‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 245 sur 363 · Xerochlamys villosa nov. sp · texte numérisé non relu

Xerochlamys villosa nov. sp

Arbor, tortuosa, cortice cinereo, foliis ovatis, elongatis, villosis, sicco flavis, L 1/2 — 2 c.latis, 3 — 5 c. longis. Flores 2 terminales, Involucrum villosum, 4 — 5 dentatum, multi-bracteolatum ; sepalis 3, obovatis, villosis, 8 m/m latis 1 c, 3 longis ; disco depresso multidentato ; staminibus 24, inæqualibus ; stigmato globuloso, capitato. Fructus turbinatus, polyspermus.

Tandis que les deux espèces précédentes sont, l’une du Nord-Ouest, l’autre du Centre, celle-ci paraît spéciale au Sud-Ouest de Madagascar. On la rencontre, en effet, sur les massifs grèseux du mont Vohibasia et dans le bassin du Mangoky. M. Perrier l'a recueillie à 900 mètres d'altitude, en août 1910 (n° 3011). Cet arbre de 5 à 8 mètres a un tronc très tortueux. Il est assez localisé, puisqu'on ne le retrouve plus sur le massif voisin, également grèseux cependant, de l'Isobo où lon rencontre pourtant d'autres Chlæñacées à feuilles également velues, quoique différentes. Le vieux bois est glabre, tandis que les jeunes rameaux sont toujours villeux. L'écorce de ce vieux bois est grise, avec des ponctuations blanches. D'ailleurs toute la plante prend, à sec, une coloration jaunâtre, surtout marquée sur la face inférieure des jeunes feuilles et sur l'involucre, qui deviennent ainsi jaunes d'or. Cet aspect de la plante est très particulier et nous ne J'avons constaté chez aucune autre des nombreuses Chlænacées que nous avons pu examiner dans divers herbiers. |

Les /euilles sont entières, alternes, persistantes el peu nombreuses. Comme sur les jeunes rameaux, des poils longs, mous, blanchâtres, les recouvrent. Le limbe est ovaleallongé, à base et sommet arrondis ou même obtus. La longueur atteint 3 "à 5% da larseur dd SE 2er

Le pétiole, qui est souvent tordu sur lui-même, mesure

9 à 7 "/" de long. La nervure est proéminente en des-

PI. IV. — XEROCHLAMYS VILLOSA nov. sp.

On x.

sus comme en dessous, alors que, dans la plupart des Xerochlamys, elle déprime la face supérieure. Les nervures secondaires sont bien visibles. Les bords de ces feuilles sont généralement chiffonnés.

Les fleurs sont terminales et ordinairement par deux ; rarement on en trouve trois et à l'aisselle des feuilles. Elles sont très courtement pédicellées ; les plus longs pédicelles, toujours velus, n'ont jamais plus de 5 "/",

L'involucre, très poilu, comme le montre la planche IV, est encore en forme de clochette allongée ; sa hauteur (9 "/") est beaucoup plus grande que son diamètre, qui ne mesure que 9 */* dans la partie la plus évasée. Cette coupe profonde porte une couronne de dents dont le nombre varie. Le plus souvent, on en compte quatre ou cinq, qui sont nettement visibles à l'œil nu. Mais chaque dent est ellemême constituée par trois ou quatre bractées, qui peuvent être dissociées, pour l'étude, par ramollissement préalable de l'organe : on arrive à compter ainsi douze à quinze petites dents inégales. L'involucre est aussi très poilu en dedans. Le calice a trois sépales libres, obovales, à sommet étalé et émarginé, Ils sont villeux comme les feuilles, La lame mesure 8 "/" de long et 4 à 5 ”/" de largeur. Les sépales sont cachés dans linvolucre.

La corolle est formée de cinq pièces blanches, plus grandes que celles du calice et alternantes avec elles. La lame, très mince, est oblongue, spatulée, à sommet émarginé : sa longueur est de 1 à 3 ©/"; la largeur au tiers supérieur atteint 8 "/" ; l'onglet est étroit et long de 5 ”/"!,

Le disque, annulaire, est bas (2 "/*), mais très finement denté, Par sa face interne, il donne insertion à l'androcée, qui comprend vingt-quatre étamines inégales, également soudées par leur base à l'ovaire. Il parait v avoir deux verticilles de douze étamines ; du moins la moitié de celles-ci ont une longueur uniforme de 11 ”/", les douze autres ne mesurant que 7 ‘/" de long, mais ceci n'est pas fixe et varie d'une fleur à l'autre.

Le pistil, qui à 11 "/" de long, ne dépasse pas l'androcée ;

l'ovaire est bas. Le style, court, est surmonté d'un stigmate globuleux capité.

Le fruit est globuleux, il a la forme d'une petite noix, entourée de l'involucre accru. Son diamètre (6 à 7 ”/") égale maintenant la hauteur. Cette modification est bien visible sur la planche IV qui montre, avec la plante en fleurs, un fruit isolé. À l'intérieur de la coupe involucrale, on voit de nombreux et longs poils unicellulaires et soyeux, comme d'ailleurs en dehors, mais ils sont plus longs à la face externe. Le calice desséché et les étamines, parfois même une portion du style, accompagnent ce fruit. Il y a de nombreuses graines dans chaque loge. |

Page 1