‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 341 sur 363 · V. — Mariscus Gaertn. Fruct., I · texte numérisé non relu

V. — Mariscus Gaertn. Fruct., I

La définition du genre Mariscus a beaucoup varié: on y a souvent rangé seulement les Cyperus à épillets 1-2 flores ;

46 H. CHERMEZON

actuellement, suivant l’exemple de Clarke, 1l convient de séparer les Mariscus des Cyperus par leurs épillets caducs d'une seule pièce, la rhachéole se désarticulant entre les deux glumes inférieures vides et la première glume fertile, alors que dans les Cyperu$ la rhachéole est persistante et les glumes se désarticulent individuellement. Les Mariscus de Madagascar se groupent nalurellement en quatre sections. La section PBulbocaulis se classe nettement à part par ses tiges longuement épaissies-bulbeuses, grâce à la persistance de nombreuses gaines foliaires scarieuses ; ces plantes croissent le plus souvent en touffes plus ou moins compactes, mais sont dépourvues de rhizome, bien que vivaces ; toutes les espèces malgaches ont des épillets pluriflores. Les sections Umbellati et Multiflori, très voisines l'une de l'autre, se distinguent par le nombre des fleurs fertiles, qui est réduit à 1-2 par épillet dans la première. Enfin la section Rufi (sections Turgidulae et Thunberqiae de Clarke) comprend des plantes robustes, à feuilles rigides ou coriaces, d’un vert glauque, à épillets pluriflores, lancéolés, un peu turgides, réu-

nis en épis plus ou moins denses.

a. — Section Bulbocaulis.

1. — Mariscus Kraussir Hochst. in Flora (1845), 756. Cyperus dubius Rottler in Neue Schr. Ges. Nat. Fr. Berlin, IV (1803), 193 (non Rottb. Desc. et Ie. (1773), DO TANT 9) Cyperus mollis Poir. in Lamk. ÆEncyc., VII (1806), Cyperus kyllingioides Vahl, Enum., II (1806), 312; Kunth, Enum., I1 (1837), 94.

Kyllingia Mariae Steud. Syn. PI. Glum., 11(1855), 69. Mariscus Dregeanus GC. B. Clarke in Hook. f. FI. Brit. Ind., VI (1893), 620 (non Kunth, Enum., II (1837), 120).

Cette espèce a reçu un grand nombre de noms, ce qui a

donné lieu à une synonymie assez confuse. Rangée pendant :

rie Er

longtemps dans le genre Cyperus, elle était alors connue sous le nom de C. dubius Rottb.; la diagnose de Rotthoell est assez vague, comme toutes les diagnoses anciennes de Cypéracées, et ne mentionne pas les tiges bulbiformes caractéristiques de la section Bulbocaulis ; la figure qui l'accompagne, assez médiocre, correspond mal à notre espèce, et, de plus, l'auteur signale et figure un style bifide, surmontant d’ailleurs un akène trigone ; la plante de Rottboell reste donc très douteuse et Clarke l’a même considérée comme un Xyllingia. Les auteurs postérieurs à Rottboell ont souvent adopté C. dubius, mais en confondant fréquemment sous ce nom plusieurs espèces différentes. Clarke (loc. cit. et publications ultérieures) rattache la plante au genre Mariscus, avec raison, mais sous le nom de M. Dregeanus Kunth t ; or la description de Kunth, faite sur un exemplaire récolté par Drège en Afrique australe, s'applique très nettement à une plante de la section Umbellati et nullement au Cyperus dubius des auteurs: inflorescence formée de 5 épis fasciculés ovales-oblongs, épillets oblongs, étalés, à 3 fleurs, dont 2 fertiles, glumes ovales-elliptiques, jaunes à carène verte, akène ellipsoïde égalant les deux tiers de la glume, ete...: Kunth rapproche du reste son espèce de M. paniceus Vahl et de M. macrocarpus Kunth, tandis que notre plante est décrite ailleurs (loc. cit., 94), et assez exactement, sous le nom de Cyperus kyllingioides Vahl. La confusion provient d'une erreur d'étiquette ; Hochstetter (loc. ci.) avait déjà fait remarquer en elfet que les exemplaires de Drège distribués sous le nom de M. Dregeanus Kunth ne correspondaient nullement à la diagnose et étaient justement la plante alors connue sous le nom de Cyperus dubius. J'adopterai done ici le nom proposé par Hochstetter, c'est-à-dire M. ÆXraussü, qu est accompagné d'une diagnose très exacte. La plante décrite par Steudel (loc. cit.) sous le nom de AXyllingia Mariae rentre certainement ici. Les exemplaires malgaches de M. Kraussu

1. Boeckeler (in Linnaea, XXXVI (1869-1870), 336) indiquait déjà Mariscus Dregeanus Kunth comme synonyme de Cyperus dubius.

48 H. CHERMEZON

sont assez variables comme taille générale, dimensions des épillets, nombre des fleurs, etc... ; ces différences sont de pèu d'importance, et seule mérite d être distinguée la variété dont il sera question plus loin. Non vu Car 199, classé ici par Clarke.

Région de l'Est. — Sainte Marie : mars 1847 (Boivin, 1676); Tamatave : lieux cultivés, pelouses, eux sablonneux, septembre 1912 (Viguier et Humbert, 247, 247 bis) ; zone côtière de la province de Mananjary (sans localité précise) : mars-avril 1909 (Geay, 7094, 7153, 1312, 7313, 7439, 7621, 7763) ; Fort Dauphin : dunes, mai 1900 (Decorse).

Région du Sambirano. — Nosy Bé : lieux humides, févriermars 1851 (Boivin).

Région de lOuest. — Port Leven : parties basses et

humides de la côte, mars-avril 1849 (Boivin, 2325) ; Mahavana : sables boisés, janvier 1908 (Perrier de la Bâthie, 2486); Majunga: dunes, à l'ombre des arbustes, février 1915, février 1920 (Perrier de la Bâthie, 2726, 13041). .

Sans indication de localité (Dupetit-Thouars ; Commerson ; Baron, 1510, 5893).

Afrique tropicale et australe ; Asie tropicale ; Bornéo.

Var. CAPITATUS H. Cherm.

Cyperus capitatus Poir. in Lamk. Encyc., VII (1806), 246. Diffère du type par sa gracihté, ses tiges filiformes, ses feuilles sétacées, très longues, sa tête petite, à épillets peu nombreux, courts (3-4 mm.), pauciflores |4-6 - flores), ses glumes plus petites (2-2 1/2 mm.), son akène plus petit (3/4 mm.), suborbiculaire.

Région du Centre. — Massif du Manongarivo : rocailles, 800 m., (Perrier de la Bâthie, 2627).

Sans RAT de localité Dosebe x Variété endémique.

Page 1