ENDROIT ET ANNEE
de
la construction.
Haut-Canada
Baltimore.
Etats-Unis.
Sacket's Harbour. . . 1814.
Vergennes 1814.
Sacket's Harbour. . . i8i3.
Middletown, . < i8i5.
Etati-Unis.
Connecticut.
Etats-Unis.
Id.
Vergennes 1814.
New-York ..i8i5.
Philadelphie ^797-
Newburg Post.(Mass.)
Connecticut.
Portsmouth 1814.
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Section ii.
Histoire militaire de la Marine des Etats-Unis,
Nos forces navales n ont jamais été employées qu'à défendre les droits et l'indépendance de la nation , à garantir la liberté des citoyens , et à protéger notre commerce. Les annales de notre marine sont remplies de faits qui prouvent l'habileté, la valeur et l'humanité de nos marins qui se sont signalés par les victoires les plus brillantes. Dans quatre occasions différentes, notre pavillon a combattu celui de quatre puissances maritimes (i), et chaque fois la lutte a été terminée par des traités honorables et avantageux pour les États-Unis. Aussi long- temps que nos flottes ne serviront point à un autre but que celui que nous avons indiqué, nous pouvons croire qu'elles seront toujours victorieuses. Nous devons sans cesse nous rappeler le sort de toutes les nations qui ont marqué comme puissances maritimes , et qui ont employé leurs ressources pour satisfaire une vaine soif de domination et de con-
(i) La France , Tripoli, PAngleterre et Alger.
■jDE LA-MARÏH-E. 5;5-
quêtes. La funeste ambition de ces nations a toujours été suivie d'une chute humiliante.
Dans le quatorzième siècle, la marine la plus formidable était celle de Venise, de Gènes et des villes anséatiques. Sous le règne de Henri VIII , l'Angleterre louait des vaisseaux à ces républiques. Oddy , dans son ouvrage sur le commerce de l'Europe , rapporte qu'en 1 60 1 , la puissance des villes anséatiques était tombée au point de ne plus inspirer de crainte à l'Angleterre. Le Danemarck autrefois a régné sur l'Océan ; ses flottes ravagèrent les côtes de l'Angleterre et de la France, et brûlèrent à diverses reprises Londres, Paris et d'autres villes principales de l'Europe. Le pavillon espagnol a passé pour invincible; celui de la France a dominé pendant un temps sur celui des autres nations. La marine de la Hollande a long-temps servi de boulevard à cette république , et inspiré la terreur à ses ennemis. Nous ne trouvons plus que des débris de ces marines autrefois formidables ; une puissance rivale s'est élevée sur leur ruine commune.
Le pavillon britannique a flotté triomphant dans toutes les parties du monde; ses succès non interrompus ont contribué à égarer le gouvernement et le peuple de lAngleterre. Cette nation, trop vaine de ses victoires navales, a pris le
litre de « maîtresse de la mer » . La flotte anglaise a été regardée comme invincible. La fausseté de cette idée a été prouvée, et la gloire navale de la Grande-Bretagne a été ternie dans la dernière guerre contre les États - Unis ; ses vaisseaux et ses escadres ont souvent baisse pavillon devant nos forces inférieures. Peut-être la nation anglaise est-elle destinée à fournir une nouvelle preuve qu'une ambition déréglée, fon<dée sur des bases prêtes à s'ébranler, conduit définitivement à la ruine ?
En 179g , le 9 février, un de nos vaisseaux de guerre commença le premier combat naval, depuis rétablissement de notre nouvelle forme de gouvernement. La frégate la Constellation ^ censée porter trente-six canons, et commandée par le capitaine Fruntun , rencontra la frégate française \ Insurgente ^ portant quarante canons. Apres un combat très-vif d'une heure et quart , le pavillon français fut baissé, l'ennemi eut vingtneuf hommes tués et quarante-quatre blessés. La Constellation n'avait eu qu'un homme tué et deux blessés. Le \^^ février 1800 , la Constellation attaqua la Vengeance j vaisseau portant cinquante-quatre canons. Après un engagement très-vif, la Vengeance baissa pavillon, et prit le large 5 mais les dommages que les mâts et les
manœuvres de la Constellation avaient éprouvés ne lui permirent point de poursuivre sa prise. Il fut constaté par la suite que le vaisseau français avait cent soixante hommes tués ou blessés, la frégate américaine en comptait trente-neuf: tels furent les résultats de deux combats qui eurent lieu entre des frégates françaises et américaines, avant la paix conclue avec la république française, en 1800.
Nos efforts, pour conserver les avantages et les bienfaits d'une paix générale, furent troublés par la conduite hostile des puissances barbaresques. Déjà , en avril 1799 , le dey de Tripoli avait dé-^ voilé ses disposiiions à notre égard, en donnant ordre au consul américain de quitter ses états ; il manifesta en même temps de nouvelles prétentions, et menaça notre gouvernement d'une guerre, en cas que ses propositions fussent rejetées.
Le 10 juin 1801 , le èey de Tripoli déclara la guerre aux Etats-Unis , et dans le même mois ses corsaires prirent cinq de nos vaisseaux marchands. Notre gouvernement donna ordre aux commandants de nos vaisseaux de guerre de proléger nos citoyens et notie commerce, contre les barbaresques j mais les instructions n'autorisaient point !a prise des. vaisseaux ennemis,
En août ï8oi, le schooner Y Entreprise ^ de douze canons, et ayant un équipage de quatre vingt -dix hommes , engagea un combat contre un corsaire tripolilain , devant Malte ; l'ennemi avait quatorze canons, et quatre-vingt-cinq hommes. Après que la lutte eut duré deux heures, le Tripolilain baissa pavillon, mais quelques instants après il recommença l'attaque. 11 répéta à trois reprises la même manœuvre. Enfin il jeta son pavillon à la mer , comme preuve qu'il n'agirait plus en traître j il avait eu cinquante hommes tués ou blessés , Y Entreprise ne perdit pas un seul homme. Le brave officier Herret fit enlever les canons du corsaire, et lui ordonna ensuite de se rendre à Tripoli.
En 1802, les commandants de nos vaisseaux armés furent autorisés à s'emparer de tous les vaisseaux et des effets appartenant au dey de Tripoli, ou de ses sujets , selon les lois de la guerre. ^
Les escadres croisant dans la Méditerranée y continuèrent leur station, en 1 802 , 1 8o3 et 1 8o4, et une partie de i8o5. Nos vaisseaux eurent plusieurs engagements avec ceux des ennemis , attaquèrent les forts et bloquèrent les ports des puissances barbaresques. Aucun combat n'eut lieu entre des escadres ou des vaisseaux séparés 3 néan-
DE LA MÂRiNE. 5;^
moins les opérations de notre flotte, forcèrent rennemi à signer la paix , en i8o5. Le nom de Preble devint fameux dans les campagnes contre les pirates africains ; ses talents et sa valeur furent la base de nos succès maritimes. Sous son commandement plusieurs des braves marins , qui maintenant sont l'honneur de notre flotte , reçurent les leçons qu'ils surent mettre en pratique depuis , en défendant l'honneur et Tindépendance de notre pays.
Nous sommes arrivés maintenant à la partie la plus intéressante de l'histoire militaire de notre flotte. Au i8 juin 1818, nous déclarâmes la guerre à la Grande - Bretagne. Notre marine encore dans son enfance , allait commencer une lutte avec la marine la plus formidable dont l'histoire fasse mention. Nous n'avions que sept frégates en état de service, deux autres qui ne valaient point les frais d'être réparées , et une qui était en réparation , une corvette , deux bricks et trois lougres , complétaient, avec quatre schooners, quatre bombardières, etcentsoixantedix barques canonnières , toute notre marine.
Selon la liste de Steel, dressée en 181 1, la flotte anglaise était composée des vaisseaux suivants :
Vaisseaux de ligne ^$^
Vaisseaux de cinquante et de quarante quatre
canous 35
Frégates 247
Sloops et yachts 196
Brûlots et bombardières i a
Bricks i83
Cutters 32
Barques canonnières , lougrcs , etc 83
Tôt Al.... , 1,043.
Sur ce nombre , il y avait en mer quatre - vingtseize vaisseaux de ligne, huit autres de cinquante et de quarante-quatre canons, cent et quarantetrois frégates, cent trois bricks et yachts, trois bombardières et brûlots, vingt-neuf cutters et quarante-huit barques canonnières. Dans les mers de l'Amérique, à Halifax, à Terre-Neuve, dans les Indes occidentales et dans TAmérique méridionale, les Anglais avaient sept vaisseaux de ligne, deux autres de cinquante et de quarante - quatre canons, vingt et une frégates et soixante et onze vaisseaux armés, faisant un total de cent et un vaisseaux anglais dans les mers de l'Amérique.
En ne considérant que la force relative des deux puissances, la défaite et la destruction de la marine des États-Unis, semblaient inévitables. Le gouvernement et le peuple anglais étaient cour vaincus de notre failUesse, Un des principaux
DE LA MARINE. Syg
membres de l'opposition , M. Brougbam assura même dans la chambre des communes, qiic : « les vaisseaux réunis de l'Amérique ne pour- « raient se mesurer contre un brick anglais. * Deux mois après que ce discours fut tenu, l'événement prouva combien l'opinion de M. Brougbam était erronnée et peu fondée.
Le 19 août 181 2, un combat eut lieu entre une frégate américaine et une frégate anglaise, ïl fut réservé au brave et modeste capitaine Isaa Hull, de mettre le premier à l'épreuve la valeur et l'habileté des marins américains. Quels durent être ses doutes et son anxiété quand il s'aperçut que son adversaire était une frégate anglaise de, ^ la première classe L'honneur de sa nation et la bravoure de ses défenseurs lui étaient confiés^ soutenu par l'habileté, la valeur, et l'amour de soa pajs, ce héros prouva que la confiance de son gouvernement avait été bien placée. .-Vprès un engagement très-vif de quarante-cinq minutes, le capitaine Dacres, de la frégate anglaise la Guerrière , baissa pavillon devant la Constitution. La victoire remportée par nos marins fut aussi complète qu'elle aurait pu paraître douteuse auparavant. Telle fut la condition du vaisseau ennemi, qu on fut forcé de le couler bas ; il était impossible de le conduire dans un port. La Constitution
38o DE LA MARINÉ,
n'avait souffert que fort peu. Immédiatement après avoir pris possession de sa prise, notre frégate , sur l'annonce de l'apparition d'une voile , fut préparée à un nouveau combat. Nous ne devons pas seulement à cette victoire , la gloire acquise dans cette occasion, elle contribua aux succès remportés ensuite dans d'autres engagements.
Dans la suite de la guerre, l'ennemi augmenta ses forces dans nos mers, et les porta à cent soixante-quatre vaisseaux , dont vingt-un étaient vaisseaux de ligne. Diverses causes nous empêchèrent alors d'augmenter notre marine. En i8i4, elle n'était composée que de 53 vaisseaux dont trois vaisseaux de ligne. Mais sur ce nombre vingtsept seulement étaient en service effectif.
Il n entre point dans le cadre de cet ouvrage de retracer en détail tous les combats qui eurent lieu pendant la guerre. 11 suffit de dire que dans deux occasions seulement le pavillon des Etats-Unis fut abattu par une force à peu près égale. Neuf de nos vaisseaux qui furent pris par les Anglais , ne se rendirent qu'à des vaisseaux de ligne ou à des escadres 3 tandis que dans quatorze occ^ions notre pavillon triompha de forces généralement supérieures.
Mais quoique les combats de vaisseau à vaisseau eussent prouvé la supériorité de nos marins,
BE LA MARINE. 58i
néanmoins on craignit jusqu'au lO sept. i8i5, que le même succès ne nous acompagnât point dans les engagements d'escadre à escadre. Les brillantes victoires de Perry sur le lac d'Erie, et de Macdonough sur le lac Champiain, surpassèrent toute attente. Autant que nous sachions , les amiraux d'aucune autre nation n'ont obtenu un succès aussi complet que celui remporté par nos escadres dans ces deux combats. Nos forces étaient très-inférieures à celles de l'ennemi, et nous nous emparâmes de tous ceux de ses vaisseaux qui prirent part au combat. La dernière guerre à prouvé combien étaient extravagantes les prétentions de M. Brougham , et il a pu se convaincre que bien loin d'avoir besoin de tous nos vaisseaux pour résister à un brick anglais, une seule de nos frégates, portant cinquante-quatre canons, a pris deux vaisseaux anglais qui portaient cinquante six canons 5 les américains eurent seulement quinze hommes tués ou blessés , tandis que l'ennemi en eut cent vingt hors de combat.
Enfin nos victoires répétées confondirent les Anglais à un tel point, que l'amirauté et le parlement de la Grande-Bretagne se crurent obligés de créer une nouvelle classe de vaisseaux pour nous combattre.
Les batailles navales , qui signalèrent la der=»
58a DE LA MARINE.
nière guerre , fournissent une foule de preuves de l'adresse et de la rapidité dans les manœuvres qui distinguent nos marins; déjà ils étaient connus comme navigateurs hardis et expérimentés 5 maintenant leur réputation comme artilleurs est également établie. Dans l'engagement sur le lac Champlain, le vaisseau américain Saratoga , reçut cinquante-cinq coups de canon dans la carène tandis que le vaisseau anglais la Confiance, en reçut cent cinq. La supériorité de nos canonniers est prouvée par le nombre de tués et de blessés à bord des vaisseaux ennemis, et par l'état de ces vaisseaux après l'action. En diverses circonstances les bâtiments anglais coulèrent bas pendant le combat même ; le plus souvent ils avaient tant souffert qu'on ne put songer à les réparer , tandis que nos vaisseaux étaient en général, prêts à commencer un nouveau combat.
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Section m.
Du commandement j de l'équipage ^ et de La. paie des officiers et des marins de la fiottc des Etats- Unis,
Tous les vaisseaux au service jies ^tais-Unis > qui portent plus de vingt canons, sont cornîiiandés par des capitaines ; ceux qui portent jusqu'à dix -huit canons ;sont commandés par des maîtres ou par des lieutenants , selon l^ grandeur du vaisseau et selon les .règlements établis .par le président des Etats-Unis.
D'après le rapport fait en 1816 par le secrétaire, de la marine, nos vaisseaux de ligne ont un équipage de 656 homnies, les frégates en ont un de 4^0 homnies, et celui des bricks de première classe est de 184 hommes.
Les capitaines des vaisseaux qui portent plus de 52 canons, jouissent d'un ftaitement de 100 dollars par mois et de huit rations par jour. Ceux qui commandent des vaisseaux portant de 20 à 32 canons ont 76 dollars par mois et six rations par jour. Les traitements et les rations des officiers inférieurs sont en proportion de leurs grades.
^>84 DE LA MARIEE.
L'officier qui commande une flotté a toujoufô seize rations j>ar jour. Tout officier qui commande un escadre , ou qui est employé séparément atec son vaisseau, a toujours double ration. La paie accordée aux marins de la flotte nationale" est réglée d'après les gages que reçoivent ceux qui servent dans la marine marchande. En 1798, 1799, 1800 et 1801, la paie de nos marins était d'environ dix-sept dollars par mois; en i8q2 de quatorze dollars, et plus tard de dix dollars. En 181 0, la paie des marins s'éleva de nouveau à douze dollars, et en 181 5 elle fut de seize dollars par mois, pour les vieux marins, et de quatorze pour les matelots ordinaires. La paie des soldats du corps de la marine est f]xée à six doU. par mois.
Les prises faites par nos vaisseaux leur appartiennent, et la valeur en est partagée parmi l'équipage, si le vaisseau pris est de force égale ou supérieure au vaisseau qui s'en est emparé^ mais dans le cas contraire la moitié de la valeur de la prise appartient aux Etats-Unis. Vingt dollars sont accordés pour chaque homme que porte un vaisseau ennemi qui est coulé bas ou détruit par un vaisseau américain.
D'après les évaluations des dépenses pour les Vais^aux de difFcrenteforçe, ayant leurs équipages
EVALUA
(Après lapag. 384.)
des Etats-Unis , y compris
, (Aprisl.pag.384.)
EVALUATIONS de la paie et des rations des Officiers et des Marins dé la flotte des États-Unis, y compris ceux de la flotiille.
NOMBliE
■ So
NOMBRE
PAIE par
MONTANT NOMBRE par an. P" jour.
Dr.RiT.ONS
J'une r.ilion.
MONTANT II
OFFICIERS, MABINS ET MOtlSSES.
par an.
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Mail, os voiliers
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24,'ooo , 4.800 .3,500
36,5oo .02,930 26,280
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un.gS; So 4,562 5o 1,095 on
207,362 So 61,104 00
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Seconds mail, es
Seconds canon.iicrs
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Ceporauidc vaisseaul .
Marins Bpe,i„e„te .'.■.■.■.■,'.
Il II '
au complet, soumises au sénat ie 27 janvieri8i6, un vaisseau de 74 coûte annuellement, tant pour la solde des officiers et marins, les provisions , les objets d'entretien, etc., la somme de 189,740 dollars; un vaisseau de quarante-quatre, en coûte 154,210, et un vaisseau de vingt-deux canons, 69,162 dollars.
Le tableau ci -joint fait connaître le total des dépenses de notre marine nationale pour l'anué& 181 5,
ZSQ ^ DE LA MARÎNfi.
Section iv.
Observations générales sur la marine des États-Unis,
Peïtbant long-temps le peuple des États-Unis était oppose à nn grand établissement de marine. On croyait généralement que nos ressources pécuniaires ne nous permettaient point d'avoir une flotte considérable , et on supposait que le peuple ne se soumettrait point aux taxes nécessaires pour son entretien. Nos brillants succès, pendant la dernière guerre ont changé les idées a ce sujet, et ceux-là même qui autrefois s'opposaient à la formation d'une marine nationale, la considèrent maintenant comme un des moyens les plus essentiels pour notre défense. Ce qui a eu lieu dans la dernière guerre sur les bords du Chesapeak ne peut être oublié ; l'étendue de celte baie immense donna à l'ennemi les moyens de pénétrer avec ses vaisseaux dans l'intérieur des États-Unis. Nos villes furent ravagées et détruites, nos campagnes pillées, notre commerce intérieur même fut arrêté par un ennemi qui pénétrait sur tous les points et contre lequel notre armée ne pouvait agir tant
qu'il était sur s es vaisseaux. Ces souvenirs pénfl^les doivent nous engager à préparer en temps de paix tout ce qui peut nous garantir des maux que nous avons soufferts, faute de moyens de défense.
Les erreurs qui toujours sont commises dans le comnienceraent d'une vaste entreprise ont retardé l'accroissement dé notre marine. De grandes sommes ont été dilapidées j des provisions de bois de construction et d'objets de chantiers ont été perdues, des vaisseaux achetés de négociants ou d'entrepreneurs n'étaient point en état de servir et ont été vendus à grande perte. Ces abus sont connus et dorénavant on peut espérer qu'ils ne se renouvelleroul point. Déjà on a appris que les vaisseaux de première classe ne doivent point être faits ailleurs que sur les chantiers de la nation. Ceux qu'on a fait construire par contrat ont été tous de courte durée. La même remarque a été faite en Angleterre. Les vaisseaux de guerre construits sur les chantiers du gouvernement durent cvrdinairem-eut de douze à quinze ans, tandis que ceux qui sont livrés par des particuliers ne durent que neuf ou dix ans.
Nos ressources navales sont abondantes, mais leur conservation mérite toute notre attention. Les forêts des Etats-Unis ont fourni une quantité considérable de .bois .de. ciQnstj:uctlon pour
iiotre propre consommation, et un riche surplus pour l'exportation. Les chantiers de la Grande- Bretagne emploient beaucoup de bois importé des États-Unis. La térébenthine, la résine, la poix et le goudron sont chez nous des productions nationales. Plusieurs districts de notre vaste territoire peuvent fournir le chanvre; dans le Kentucky et dans lOhio, cette production est d'une excellente qualité et en grande abondance. Nos mines de fer sont trcs-considérables; des veines de cuivre ont été découvertes et nos mines de charbon sont inépuisables. Les constructei^rs de vaisseaux possèdent un talent qui leur est propre j quoiqu'ils n'aient point fait d'apprentissage chez l'étranger, ils ont déjà fourni des modèles qui ont été admirés et suivis en Europe. L'originalité du dessein et la hardiesse de lexécution ont caractérisé leurs travaux pendant la guerre de la révolution. « Malgré le préjugé général contre les vaisseaux de forme longue et étroite , les constructeurs américains adoptèrent cette forme alors rejeiée dans les autres pays, et dont cependant la supériorité a surtout été reconnue pour les vais-^ seaux légers et pour les corsaires » (i). Tous les arts mécaniques qui doivent contribuer à l'équi^ pement d'un vaisseau de guerre, sont pratiqués
(i) Chamocltj Histoire de V architecture iiai^ale.
DE LA MA?aNE. 589
dans nos ports de mer^ notre tonnage démontre que nos marins sont nombreux , et leur valeur a commandé les hommages de leurs ennemis même.
Déjà à l'époque de notre révolution , la capacité d'avoir une marine fut constatée aux Etats-Unis. Le i3 décembre 1775, le congrès ordonna que treize vaisseaux de guerre, dont dix frégates, seraient construits, et ces vaisseaux furent lancés dans l'année suivante.
Afin de rendre permanente l'augmentation de notre marine, il faut qu'elle soit graduelle^ vouloir la forcer, ce serait vouloir détruii'e notre marine. Un accroissement régulier et cansîant de nos flottes est dans la limite de nos ressources , et n'exige aucun secours de l'étranger. En 181 5, le secrétaire de la marine recommanda l'addition annuelle à notre flotte d'un vaisseau de 74, de deux de quarante-quatre canons chacun, et de deux bricks.
Il serait difficile de résoudre avec exactitude la question importante de savoir quelle force est nécessaire pour protéger notre cabotage et l'en-trée de nos ports. ïl est difficile d'évaluer les forces qu'on pourrait employer à nous attaquer. Notre éloignement des puissances européennes, l'étendue de notre littoral, les dangers qaoccasioîment les
Sgo DE LA MARINE.
vicissitudes de notre climat et ceux qui dépendent de la nature de nos côtes ; enfin la difficulté d'entretenir une flmte considérable à un si grand cloignement de ses ressources, sont des circonstances qui nous mettent en état de nous défendre avec une force très-inférieure à celle de la puissance qui nous attaquerait. En 1798, on croyait que douze vaisseaux de 74 , autant de frégates, et vingt ou trente vaisseaux plus petits, suffiraient probablement à nous maintenir en paix avec les nations de l'Europe , puisque notre situation géographique et nos moyens de nuire au commerce de nos ennemis, doivent suppléer à la faiblesse comparative de notre flotte. En 181 1 , le secrétaire de la marine exprima dans une lettre au congres la même opinion qui déjà avait été émise
Dans la su]pposition que cette force est réellement suffisante pour notre défense, les dépenses peuvent être estimées ainsi qu'il suit :
Douze vaisseaux de 74 > auront un total de. . . . 888 canons.
' vingt frégates , de 44 canons , id 880
dix bricks, de 20 canons , id 200
Grand total 1,968
Or l'évaluation des frais de construction et d'équi-
DE LA MARINE. 5gi
pement des vaisseaux de pierre des difFë rentes classes, et la dépense ailnuelle pour chaque vaisseau, a donné les résultats suivants :
FORCE
FRAIS
ÉVALUATION
DU