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- Planche 65/ — L'Innocence; statue en marbre par M, Lemire.
Figure de 4 pieds 5 ponces deprepoction.
Une }€Uoe fiSIe debout^ dans une attitude pleine de simplicité et de naturel ^ tient dans ses bras un petit agneau. Ëlie est vêtue d'une tunique qui la couyre entièrement, à l'exception des bras et des épaules. A ses pieds est une corbeilie remplie de fleurs.
Cette statue , comme toutes celles qui sortent du ciseau de M. Lemire, est d'une grande naïveté de formes et d'expression : elle figurerait agréablement près de celle de VAmèur préparant son arc, que le même artiste exposa, il 7 a quelques années , avec un grand succès. Cette dernière semblait même plus étudiée que ia statue de i^ Innocence, Ici la draperie est peu conforme au goût de l'antique, qui est le gout;par excellence, et dont les statuaires ne devraient jamais s'écarter. -
Planche 66.* -^ Harpocrate , Dieu du silence f statue, en marbre par M, Fortin.
Figure de 4 pieds 6 pouces de proportion.
Harpocrate, fils d'Isis et d*Osirifl, est distingue des autres dieux de FEgypte par un symbole qui lui est par* ticulier : le doigt qu'il tient pose isur ia bouche le désigne comme ie dieu du silence. On le. prenait aussi. pour le soleil; et la corne d'abondance avec laquelle on le représente quelquefois, fait entendre que cet astre produit f abondance des fruits , et par-là donne la vie à tous les animaux. Les anciens avaient souvent sur leurs cachets une figure d'Harpocrate , pour apprendre qu'on doit garder le secret des lettres.
Cette statue n'a peut-être aucun défaut bien sensible; mais elle ne présente pas tnon plus assez de parties remarquables pour sortir dé< la classe des productions ordinaires de la sculpture. Ce qu'on y trouve de mieux est le travail du marbre , mérite dont le praticien (1) re'clamerait peut-être une bonne part. Quant au caractère des formes et à l'exécution des de'tails , le sentiment de la nature s'y fait trop peu sentir. M. Fortin a produit y aux expositions précédentes y des ouvrages plus étudies que celui-ci.
(1) On appelle praticien Fartiste qui dégrossit ou ébauche fa statue d'après le modèle en plâtre, et f avance pius ou moins; Fauteur du modèle , le statuaire , y donne ensuite les derniers coups.
Salon de/jâin . Tome^ JT-
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Planclie 67/ — Galathécf statue en marbre par M, Lemoyne.
Figure de 5 pieds de proportion.
GalAthee, portée sur un dauphin , se rend vers ie ber^ ger Acisy son amant.
Cette statue y comme celle dont il a ete question dans l'article précèdent^ manque d'e'tude , et semble avoir été faite de système ou de pratique. Ce défaut se fait princi-^ piJemcnt sentir dans toutes les draperies. Cependant l'arrangement tout-à-fait ingénieux du groupe prouve que l'auteur a le génie statuaire ; mais ii a besoin d'étudier un peu plus les formes : celles de la Galathée sont lourdes , et le petit Amour qu'eHe porte sur son bras a l'air d'un avorton.
Ce morceau a été exécuté à Rome.
Û. Salon de W9. 13
Planche 68,^ — Un Berger en repos; statue en marbre dé M. Guiflois.
Fîgnre de 3 pieds de proportion.
Si i'on en croît ia Notice du saton y l'auteur de cette petite statue a voulu représenter -a un jeune berger en >> repos, occupé du sentiment de f amour, qu'il e'proavc V pour la première fois, ff Ce sentiment bien yague est bien faiblement exprimé dans toute la figure du jeune berger; et s'il y a de la mollesse dans ia po»*, il n'y en a pas moins dans l'exécution.
Cette statue appartient à M. le comte de Vandeuvre, maire de Caen. Elle avait été commandée par la société des Amis des arts.
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Planche 69.* — V Amour ; statue en marbre par ' M, Gayrard.
Figure de 3 pieds de proportion.
UAmour^ préparant ses traits , en tient un dont il essaie la pointe sur son bras.
Lorsqu'on examine avec attention les statues antiques y marne celles qui réunissent à un très-haut degré la no^ blesse , la pureté et i'ëlegance des contours , on y découvre une si grande naïveté de détails, une si grande simplicité de formes, qu'il semble que les diverses parties, prises séparément, en aient ete moulées absolument surnature. On en conclut, avec beaucoup de vraisemblance, que c'est par l'imitation exacte de ce que les modèles vivans leur offraient de plus expressif, de plus gracieux, de plus correct , que les sculpteurs de l'antiquité se sont élevés peu a peu jusqu'à cette étonnante perfection qui distingue, dans les de'tails comme dans l'ensemble, ceux de leurs chefs-d'œuvre que le temps a laisse parvenir jusqu'à nous. Sans doute le type de cette perfection ne s'est jamais manifeste complètement dans un seul et même individu : mais la nature en a cre'e et disperse les divers elemens; et Fart, seconde' par l'imagination , le discernement et le goût, a su les réunir, les pre'senter sous un asj)ect général , et , les faisant servir à l'expression de quelque pensée d'un ordre supérieur, acre'e', comme à son insu, ce que , faute de pouvoir mieux le définir, nous nommons ordinairement le beau idéal. Mais, il faut en convenir, ce beau idéal sera long-temps le sujet de discussions abstraites , non-seulement parmi les écrivains qui
(100) ont propose leurs idées sur ies arts d'imitation , mais en* core parmi ies artistes eux-mêmes.
La plupart des statuaires modernes , ayant fait consister le beau idéal dans certains caractères, dans certaines formes de convention qui n'ont que ia fausse apparence du grand et du vrai , se sont de plus en plus éloignés de Tçtude delà nature. Leurs ouvrages, au premier aspect, frappent quelquefois par la hardiesse des mouvemeiis et par la grandeuir des proportions; mais trop souvent ils sont privés de ce charme de vérité et de simplicité qui seul donne aux productions du ciseau la grâce , le sentiment et la vie.
On reconnaît', dans fa .statue dont nous donnons ici la gravure , cette sagesse de principes et ce premier degré d'imitation qui peuvent conduire insensiblement Tartiste vers le but qu'il se propose : la noblesse et la correction de l'ensemble , soutenues par ia fidélité des détails. Cette figure a beaucoup de naturel et de simplicité; c'est un |oii enfant : mais Cupidon est fils de Vénus ; et ie caractère du petit dieu demandait peut-être plus d'élégance et de vivacité dans ié développement de l'attitude , plus de ma^ lioe dans ia physionomie.
M. Gayrard a exposé un cadre qui renfermait des médailies d'un bon goût d'exécution et des modèies. L'art de produire des médailies, désigné sous la dénomination impropre de gravure en médailles, est une branche de ia sculpture : IWtiste qui se livre à ce genre de travail est véritablement un sculpteur , puisqu'il exécute ses modèles en relief; il faut même qu'il joigne à ee talent celui de ies répéter en creux , pour en former la matrice des médailles. Parmi celles qu'a exécutées M. Gayrard, on distipgue les portraits des princes de ia famille royale , cew
( 101 ) de quelques hommes célèbres de rancienne France, et des compositions allégoriques.
Nous ne terminerons pas cet article sans citer quelques autres artistes dans ce genre , dont les productions ont été vues avec intérêt. M. Andrieu a exposé un cadre renfermant une douzaine de sujets : entre autres, ie portrait du Roi, médaille de grande dimension; une Minerve distribuant des couronnes, médaille destinée pour les grands prix; et Tinauguration de la çtatue de Henri IV. MM. Barre , Depaulis , Dieudonné , Galle , Gatteauz , JeufFroy , Simon et Tiolier , ont égidement offert au public ie tribut de leurs travaux tant en médailles qu'en pierres gravées.
Planche 70.* — Statue en marbre de M, de Lamoignon de Maies herbes j par M. Dumont
FigBre de 6 pieds de proportion.
L'artiste a suppose que Lamoignon de Malesherbes, «faut achevé la défense de Louis XVI , entend | avec aataat de surprise que de douleur, l'exécrable arrêt porté contre l'auguste victime.
Cette statue y commandée par le ministère de la maison du Roi, tire Son principal mérite de l'exécution pratique des accessoires, tels que les draperies, le moiré de la ceinture , &c. Ces objets sont parfaitement rendus.
Lorsque de toutes les parties de la France, nous pourrions dire de toutes les parties de l'Europe , les admirateurs du dévouement héroïque de Malesherbes se font gloire de participer à l'érection du monument qui lui est destiné, il n'est pas douteux que l'on ne mette la plus grande importance au soin de son exécution, et qu'on n'épargne rien pour qu^elIe soit parfaite. Nous ignorons si le projet du monument est arrêté, s'il sera mis au concours ou donné par faveur ; mais , dans le cas où l'artiste ne serait pas encore désigné, il y a lieu de croire que cette tache honorable sera proposée comme un sujet d'émulation.
Salon/ de/jâiû Tome^ M
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