I.A RÉGION OCCIDENTALE
miers, sont remarquables parleur végétation seulement composée d un Typha (T. angus/ifolia ) et d’une grande Fougère Acrostichurn aureurn). Ils se confondent vers la côte avec les marais salants, avec lesquels ils ont beaucoup de ressemblance.
Les troisièmes sont, au contraire, permanents, et, par suite, ont souvent conservé intacte leur végétation native. Ils
Tourbière à Cyperus, Nephroclium et Ti/phonodorum (Ambongo, Ouest .
occupent toujours des dépressions qu’a rendues un peu imperméables l’argile dont on voit des intercalations assez puissantes dans les séries arénacées du trias, du lias, du crétacé et des terrains récents. Ils sont surtout intéressants parce qu’il s’v forme de la tourbe, qu’on ne rencontre jamais dans les marais
épaisses. Sous ce dernier port, elles sont à l’état de vie ralentie et ne fleurissent ni ne fructifient. Ce port de saison sèche est, en somme, physiologiquement comparable aux bulbes de tant d’autres plantes. M. Choux (H. G. B . 1913, p. 153)a étudié anatomiquement deux de ces espèces, Ipomoea replans et Xeplunia proslrata. On peut citer encore un Jussiara, le Pliragmites et une autre Graminée.
LA VÉGÉTATION MALGACHE
des dpux premiers groupes. Pour ces raisons, nous étudierons avec un peu plus de détails les marécages de ce troisième type. Ce sont eux que nous distinguons sous le nom de marais à Raphia.
Ainsi que leur nom l’indique, l'espèce la plus remarquable de ces marais est le Rapjhia. Ce palmier y est parfois si abondant qu'il en constitue presque seul la végétation, exclusive-
Forét an bord d’un lac (Région Ouest), en saison des pluies.
ment à toute autre espèce, sauf quelques Fougères qui vivent à son ombre, ou sur les vieilles gaines de son stipe. Mais, le plus souvent, il n’en est pas ainsi, et quand ces marais constituent de vraies tourbières, ce qui est le cas le plus habituel, le Raphia descend alors au rang de simple espèce accessoire.
Les espèces de cette Formation sont d'ailleurs en petit nombre. Les unes, les plus abondantes et les plus répandues, celles qui constituent partout le fond, pour ainsi dire, de cette végétation, ne sont au nombre que de quatre : deux Fougères (Nephrodium uni! uni et A7, cucullaturn) et deux Ci/ perus (C . æqualis Vahl et Cyperus sp.). Les frondes et les chaumes de ces quatre espèces, serrés les uns contre les
LA RÉGION OCCIDENTALE
autres, constituent un ensemble très dense, de hauteur uniforme, reposant sur un épais feutrage de rhizomes entrelacés. C’est l’accumulation des parties mortes de ces plantes qui forme la majeure partie des tourbes de ces marais. A ces espèces des tourbières on pourrait ajouter peut-être encore un sphaigne, très rare maintenant, mais qui ne l’est sans doute devenu qu’à la suite du déboisement et de l'alluvionnement plus intense qui en a été la conséquence.
Ile de la Belsiboka couverte de Panilanus .
Les autres, que nous nommerons accessoires, parce qu’elles ne contribuent qu’occasionnellement à la formation de la tourbe, sont un peu plus nombreuses. Ce sont, dans le marais lui-même, le Raphia déjà cité, un grand Pandarws, Typlionodorum Lindleyanum , un Ficus , et, sur les bords, Mascarenhasia a rhorescens, une forme de Leea sambucina Willd. et Elæis guineensis var. madagascariensis 1 , ce dernier bien localisé au sud du cap Saint-André. Une Fougère grimpante croit en outre très souvent sur les stipes du Raphia.
1. II. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Le Palmier a huile (le Madagascar (Les Matières grasses, janv. 1910). — Id. : Palmiers de Madagascar Annales du Musée Colonial de Marseille, 1913).