaisseur de 3 mm .: l'intermédiaire est libérienne, d'une épaisseur de 8 mm. et de couleur rouge carmin, qui devient rouge pâle à l’air; l'interne est de couleur blanche, et épaisse de 2 mm.
Structure du bois. — [L'aubier est brun, nettement délimimité du cœur; épais de # à 6 cm.
Section transversale. — A comparer avec la fig. 2, pl. B.
Couches non définies ; les lignes du parenchyme pourraient en être les limites.
Vaisseaux très apparents, à cause de leur nombre et de leur contenu blanc. Ils sont peu variables, petits, de O0 mm.i, irrégulièrement distribués, et ils forment de longues lignes dendritiques. Les groupes individuels sont compacts, radiaux, et se composent de 2 à 17 vaisseaux. Ces derniers sont assez nombreux, de 20 à 25 par mm.
Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, équidistants, à intervalles d’une distance égale environ au diamètre d'un gros vaisseau. [ls sont beaucoup plus denses que les fibres ligneuses, presque droits, mais légèrement ondulés : de 10 à 15 par mm.
Le parenchyme à entoure les vaisseaux. Le Ph se présente en de nombreuses lignes brunes, concentriques, ondulées, irrégulières et interrompues, souvent brisées, en formant alors des arcs ou des angles. Ces lignes sont de # à 5 par mm., et aussi larges que les ravons:; leur couleur est plus foncée que celle du Pa.
Section radiale, — Vaisseaux en apparence sinueux, Ravons
très petits, luisants, ayant à peu près la même couleur que les fibres lhigneuses. |
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons ne sont visibles au microscope que lorsqu'ils sont humectés ;: ils se présentent en lignes brunes, d'une seule rangée de cellules.
Emplois.— Bon pour constructions, moulins à vent, poutres, de très longue durée, résistant bien aux intempéries mais pas aux tarets (McTurk). Bon pour pilotis; rare à la Guyane Anglaise (Bell). Archets de violons (Beauverie). Balata franc, très employé à Cayenne, plus lourd et plus compact que le Wacapou ; assez ‘abondant à la Guyane Française (Bassières). L'un des bois qui dure le plus à l'air et « est sans fin » lorsqu'il est à couvert; avec le temps, il perd sa couleur et devient grisätre (Préfontaine). L'une des espèces convenant le mieux aux grandes constructions navales ; son poids, d'un tiers plus grand que celui du Chêne, en restreint l'emploi aux parties basses des bâtiments (Comm. de Brest).
Ech. types : 12, 2668 Bell ; 2311 Laslett ; 0151 Imp. Institut, 2624 Berkhout (Est-ce cette espèce?) ; N°5 7 et 71, Guyane, du Musée Colonial de Marseille (écorce et bois).
Icones : Stone, T. of C., pl. X, fig. 83. Icones lignorum, pl. 8, 67 et 77. C’est probablement cette espèce, mais non la fig. 8, pl. 74.
Références : McTurk, p. #; Bell, p. #; Beauverie, p. 332; Catal. des Colonies Françaises, p. 26 et 148 ; Stone et Fr., p. 12.
Mimusops Kauki Lin. (non Boj. ni Willd.) n° 4508 B.
Synonymes : M. Balata Gaertn. (non Crueg.); M. Balata Blume ; Sapota Muelleri Lindl. ; Manilkara Kauki Dubard, qui ne cite pas les mêmes synonymes que l’Index Kewensis.
Noms vulgaires: Balata rouge, Balata (Galibis); Boromé (Arr. ;: de Lanessan), Muira piranga; Moira-piranga (terme général, Brésil) ; Rotesholz (Allemand; Peckolt). Probablement beaucoup de noms vulgaires de lespèce précédente pourraient s'appliquer ici. Peckolt cite Mimusops Balata Gaertn., de couleur rouge violet ; densité, de 1,062 à 1,109. Cette citation, me semble-t-il, conviendrait au Mimusops Balata de Crueg.
Le Balata franc de Bassières me paraît trop lourd ; je l'ai cité dans l'espèce précédente. Le Balata de Préfontaine, qui est rougeûtre, pourrait bien être l'espèce présente. À comparer avec les n° 4508 C. E. F. et 4604 A et D.
Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une dureté moyenne, de couleur chocolat délavé, présentant, en coupe tangentielle, des lacets, ou des lignes plus claires, en zigzag. Le parenchyme longeant les vaisseaux très fins produit l'effet d’un grain plutôt filandreux. La nuance de la coupe transversale est légèrement plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,450 (cette évaluation est trop faible, et l'échantillon n'était probablement composé que d’aubier). D'après de Lanessan : densité, 1,100 : dureté, celle du Chêne. Odeur nulle ou légère de tan.
Structure du bois. — La moelle a 2 mm. de diamètre environ, est à peu près ronde, et se compose de grosses cellules de trois couleurs différentes : brun clair, rouge et noire.
Section transversale. — Couches tantôt obscures, tantôt très apparentes. Si elles sont délimitées, la limite serait une mince ligne claire; si elles ne le sont pas, la limite serait indiquée par une variation dans le nombre des vaisseaux.
Vaisseaux très apparents, à cause de leur parenchyme clair: plutôt petits, de 0 mm. 1 de diamètre, distribués 1rrégulièrement dans des zones où 1ls sont plus ou moins serrés et disposés en lignes radiales irrégulières. [ls sont peu nombreux, de 3 à 8 par mm q., simples ou par groupes de 2 à 3. Ces groupes sont unis aux lignes radiales par le parenchyme.
Rayons visibles à la loupe, mais plus nettement sur la limite de la couche, très fins, uniformes, à intervalles d'une distance égale environ au diamètre d'un gros vaisseau et ne s écartant pas au niveau de ces vaisseaux ; 1ls sont de 10 à 12 par mm., et forment un filet régulier avec les lignes du parenchyme ; couleur blanchâtre.
Parenchyme très abondant : 4 entourant et unissant parfois radialement les groupes de vaisseaux ; 2 visible à la loupe,
se présentant en de très nombreuses lignes concentriques
continues qui sont écartées les unes des autres d'une distance
égale au diamètre le plus grand d'un gros vaisseau, et de la même largeur environ. Ces lignes sont toujours un peu plus larges à l'entrecroisement des rayons : de 5 à 7 par mm. Elles sont formées de grosses cellules et sont à contour irrégulier. Leur couleur est légèrement plus claire que le fond, mais beaucoup plus foncées que le parenchyme a.
Section tangentielle. — Les limites des couches sont très apparentes, en lacets presque blanc. Vaisseaux visibles, même très apparents à cause de leur parenchyme à, de couleur blanche à sec, et rouge lorsqu'ils sont humectés. Ils sont, pour la plupart, remplis de gomme de la même couleur que le fond. Le parenchyme h se présente en taches indéfinies, qui, par leur abondance, donnent à la coupe une nuance plus claire. Les rayons ne sont visibles qu'au microscope; leur hauteur peut atteindre jusqu'à 8 cellules sur 1 de largeur. Leur contenu est rouge.
Emplois. — Bon pour construction, mais très inférieur à l'espèce précédente.
Ech. type : N° 56 Guyane, Musée Colonial de Marseille.
Mamooriballi (Bell), n° 4508 C.
Caractères généraux. — Bois plutôt lourd et dur, de couleur rouge brunâtre terne ; grain fin, compact. Surface mate foncant légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,623 ; dureté, celle du 3ouleau. Odeur nulle. Saveur insipide et désagréable:
Caractères de l'écorce. — Épaisse de 3 à 6 mm.; se détachant en plaques très minces comme du papier. La couche interne est brune et ligneuse ; l'externe est composée de fibres molles ressemblant aux soies de porc. La surface de la bûche est striée.
Structure du bois. — Comme celle des Mimusops, à part les différences suivantes.
L'’aubier n’est pas bien distinct du cœur.
Section transversale. — Vaisseaux très apparents, ressor-
tant très nettement sur le fond. Contenu brillant et non rouge. Emplois. — Bon pour constructions :-lés [Indiens en font des pointes de flèches. L'arbre n'a pas un grand diamètre mais peut arriver à une hauteur de 17 m. (Bell). D'après McTurk, la hauteur moyenne serait de 25 m.: peut être obtenu à 40 cm. d'équarrissage.
Assez dur à travailler ; se fend facilement.
Éch. type : 61,2717 Bell.
Références: Bell, p. 8; McTurk, p. 3; Stone et Fr., p. 62.
Hymarikushi (Bell), n° 4508 D.
Caractères généraux. — Bois dur et lourd, compact, de couleur brun noisette ou rougeâtre. En coupe transversale, la structure est parfaitement visible. Surface légèrement luisante, froide au toucher, fonçant beaucoup à l'air. La nuance de la coupe transversale est semblable à celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 1,260 : dureté, celle du Cœur vert. Odeur et saveur légères ou nulles.
Caractères de l'écorce. — Épaisse de 6 mm. environ, presque lisse, se détachant en mmnces plaques plates ; de couleur rouge. Un peu de liber fibreux.
Structure du bois. — Comme celle des Mimusops, à part les différences suivantes.
Aubier. L'échantillon (t'ge de 15 em. de diamètre) était tout en aubier d'une couleur foncée.
Couches bien délimitées si les lignes du parenchyme forment les himites : contour régulier.
Vaisseaux ressortant bien sur le fond, car ils sont beaucoup plus clairs : les lignes dendritiques sont bien apparentes, mais moins que celles des Mimusops.
Les rayons sont à intervalles d’une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau, mais ne s'écartent pas au niveau de ces vaisseaux, étant plutôt droits.
Section radiale. — Les vaisseaux contiennent très peu de gomme rouge et sont quelquefois vides, Le parenchyme 2 se présente en lignes régulières comme de fines hachures.
44 k H. STONE
Emplois. — Peut difficilement s'obtenir jusqu'à 15 m. sur 9 cm. d'équarrissage (Bell).
Il pourrait servir aux mêmes usages que le Balata auquel il ressemble.
Éch. type : 40,2696 Bell.
Référence : Stone et Fr., p. 40.
Mora-Balli (Bell), n° 4508 E.
Il ne faut pas le confondre avec le Mora (v. 1975 A).
Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun rougeàtre uniforme. Surface légèrement micacée, fonçant un peu à l'air. La nuance de la coupe transversale est un peu plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 1,097 : dureté, celle du Cœur vert. Odeur et saveur nulles.
Caractères de l'écorce. — Épaisse de 6 mm. environ, presque lisse, dure et ligneuse à l'extérieur, fibreuse à l’intérieur. La surface de la bûche est lisse.
Structure du bois. — Comme celle des Mimusops, à part les différences suivantes. lt
L'aubier n'est pas différent du cœur, mais sa couleur est un peu moins rouge. É
Vaisseaux facilement visibles, disposés en lignes dendri-
tiques, qui sont très apparentes dans le bois foncé ;
elles le sont moins lorsque le bois est humecté et occupent moins d'espace sur la coupe que dans les Mimusops.
Emplois. — Peut s’obtenir facilement et mérite d'être employé autant que le Mora. Les Indiens en font des pointes de flèches (Bell).
Il pourrait servir pour le pavage et les traverses de chemins : de fer, si du moins il résiste aux intempéries.
Éch. type : 66,6722 Bell.
Références : Bell, p. 8; Stone et Fr., p. 67.
Assapookoo (Bell), n° 4508 F.
Assapaka (Hawtayne). Ce n'est pas le Sapahaka d’Aublet,. Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun
L'INCE AER, à ;
jaunâtre : grain fin, compact ; surface un peu luisante, fonçant légèrement à l'air. La nuance de toutes les coupes est à peu près semblable.
Caractères physiques. — Densité, 1,010 ; dureté, celle du Buis. Odeur légère lorsqu'il est travaillé; saveur nulle.
Caractères de l'écorce. — Épaisse de 2à 3 mm., se détachant en minces plaques. La surface de la bâche est striée.
Structure du bois.— Comme celle des Mimusops, à part les différences suivantes : |
L’aubier n’est pas différent du cœur, du moins dans l'échantillon, qui n'avait que 22 cm. 5 de diamètre.
Section transversale. — Couches mal délimitées, contour régulier.
Vaisseaux à peine visibles, petits, tant soit peu variables : distribués également en groupes radiaux de 2 à # vaisseaux, qui sont ronds, non subdivisés.
Rayons à peine visibles, très fins, uniformes, réguliers, faibles, ondulés, à intervalles d'une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau environ et s’écartant légèrement au niveau de ces vaisseaux ; couleur claire.
Parenchyme 4 entourant les vaisseaux et les unissant aux files radiales, qui n'ont pas la longueur de celles des Mimusops, car le parenchyme n'est pas assez développé.
Section radiale, — Vaisseaux se présentant en fins sillons contenant des perles brillantes de gomme. Rayons blanchâtres, translucides, visibles, très brillants, ce qui donne à la coupe un éclat beaucoup plus vif que celui des autres sections.
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons ne sont visibles qu'à la loupe; ils sont très petits, blancs, d'une hauteur de Ü mm. 25 environ.
Emplois. — Bon pour construction ; peut s'obtenir facilement jusqu'à 10 m. sur 40 à #5 cm. d'équarrissage (Bell. Réputé très vénéneux (Barham).
Bois de bonne qualité, se travaille bien et se fend facilement.
Éch. type : 5,2661 Bell.
Références : Bell, p. 3; Barham, p. 150 ; Stone et Fr,,p. 5.
46 H. STONE Fogle-Kop (Bell), n° 4508 G. | Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun
clur, fonçant légèrement à l'air. Surface un peu luisante. La nuance de la coupe transversale est un peu plus claire que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,790 : dureté, celle du Hêtre. Sans odeur ni saveur.
Caractères de l'écorce. — Épaisse de # mm. environ, lisse comme celle du Hêtre, intérieur fibreux, rouge et rempli de sclérites clairs; la couche externe est cassante. Surface de la büche lisse ou striée.
Structure du bois (à comparer avec la fig. 10, pl B). — La structure n'est visible que lorsque le bois est humecté.
L'aubier n'est pas différent du cœur.
Section transversale. — Couches non délimitées, avec des zones de nuance variable et de contour régulier qui pourraient indiquer les limites.
Vaisseaux à peine visibles, même à la loupe; petits, peu nombreux, fortement isolés et tant soit peu variables ; leur contenu est noir. 4
Rayons à peine visibles, serrés et nombreux ; fins, uniformes, équidistants, légèrement ondulés, à intervalles d'une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau environ et ne s'écartant pas au niveau de ces vaisseaux.
Parenchyme D se présentant en lignes concentriques continues qui forment un filet avec les rayons.
Section radiale. — Vaisseaux en fins sillons peu apparents, Rayons obscurs, étroits.
Emplois. — Bon pour avirons ; peut s'obtenir facilement jusqu'à 12 m. sur 40 à 55 cm. d’équarnissage (Bell).
Commode à travailler, quoique un peu dur ; se fend facilement.
Éch. type : 28,2684 Bell.
Références : Bell, p. 5 ; MeTurk, p. 5 ; Stone et Fr., p. 28.
Morakokuru ou Mamushi (Bell), n° 4508 H.
Caractères généraux. — Bois dur et lourd, de couleur brun
foncé. Surface légèrement micacée, fonçant légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est légèrement plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,950 ; dureté, celle du Cœur vert ; sans odeur ni saveur.
Caractères de l'écorce. — KEpaisse de 6 mm. environ, presque lisse, dure et ligneuse à l'extérieur, fibreuse à l’intérieur. La surface de la büche est lisse.
Structure du bois. — Comme celle de Mimusops, à part les différences suivantes :
L'aubier est à peine différent du cœur, mais peut-être un peu moins rougeûtre.
Seclion transversale. — Vaisseaux facilement visibles ; les groupements dendritiques n'occupent pas aussi largement la section; 1ls sont très apparents dans le bois foncé, mais le sont beaucoup moins lorsque le bois est humecté.
Emplois. — Les Indiens en font des pointes de flèches, peut facilement s'obtenir et mérite d'être employé comme le Mora (Bell).
Il pourrait servir pour pavage et traverses de chemin de fer s'il résiste aux intempéries.
Éch. type : 66,2722 Bell.
Référence : Stone et Fr., p. 68.
Dukuria (Bell), n°4508 [.
Caractères généraux. — Bois mou et léger, ressemblant au Sapin ; de couleur Jaune blanchâtre. Surface légèrement luisante. La nuance de la coupe transversale est un peu plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité, 0,531: dureté, celle de l’Aune. Sans odeur ni saveur.
Caractères de l'écorce. — Epaisse de 7 mm. environ, rugueuse ou légèrement gercée et tuberculeuse ; dure, ligneuse, En section transversale, l'écorce est de couleur brun elair : lorsque les plaques irrégulières se sont détachées, la couche sous-jacente est de couleur rouge. La surface de la büche est hsse ou striée,
Stracture du bois. — Comme celle des Sapotacées. = L'aubier n'est pas différent du cœur, du moins dans l'échantillon, qui avait 54 em. de diàmètre.
Section transversale. — Couches mal délimitées ; les zonés de bois plus ou moins denses,à contour régulier, pourraient en ètre les limites.
Vaisseaux à peine visibles, peu variables, distribués également, simples ou par groupes de 2 à 7. Ils sont fortement 1s0lés, mais avec une tendance à se disposer en lignes obliques.
Rayons juste visibles, à intervalles d’une distance égale au diamètre d’un gros vaisseau et s'écartant à peine au niveau de ces vaisseaux.
Parenchyme D visible au microscope en petits traits situés entre les ravons. Ces traits sont disposés concentriquement, mais non en lignes continues.
Section radiale. — Légèrement plus claire que la transversale. Vaisseaux en fins sillons incolores. Rayons translucides presque incolores. Couches non délimitées.
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons, étant en fuseaux minuscules composés de grosses cellules, ne sont visibles qu'à la loupe ; hauteur de Î mm. environ.
Emplois. — Bon pour charpente d'intérieur ; grands arbres ; le bois peut être obtenu jusqu'à #0 cm. d’équarrissage (Bell).
Références : Stone et FEr., p. 24.
Balata singe rouge, n° 4508 J.
Dumonteil, p. 160, Densité, 1,038 : force, 317; élasticité, 168 ; flexi bilité, 1,48. Classe 2, celle du Chêne.
Je me demande si ce n'est pas Labatia macrocarpa Mart.,
non Panch., voir 4496.
Balata à grosse écorce, n° 4508 K.
Préfontaine, p. 45.
FAMILLE CXI: — ÉBENACÉES
Les Ébènes, n° 4524.
Au sujet des Ebènes de la Guyane, je n'ai trouvé aucune description, sauf celles de Dumonteil, de la Comm. de Brest et une citation de Niederlein. Les évaluations de leurs densités données par les auteurs précédents me portent à croire que ces bois pourraient bien être des Diospyros, mais je suppose qu'ils proviennent d'ailleurs, et passent par Cayenne.
Diospyros Paralea Steud., n° 4524 A.
Synonyme : Paralea quianensis Aubl.
Aublet, p. 576 : Parala (Galibis) ; bois blanc dur.
Diospyros cayennensis A. DC., n° 4524 B.
Sagot, p. 918 : Bois inconnu.
Ébène, n° 4524 C.
Dumonteil, p. 152. Densité, 1,211 ; force, 481 ; élast., 160, p. 160. Classe 1.
Ébène noire, n° 4524 D.
Comm. de Brest, p. 190. Densité, 1,226 ; force, de 1120 à 1560, ou 2,12 si le Chêne égale 1 ; élast., de 15 à 25. Il reprend sa première forme après avoir été soumis à une charge de 1420 kilos, La mème, p. 183 : sa valeur, pour faire des rouets de poulies, est la moilié de celle du Gaïac.
Ébène rouge, n° 4524 E.
Comm. de Brest, p. 190. Densité, 1,003 ; force, de 800 à 1100 ou 1,49 si le Chène égale 1 ; élast., de 15 à 22; p. 197. Classe 1.
FAMILLE CXII. — STYRACÉES
Symplocos Ciponima L'Hérit., n° 4527.
Synonymes : Ciponima quianensis Aubl.; C. scabridula Miers,
Aublet, p. 567 : Ecorce grise ; bois blanc assez compact.
FAMILLE CXIIL — OLÉACÉES
TRIBU IV. — OLÉINÉES Linociera tetrandra R. Br., n° 4547.
Synonyme : Mayepea quianensis Aubl.
Aublet, p. 77: Mayépé ; écorce et bois blanchôtres.
FAMILLE CXV. — APOCYNACÉES
TRIBU I. — CARISSÉES
Couma guianensis Aubl., n° 4566.
Aublet, Suppl., p. 39: Couma (Galibis),. Poirier (Français). Écorce grise, épaisse, rendant par incision un suc faiteux abondant qui se fige et durcit en peu de temps. |
Sagot, p. 916: Bois blanc, mou.
Huber, p. 215 : Sorva (Para).
Ambelania acida Aubl., n° 4568.
Aublet, p. 266 : Ambelani, Paraveris (Galibis); Quienbiendent {Créoles) ; bois blanchätre et peu compact.
Coupoui aquatica Aubl., n° 4569.
D'après Durand, c’est le Cupirana de Miers.
Aublet, p. 17 : Coupoui-rana {Galibis) ; écorce verdâtre, bois mou et blanc,
TRIBU II. — PLUMÉRIÉES
Plumeria articulata Wahl., n° 4604 A.
Les bois cités ci-dessous pourraient bien être cette espèce, mais ne sont pas déterminés (voir aussi 4508 D).
Préfontaine, p.145 : Balata blanc ; le même aubier et de la même cou-
leur que l’Acouma des Iles. Il éclate et se fend au soleil ; il attire les
poux de bois. Sa couleur est rougeätre, mais disparaît avec Le temps ; et le bois devient tout blanc,
Lanessan : Plumeria articulata, Balala blanc. Densité, 0,972 ; bon pour
, charpente.
L'échantillon, n° 113, Guyane, du Musée Colonial de Marseille, étiqueté Plumeria articulata, est malheureusement trop petit pour en tirer des renseignements exacts, car il n’a que k:cm. de diamètre. L’écorce est presque lisse, épaisse de 2 mm. ; la couche extérieure est brune et la couche intérieure est rouge, ligneuse, montrant les rayons qui convergent en forme de pinceaux. Le bois (sans doute tout en aubier) est d'une couleur brune.
Parenchyme a très développé, entourant les vaisseaux en bords larges ; Ph abondant, visible à la loupe en lignes concentriques, sinueuses, à intervalles d’une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau. Rayons visibles à la loupe, mais seulement entre les lignes du parenchyme, où le bois est plus dense. Vaisseaux fortement isolés ; peu nombreux.
Plumeria obtusa Lin. {non Lour.), n° #604 B.
Aublet, p. 259: Frangipanier à feuilles étroites. Tabernaemontana sp., n° 4612.
Sagot, p. 320 : Bois de lait, Hyahya, Yaruri, Paddle-wood, Dumonteil, p. 156: Bois de lait. Densité, 0,552; force, 131; élast.,
190 ; p. 160. Classe 3, celle des Pins. (Est-ce bien cette espèce?) Greshoff, 1901, p. #4. Tabernæmontana utilis W. et A. laya: arbre à lait, Hya-hya (Br. Guiane),
FAMILLE CXXI. — BORRAGINAGÉES
TRIBU I. -- CORDIÉES
Cordia nodosa Lamk., n° 4992 À, Synonyme : C. Collococa Aubl, {non Lin. ni Sw.\.
5» H. STONE Aublet, p. 120 : Sebestier, Achira-mourou (Galibis) ; écorce roussâtre, ridée et gercée ; bois blanchâtre, peu compact. Cordia tetrandra Aubl., n° 4992 B.
Aublet, p. 222: Sebestier à parasol, Bois Marguerite, Arbre a para-,
sol (Créoles) ; écorce grisàtre, ridée et gercée; bois blanchäfre, cassant
et peu compact.
Cordia umbraculifera DC., n° 4992 C.
Sagot, p. 93#: Bois parasol.
Jeanneney, ms.: Para-para (Brésil, voir 5 et 89 A).
Cordia tetraphylla Aubl., n° 4992 D.
e Aublet, p. 225: Sebestier verticillé, Bois Marguerite ; écorce gercée
et ridée ; bois blanchätre, compact.
FAMILLE CXXIX. — BIGNONIACÉES TRIBU TE = BIGNONIÉES
Bignonia Kerere Aubl., n° 5446 À.
Barrère, p. 24: Kéréré, Liane franche.
Aublet, p.644 : Arbrisseau de ÿ pouces de diamètre ; Kéréré (Galibis). Bon pour faire des paniers.
Bignonia incarnata Aubl., n° 5446 B.
Aublet, p. 645 : Arbrisseau de 5 pouces de diamètre ; Kéréré, Téréré Galibis) ; écorce grisätre ; bois blanchâtre. Bon pour paniers et grands
chapeaux (sarments).
Bignonia alba Aubl., n° 5446 C.
D'après l'Index Kewensis, c'est le Spafhodea bracteosa DC. et le Macfadyena bracteosa Bth.
Aubletl, p. 653 : Arbrisseau de 7 à 8 pouces ; écorce grisätre, gercée.
TRIBU II — TÉCOMÉES
Tabebuia sp., n° 5467 A.
Noms vulgaires : Hackia (Bell), et plusieurs autres noms se rapportant à Hackia, tels que : Lignum-vitae (Boulger), Irontree, [ron-wood, Eisenholz, West-Indisches Eisenholz (Wiesner). Ijzerhout (Surinam ; Berkhout) ; mais tous ont une application générale à n'importe quel bois de fer.
L'espèce présente n’est pas le Harkia, que j'ai décrit dans le T. of C.,p. 142, ni le Hacki de Miers, ni le bois de Martin- Lavigne.
L'échantillon de Bell a été déterminé, comme genre, d'après les feuilles et les fruits, par le D' Freeman.
Caractères généraux. — Bois excessivement dur et lourd, de couleur brun foncé uniforme ; grain fin et compact. Surface luisante, froide au toucher, fonçant légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections.
. Caractères physiques. — Densité, 1,300 : dureté, celle du Gaïac, mais pas aussi siliceuse. Sans odeur n1 saveur.
Caractères de l'écorce. — Épaisse de 3 à 9 mm. : elle ressemble à celle du Pin sylvestre et se détache en plaques de la même manière. En section, ces plaques sont délimitées par une ligne blanche très mince. Il y a un peu de liber, qui ressemble à une peau. La surface de la bûche est striée.
Structure du bois. — L'aubier est brun clair ou blanc brunâtre, nettement délimité du cœur, mais d'un contour 1rrégulier et excentrique, d'une épaisseur de 2 em. à environ.
Section (ransversale. — Couches non délimitées, mais les zones du bois plus claires ou plus foncées pourraient en être les limites ; de contour régulier.
Vaisseaux bien visibles à cause de leur couleur claire, peu variables, distribués également, assez serrés. Ils sont simples pour Ja plupart, sinon tous.
Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, équidis-
tants, à intervalles d’une distance égale au diamètre d un gros
vaisseau et s'écartant légèrement au niveau de ces vaisseaux.
Le parenchyme se présente en cellules isolées.
Section radiale. — Vaisseaux en fins sillons bruns. Rayons bruns, aussi larges et aussi visibles que les vaisseaux.
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons ne sont visibles qu'au microscope, et d'une hauteur de 0 mm. 2 environ ; ils sont disposés en étages.
Emplois. — Bon pour arbres de moulins, engrenage ; presque trop lourd et trop dur pour un autre usage (McTurk). De hauteur moyenne ; s obtient difficilement jusqu'a 13 m. sur 30 cm. d'équarrissage sans aubier (Bell). :
Éch. type: 31,2687.
Références ; Bell, p.5 ; Miers, ms. ; McTurk, p. 5°; Stone et Fr., p.37; Icones lignorum, pl. LXVI, fig. 6, et pl. LXXII, fig, 6. Ou, du moins, quoique de couleur un peu claire, ces figures pourraient bien être cette
espèce.
Tabebuia sp., n° 5467 B.
Noms vulgaires : Warikuri (Bell). Waracouri, White Cedar (Guy. Angl., McTurk).Ilne peut pas être le Tecoma leucoxylon, qui passe sous le dernier de ces noms, car l'écorce ne $’accorde pas avec celle de notre échantillon n° 120. (Voir 5474 A.)
Le genre de l'échantillon a été déterminé d’après les feuilles et les fruits par le D' Freeman.
Caractères généraux. — Bois plutôt mou et léger, de couleur rouge clair uniforme. D'après MeTurk, brun foncé; mais il en indique deux sortes, l’une plus foncée que l’autre. La surface est jolie et extrêmement brillante.
Caractères physiques. — Densité, 0,543 ;: dureté, celle du Bouleau. Sans odeur ni saveur.
Caractères de l'écorce. — Epaisse de 5 mm. environ, brune, molle, liègeuse, se détachant en minces plaques, qui s'émiettent. La couche interne est composée d'une vingtaine de feuilles minces comme du papier, raides et facilement séparables. La surface de la bûche est lisse.
Structure du bois. — Elle n’a aucune ressemblance avec celle de l’espèce précédente.
L'aubier n’est pas différent du cœur, du moins dans l’échantillon, qui se composait d'un tronc de 55 cm. de diamètre.
Section fransversale. —— Couches bien délimitées ; les fines lignes du parenchyme, presque aussi minces que les rayons. forment les limites visibles seulement à la loupe. Contour régulier.
Vaisseaux visibles, uniformes, sauf dans les groupes ; la plupart simples, quelques-uns par paires : distribués réguhèrement.
Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, irréguliers, à intervalles d’une distance égale au moins au diamètre d'un gros vaisseau, et s'écartant légèrement au niveau de ces Vaisseaux .
Le parenchyme a entoure les vaisseaux en taches qui forment des losanges s'étendant tangentiellement en fines lignes concentriques et nombreuses, mais très interrompues.
Section radiale. — Vaisseaux en fines stries rougeûtres. Rayons minuscules, mais très visibles, ressortant bien sur le fond brillant.
Section langentielle. — Comme la radiale, mais les rayons ne sont visibles qu’à la loupe ; hauteur de 1 mm. environ.
Emplois. — Probablement le meilleur bois de la colonie pour fondations ; de très longue durée surtout sous terre, caril se fendille au soleil (Guyane Angl., McTurk). Peut être obtenu facilement jusqu'à 13 m. sur 30 cm. d'équarrissage (Bell). Commode à travailler ; se fend facilement, mais prend bien les clous.
Éch. type : 95,2751 Bell.
Références : MeTurk, p. 6; Stone et Fr., p. 97.
Tabebuia fluviatilis DC., n° 5467 C. Synonyme: Bignonia fluviatilis Aubl.
Aublet, p. 653 : écorce lisse, cendrée; bois blanc, cassant.
Ebène verte, n° 5474.
Je n'ai aucune preuve de l'identité systématique de ce bois,
De
mais il a des caractères qui ne me laissent aucun doute sur nos échantillons types, qui sont bien l'Ébène verte : cependant Sagot, le seul botaniste qui connut ces bois sur place, ne donne pas de nom systématique. Les autres auteurs aitent Tecoma leucorylon Mart., synonyme Tabebuia leucoxylon Mart., Bignonia leucorylon Lin. ou Vell. Duchesne dit que le T. leucorylon, qui est le Cèdre blanc des Antilles, est jaune : et Grisebach cite le nom anglais White-wood Cedar (Cèdre à bois blanc). Baïllon l'appelle Gavac bâtard ou Guayacan (Panama). Guibourt, qui, en fait de bois, s'y connaissait, mais qui n'avait malheureusement pas les moyens de les déterminer, en décrit cinq sortes : l’'Ébène verte brune, exhalant une odeur de Bardane lorsqu'on la râpe : l'Ébène verte grise de Cayenne, de couleur fauve grisätre, avec des stries Jaunâtres présentant une apparence de corne (la première Ébène verte de Guisan) ; deux sortes d'Ébènes vertes brunes, donnant avec l'alcool deux solutions différentes, l'une rouge et l'autre jaune verdâtre; enfin l'Ébène verte soufrée, qui, lorsqu'on l'équarrit, donne une poussière jaune serin comme le ferait un bois vermoulu.
Lanessan en fait trois variétés : l’une à couleur jaune verdâtre, peu dense: et deux autres dont les descriptions paraissent avoir été empruntées à Guibourt. Il cite les noms de Marsiballi et Bois Saint-Martin des Dalbergiées. La Comm. de Brest dit que le bois d'Ébène verte produit une poussière verdâtre très fine lorsqu'il se rompt. Arnaudon (14 juin 1858) cite un Taigu, ou Tayegu, du Paraguay, dont les pores contiennent une poussière verte, mais ce n'est pas une de nos espèces, car je connais ce bois. Sagot et Martin-Lavigne disent que notre Ébène parait être parsemée d'une poudre Jaune.
Je conclus que l'Ébène verte soufrée de Guibourt, celle de la Comm. de Brest, de Sagot, de Brousseau, de Varenne- Fenille, de Dumonteil, de Bassières, de Janssonius, de Renault et celle de Martin-Lavigne (description macroscopique seulement) sont notre bois, mais non celui de Baillon, qui serait le Taigu d'Arnoudan, ni celui de Rousselet, de Renault, de
Grisebach, de Duchesne, de Lanessan, ni les autres variétés de Guibourt, ni la première Ebène verte de Guisan, ni celle de Martin-Lavigne, d’après sa description microscopique. Belt, p. 338, mentionne, depuis 1564, une Ébène verte à la Guyane. Je fais remarquer que Durand conserve le nom générique de Tabebuia, au lieu de Tecoma, tandis que l'Index Kew. adopte ce dernier. :
Tecoma leucoxylon, n° 5474 A.
Je crois utile de donner ici une courte description d'un échantillon du Musée Colonial de Marseille qui, en raison de son écorce, curieusement réticulée, me parait le Cèdre blanc de Duchesne et de Grisebach. Le bois donne une solution aqueuse opaque et opalescente, d'après cet échantillon qui est tout en aubier. Il correspond assez bien, quant à la structure, pour être placé dans le même genre que les échantillons étiquetés : Tecoma pentaphylla DC., Bois Poirier, n° 12, Guadeloupe (M. C. M.) (voir n° 5474 A.) et Tecoma ochracea Cham. n° 423, Brésil (Lyon).
Caractères de l'écorce.— Couleur blanche, farine ou crème, rugueuse mais non gercée, couverte de côtes peu saillantes, ondulées, formant entre elles une série prolongée qui imite une ligne de 8. Épaisse de 2 à 3 mm. environ; formée de deux couches: celle de l'intérieur qui présente en section transversale des rayons blancs, convergeant en pinceaux sur le fond brun; et celle de l'extérieur, molle comme du liège, sur laquelle les plaques qui doivent se détacher sont bien délimitées.
Structure du bois. Section transversale. — Couches très apparentes.
Vaisseaux grands, de 0 mm.15 de diamètre, voilés par le parenchyme ; ils sont rares, de 4 à # mm q., et fortement isolés, ils contiennent des thylles quideviennent plus visibles lorsqu'ils sont humectés.
Rayons en partie voilés par le parenchyme, écartés les uns des autres à une distance égale environ au diamètre d'un gros vaisseau.
Parenchyme abondant et très apparent, occupant du tiers à la moitié de la coupe en bandes concentriques, continues et dentées.
Tecoma pentaphylla DC., n° 5474 A.
Description d'un échantillon n° 12, Guadeloupe (M. C. M.), Bois Poirier.
Bois léger et mou, d'un gros grain et beaucoup à rebours : couleur écrue ou brunâtre clair. Surface mate. La section transversale est légèrement plus foncée que celle des autres sections.
Caractères physiques. — Densité : 0,396; sans couleur ni odeur.
Structure du bois. — L'aubier n'est pas différencié du cœur.
Couches en apparence délimitées.
Vaisseaux très obscurs malgré leur grandeur, très difficiles à voir même à la loupe: une surface polie au papier verré montre la structure mieux qu'en section. Les vaisseaux sont disposés en lignes obliques ou en festons : il sont peurnombreux et fortement isolés, ordinairement simples, rarement par paires.
Rayons visibles à la loupe, mais seulement à travers les zones dures qui séparent les lignes du parenchyme. Ils sont espacés presque régulièrement à des distances égales au diamètre d'un gros vaisseau, mais ne s'écartent pas au niveau de ces vaisseaux. Couleur brunâtre.
Parenchyme a entourant et unissant les vaisseaux en festons souvent interrompus. Ces festons sont plus continus, moins ondulés vers le bord extérieur de la couche où ils paraissent former la limite de cette couche. Dans la partie interne de la couche ils sont en fragments et forment des petits arcs et des angles.
Section radiale. — Structure très obscure, sauf pour les vaisseaux, qui sont très gros et vides pour la plupart. Rayons transparents.
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons
sont petits d'une hauteur de Ü mm. 2 environ, rangés en palissade. Les couches paraissent çà et là en lignes obscures. Citations sur l'Ebène verte :
Préfontaine : Ebène verte, Guirapariba ; ne se conserve pas sous -terre. Ebène jaune, variété de l'Ébène verte.
Aublet, p. 659 : Bignonia leucoxæylon, Quirapaiba, Urupariba (Brésil), Pa6 d’arco (Portug., Mareg.) ; Bois d'Ébène verte (Cayenne).
Varenne-Fenille, p. 1#1 : Ebène verte; poids égale la densité de 1,170; plutôt brune que verte, surtout lorsqu'elle subit des intempéries ; elle devient de couleur vert canard lorsqu'elle est travaillée.
Dumonteil, p. 152: Ebène verte. Densité, 0,904; force, 333 ; élast.» 188. Classe 2, celle du Chène.
Commission de Brest, p. 162. Densité, 1,042; force, de 1660 à 1800, ou 2,52 si le Chêne égale 1 ; élasticité, de 15 à 25. La même, p. 166 : sa rupture est, longtemps à l'avance, annoncée par «'e petits éclats; les fibres sont plutôt déchirées que rompues ; il projette une poussière verdâtre très fine. La même, p.179: sa valeur, comme bois pour rouets de poulies, égale la moitié de celle du Gaïac. La même, p. 184: Essais sur les échantillons de Dumonteil, conservés à couvert: force, de 1480 à 1700, ou de 2,42 à 2,52 si le Chêne égale 1 ; élast., 25. Conservés à découvert : force, de 1.096 à 1.600 ou 1,72 si le Chène égale 1 ; élast. de 15 à 25. Sa rupture est annoncée longtemps à l'avance et se produit avec un déchirement prolongé. Un cabrion ayant fléchi de O0 mm.25 sous un poids de 1.600 kilos s’est parfaitement redressé, aussitôt débarrassé de sa charge. La même, p.197. Classe 1 d.
Sagot, XXVII, p. 225 : Sur une section fraîchement coupée et polie, on aperçoit à la loupe une multitude de petits corpuscules gommorésineux qui tapissent les parois des vaisseaux. Le bois parait parsemé d'une poudre jaune.
Guibourt, II, p. 542: Le bois désigné par Marcgraff, sous le nom de Guirapariba, est l'Ébène verte brune, mais non l'Ebène soufrée. (Voir aussi 5474 C et D.)
Jansonius, 1914, p. #1, fig. 13 et 14, donne une description très détaillée qui pourrait s'appliquer à notre bois. Cette description, d'apres lui, serait celle de Tecoma leucoxylon Mart., var. pentaphylla. Sa détermination n'est basée que d’après les feuilles et il me semble que l'identité de l'Ebène verte n’est pas encore bien résolue. L'auteur dit que l’aubier est blanc jaunâtre et d’une largeur de # cm. environ, que le cœur est brun rougeàtre et qu'il y aunezoneintermédiaire vert jaunâtre, C’est dans cette zone que se trouve la matière jaunâtre en plus grande quantité ; avec la potasse, cette matière jaunâtre devient rouge et le bois rougeàtre. Il faut noter que le nom systématique cité par l'auteur
produitune confusion par rapport au Tahebuia pentaphylla Hems|., nom
généralement associé avec le Buis des Antilles. (Voir Stone Timbers of Commerce, p. 169, pl. XII, fig. 105.) Schwartz, If, p. 711: Laurus leucorylon. Whitewood (Jamaïque), Loblolly Sweetwood : cortice læviuseulo. Ë De Rochefort, p.75.« L’Ébène verte des Antilles fournit une teinture
d'un beau vert naissant. Aubel de deux pouces, blanc : cœur vert si
obscur qu'il approche du noir, mais quand on le: polit on découvre certaines veines jaunes qui le font paroistre marbré. L'arbre est fort touffu à cause que sa racine pousse une grande quantité de rejetons. Les feuilles sont polies et d’un beau vert.»
Il est à noter que les striées vertes, sur notre bois, sont
moins apparentes sur une surface polie et quil ne présente rien qui corresponde au mot marbré.
Renault, p. 166: Tecoma leucoxylon. Solution jaune se produisant très rapidement, changée en rouge vif par l'alcool etramenée à sa première couleur par les acides.
Arnaudon, 14 juin 1858: Taigu ou Tayegu (Paraguay). Paraît être l'Ébène verte de Guisan ;la couleur de l'extérieur est brune, se rapprochant de celle du Noyer. Si on enlève une couche de quelques centimètres,on aperçoit des points brillants incolores ou légèrement jaunâtres; la superficie change de couleur au bout de quelques jours,tet de grisbrun passe à un jaune vert assez vif. Ce bois a une odeur nauséabonde prononcée. |
Roussellet: Une Zygophyllée de couleur verdâtre, mélangée de larges veines blanches qui brunissent en vieillissant.
Bassières, p. 197 : Tecoma leucoxæylon. L'Ebène verte soufrée est un Zygophyllum; densité, 1,211.
Niederlein,p. 3: Ezxcoecaria glandulosa Sw. Ebène verte, Bois vert Guadeloupe); Haïte vert, Colas, Casse haches, Ebène verte brune. Le
même,p.5: Tecoma leucoxylon, Caramacate (Guyane).
À part les noms vulgaires déjà cités, les noms suivants se rapportent à Tecoma leucoxylon:
Roble? Roble prieto (Amérique trop.); Zapote {t. gén., Ant., Urban). Bois d’Ebène (Guadel., Duss.). Bignone à ébène, Ebène jaune, Ebène verte de Cayenne, Gupariba. Bois d'Evilasse (Guibourt). Arrhonée, Arahoni (Galibis). Marsiballi (Arr.) Bois de Saint-Martin (de Lanessan). Courali (Surinam Pulle). Groenhart, Groenhart Stugo (Martin-Lavigne). Groenhart des Savannes (Surinam, Fuente).
Le nom de Marsiballi se rapporte à un autre bois non déterminé (voir 2333 M); ceux de Roble et Zapote sont très communs ; d’après Hedinger, le dernier est appliqué à un cértain Buis des Antilles, employé en France pour la fabrication des peignes. Le nom de Bois Saint-Martin se trouve partout, et le Groenhart le plus connu est le Nectandra Rodiaeï (v. 6201 A). Grisard cite un Guripariba, ou ÆRhizophora sp. (v. 2232).
Ébène verte soufrée (Guibourt), n° 5474 B.
Caractères généraux, — Bois lourd, très dur, de couleur brun foncé, striée ; ses pores très étroits, mais très apparents, sont remplis de grains couleur de soufre. La surface est unie, légèrement luisante, fonçant beaucoup à l'air; elle perd sa couleur soufrée avec le temps et devient brun chocolat. La couche transversale, lisse, est plus foncée que les autres sections; mais, lorsqu'on la scie, sa couleur est nettement verte. Lorsqu'on le râpe avec du papier de verre, 1l donne une poudre verdâtre.
Caractères physiques. — Densité, 1,160; dureté, celle de l'Ébène noire. Sans saveur ni odeur. Solution aqueuse froide, presque incolore ; chaude, de couleur brun clair et alcoolique, un peu plus foncée. Le bois devient rouge après une application de savon. Il brûle plutôt mal, sans arome spécial, et la chaleur fait ressortir un suc de ses pores.
Structure du bois. — Section transversale, Couches délimitées ; les limites sont des zones presque sans vaisseaux et indiquées ordinairement par le changement de l'orientation des lignes des vaisseaux.
Vaisseaux visibles à cause de leur nombre et de leur couleur claire ; isolés, mais disposés en lignes obliques bien caractérisées qui forment parfois des angles, ls sont distribués également dans la zone intérieure de la couche, mais diminuent quelquefois en nombre et deviennent (rès rares dans la zone extérieure, Leur contenu est jaune ou blane.
Rayons à peine visibles à la loupe, exceptionnellement fins, uniformes, équidistants, à intervalles d'une distance un
peu plus grande que le diamètre d'un gros vaisseau. Ils ressemblent à de la soie jaune ou blanche.
Parenchyme 4 entourant les vaisseaux et s'étendant rarement en ailes qui unissent les vaisseaux en lignes obliques.
Section radiale. — Les limites des couches sont seulement visibles à la loupe. Les vaisseaux sont obscurs, mais très apparents lorsqu'ils sont remplis de matière jaune. Rayons serrés, très obscurs, mais visibles à la loupe: ils sont plus clairs que le fond et plus foncés que les vaisseaux.
Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les vaiseaux sont légèrement inclinés et les rayons en étages sont à peine visibles à la loupe.
Emplois. — Bon pour manches de canifs, de couteaux, de sabres ; il donne une teinture d'un beau vert tendre (Brousseau). Planches de grandes dimensions; l'un des premiers bois de notre colonie (Sagot). Il serait susceptible de servir pour rais d'automobiles à cause de sa force et de sa grande élasticité.
Éch. types : Nos 24, 93 et 95 Guyane, du Musée Colonial de Marseille ; n° 490, série IT, Lyon.
Ébène verte grise de Cayenne, n° 5474 C.
Guibourt, Il, p. 541: Ebène verte, Ebène noire, la première Ébène verte de Guisan ; de couleur fauve grisàtre avec des stries jaunâtres, et présentant une sorte de demi-transparence ou d'aspect corné. Il devient couleur châtaigne, fonçant beaucoup à l'air. Il est insipide et bien moins riche en matière colorante que l'Ébène verte soufrée ; la solution est la même, jaune tournant au rouge avec les alcalis.
Ébène verte brune, n° 5474 D.
Guibourt, Il, p. 542: Le Guaripariba de Marcgraff; il répand une odeur peu agréable de Bardane lorsqu'on le ràpe ; solution verte, qui ne devient pas rouge avec les alcalis.
Je crois que le Taigu d'Arnaudon pourrait être cette espèce, à cause de son odeur nauséabonde. Le Musée de Lyon possède un échantillon de aigu, n° 292, série IT, qui est inodore, même
lorsqu'il est râpé ou humecté, mais qui a peut-être, en vieil-
lissant, perdu son odeur. Il ressemble à l’'Ébène verte soufrée, mais sa structure est différente: la couleur verte des fines stries s est intensifiée avecle temps. Le bois laisse une poudre brune sur le papier de verre. Il est bien possible que ce soit une Zygophyllée. Densité, 0,958.
Deuxième Ébène verte brune de Guibourt n° 5474 E.
Guibourt, IT, p. 542 : Ecorce d'apparence fibreuse, mais assez dure et cassante., Aubier très mince, blanchâtre et fort dur. Cœur d’une texture très fine, d’abord de couleur vert olive très foncée et veinée, puis brunissant considérablement et finissant par devenir presque noir. I contient énormément de principe colorant jaune verdâtre, soluble dans l’eau ; la solution devient brune avec les alcalis.
Il est possible que ce soit l’Excœcaria qglandulosa où Brya Ebeneus cité par Holtzapfel
Le bois de ce dernier auteur est le Cocus des Anglais, dont la solution aqueuse n'est pas colorée et dont la solution alcoolique est brune.
Ébène jaune, n° 5474 F.
Barrère, p. 22: Legno cilrino, variété de Guirapariba de Marcgraff ou l'Ebène verte.
TRIBU II — JACARANDÉES
Jacaranda Copaia D. Don., n° 5489 A.
Synonyme : Bignonia Copaia Aubl.
Aublet, p. 651: Onguent pian ; Copaïa (Galibis); écorce épaisse, cendrée ; bois blane et peu compact.
Sagot, p. 916: Le Coupaïa des chantiers (Guyane) (v. 6151 A).
Greshoff, 1901, p. 31 : Jassie Nœdol (Surinam).
Niederlein, p. 12; Bois à pian.
Hubert, p. 198: Caroba do Matlo ; Parapara (terme gén. Brésil, Voir 4992 C).
Harrisson et Bancroft, p. 231: Phootee, Jacaranda Copaia, pour boites d'allumettes.