‹ Annales statistiques des États-UnisChapitre 39 sur 130 · I.i'niu"liiii ( KcnlurVv · texte numérisé non relu

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sol et au climat, furent les premières garanties an rang que ies Etats-Unis devaient tenir un jour parmi les nations commerçantes.

En ï 700 , la valeur totale des exportations de la Grande - Bretagne s'élevait à 7,621,055 livres sterling (i). En 1772, la valeur des exportations dumêmepajspour les colonies qui forment maintenant les États-Unis, s'élevait à 1,979,416 liv. sterling (s) , et formait ainsi le quart de S9n commerce d'exportation. A la première époque ^ la valeur des objets que les colonies recevaient de la métropole ne s'élevait qu'à 545,828 livres ster-ling (5) , et avait ainsi sextuplé en soixante-douze ans. Telle fut l'augmentation que le commerce de la Grande-Breragne obtint de ses relations avec un pays qui fut compris en i584 dans une patente accordée à sir Waker-Raleigh par la reine Elisabeth, sous la dénomination de « pays païens inconnus , non habités encore par des chrétiens , et pour la découverte desquels six ans lui étaient accordés (4)~ ^>

Malgré l'évidence des faits , il existe des écrivains qui se sont plus à présenter les Etats-Unis sous un faux jour depuis que leur indépendance

(i) Anderson, Histoire chroiioî&giefue de V origine du commerce.

{'ï)Id.,ib.

(3^ Id. , rh,

(4) id,,ib.

a été reconnue par TAiigleterre. Lord Sheffield est de ce nombre : il assure gravement tr que les Américains n'ont point d'intérèf à aller à Canton, puisqu'ils n'ont ni argent, ni objets d'échange a y envoyer (i). » En 1806 , treize vai-seaux amé* ricalns arrivèrent de Canton dans le port de Philadelphie seulement; ces vaisseaux portaient ensemble 4^227 tonneaux (2), et chacun d'eux était chargé d'une cargaison précieuse. Les négociants anglais les mieux instruits savent comme nous que depuis plusieurs années les Américains ont envoyé plus d'argent en Chine et vers le Bengale que n'a fait la Grande-Bretagne (5) Dans le commerce avec ces deux pays nous avons fait des progrès plus rapides que les nations européennes. En 1 747, les Anglais n'avaient que huit vaisseaux, et les Hollandais que six, employés dans le commerce avec la Chine. En 1 789, il y avait à Canton,

(i) Siieirieîd, Obsen^ations sur le commerce des Etats-Unis.

{1) Voy. les archives des douanes du port de Philadelphie. En i8i6, avant le mois d'octobre , 24 vaisseaux, appartenant tous an port de Philadelphie, étaient en voj^age au-delà du cap de Donne- Espcrance. En 1789, au 4 mai , il fut constate dans la chambre des représentants que 4; vaisseaux des États-Unis étaient en voyage au-delà de ce cap.

(3) « Les Américains envoient annuellement vers la Chine et le Bengale, ,1,000,000 de dollars espagnols, somme qui surpasse celle envoyée vers les mêmes pays par l'Angleterre.» Baring. Recherches sur les causes et les conséquences des ordres donnés en conseil, P^S- 9.9*

îoâ Dû COMMERCE,

trois bâtiments portugais , cinq hollandais , un français , un danois , quinze des Etats - Unis , vingt-un appartenant à la Compagnie des Indes- Orientales et quarante appartenant aux sujets anglais , demeurant aux Indes. ^

Les documents imprimés en 1812 par ordre des directeurs de la compagnie des Indes-Orientales, prouvent quelle extension nous avons déjà donnée à notre commerce avec les Indes. D'après ces papiers nos importations dans ce pays se sont élevées en six ans, depuis 1802 jusqu'en 1808, à la somme de /^,5^5fi62 1. s. en argent, et nos exportations du même pays à celle de 4î8o5,285 livres sterling. Pendant les mêmes années , là compagnie des Indes-Orientales, les officiers des vaisseaux de la compagnie et les particuliers an^ glais ont importé anx Indes la valeur de 6,645,965 1. s. en argent, ou i,^']/^2fiS2 liv. sierl. de plus que les Américains. Les exportations de la Grande- Bretagne pour l'înde ne surpassent que d'un tiers celles des États - Unis. L'expérience prouvera que les autres prédictions de lord Slieffield ont été également trompeuses : si cet auteur avait su juger notre situation dans ses rapports avec le continent, les Indes-Occidentalps et l'Amérique du sud ; s'il avait aperçu l'élendue et la nature de nos chantiers, et l'abondance clé tous les objeis

DU COMx^lERCE. 109

nécessaires pour la (orislr action et réqiiipement des vaisseaux, l'habilelé de nos constructeurs, l'intrépidité de nos marins et l'esprit d'entreprise de nos négociants , il aurait non-seulement évité les erreurs qu'il a cherché à propager, mais il aurait reconnu que notre climat , notre sol et nos productions nous rendent entièrement indépendants des autres pays. La facilité de commercer avec toutes les parties du globe invita de bonne heure les Américains à étendre leurs relations, dont fa métropole depuis long- temps témoigna sa désapprobation. Déjà en 1670 , l'Angleterre se montra jalouse de la navigation et des pêcheries delalS'ouvelle-Angleterre (i).

Pendant la guerre de la révolution notre commerce était suspendu ; après la paix de 1783 il resta long- temps dans un état de langueur j il avait à surmonter des obstacles de toute nature j les nations étrangères conservaient de la jalousie contre ces états; dans l'intéiieur une rivalité fatale régnait parmi les différents membres de la confédération , et faisait reculer la prospérité de la nation. Chacune des treize souverainetés indépendantes, recherchait son intérêt immédiat, sans penser à l'intérêt général; quelques états déclarèrent que le commerce avec eux était libre pour

(i) M*cpher&oii, pag. 554»

tout le monde, et ceux-là évitèrent de mettre des droits d'importation sur les marchandises qui y étaient sujettes dans les autres états.Afin de trouver des fonds pour amortir la dette et pour payer l'arriéré dû aux défenseurs de notre indépendance, on proposa au congrès , pendant le travail sur les articles de la confédération, de mettre une taxe de cinq pour cent sur les marchandises étrangères importées aux Etats-Unis j l'opposition de l'état de Rhode-Island suffit pour déjouer ce projet (i). Lorsque la Pennsylvanie imposa les marchandises étrangères , le New- Jersey, également arrosé par la rivière Delaware, admit les mêmes articles libres de tout impôt; il était facile alors de les introduire par contrebande d'un état dans un autre. Les différents étals imposèrent d'une manière différente le tonnage étranger : dans quelques-uns, un droit d'un shil. sterling fut mis sur chaque tonneau, dans d'autres ce droit était triple. Telle était la mésintelligence parmi les différents étals ^ il n'existait point de règlements généraux pour le commerce , et le congrès ne pouvait en mettre en vigueur, à moins qu'ils ne fussent adoptés par tous les membres de la confédération ; l'opposition d'un seul état empêchait tout acte sur ce% objet de passer.

(i) Actes du congrès, i8 ayril lySS.

DU COMMERCE li?

D'autres nations se inontrcrcni disposées à profiler de ces embarras domestiques. Lorsque la guerre d'indépendance fut terminée , la Grande- Bretagne ne fut point le seul pays qui se montra hostile à notre prospérité commerciale; la France et l'Espagne se montrèrent également jalouses de nous. Ces peuples nous considéraient comme un rival doué des moyens et du désir de leur disputer les bénéfices provenant d'une navigation étendue. Notre commerce avec ces étals fut placé sous des restrictions ; nos relations avec eux fu* rent étendues selon la mesure d^ leurs intérêts. La France et l'Espagne n'ont admis dans leurs ports des Indes -Occidentales que les marchandises de première nécessité pour leurs colonies; ces restrictions ont été renouvelées dernièrement dans toute leur rigueur.

Immédiatement après la paix, en 1785, les Etats-Unis ofîrirent d'entrer dans des traités de commerce avec la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne et le Portugal; nos ouvertures furent rejetées par toutes ces puissances sous différents prétextes.

Entourés ainsi de diflScultés de tous genres, nos concitoyens les plus éclairés sentirent le devoir de remédier an plutôt à ceux de nos'^iaux qui ne venaient que de nous-mêmes. Il était évi»

dent que des règlements généraux étaient essen» tiellement nécessaires pour le bien-être et l'existence même des Etats-Unis II était absolument nécessaire que le congrès seul fût investi du pouvoir de régler et contrôler nos relations avec l'étranger 5 ce fut cette conviction qui fit convoquer par le peuple la convention pour la révision des articles de la confédération.

Depuis cette révision, la constitution des Etats- Unis accorde au congrès le pouvoir :

« De régler le commerce avec les nations étrangères, entre les différents états et avec les tribus indiennes. »

•c Néanmoins aucun droit ni impôt ne sera perçu sur des articles exportés d'un état de l'Union; aucune préférence ne sera donnée par des règlements de commerce ou de revenu aux ports d'un état sur ceux des autres; les vaisseaux sortis des ports d'un état ou destinés pour ces ports ne peuvent être forcés d'entrer dans un autre , et d'j payer des droits quelconques. »

« Aucun état ne pourra, sans le consentement du congrès, établir des impôts ou des droits sur les importations ou exportations, qu'autant qu'il est absolument nécessaire pour l'exécutioii de ses lois d'inspection; le produit net de tous les droits ou impôts établis par un état sur les importations

DU COMMERCE. u3

ou exportations sera versé dans la trésorerie des Etats-Unis, et toute loi sur ce sujet devra cire soumise à la révision du congrès. »

L'adoption de notre constitution actuelle , en nous ^donnant le caractère d'une nation , assura en même temps notre tranquillité domestique et nous ouvrit la route pour des relations amicales avec les puissances étrangères; cette mesure fut suivie dans l'intérieur d'une prospérité générale; au dehors, elle nous acquit le respect de l'étranger. Peu de temps après la mise en activité de notre nouvelle forme de gouvernement , le secrétaire d'état proposa un système de politique fort libéral, par rapport à nos relations commerciales avec les autres peuples. Ses vues furent développées dans un rapport , fait en réponse à une résolution de la chambre des représentants, du 25 février 1791. Le système de la liberté du commerce avec toutes les nations fut défendu avec force ; le secrétaire d'état s'exprima ainsi sur ce sujet : « Au lieu d'embarrasser le commerce gous le fardeau des lois réglementaires , des droits et des prohibitions, on devrait dans tout le monde détruire toutes ces entraves. Si une seule nation voulait introduire avec les États - Unis le système de la liberté du commerce, il serait de notre in-^ térêt de l'embrasser à l'instant même. »

ïi4 DU GOMxMERGE,

Indépendamment du caractère politique acquis par l'adoption de notre constitution, les évéments qui eurent lieu en Europe ouvrirent un champ aussi nouveau que vaste à nos entreprises commerciales. La plus mémorable des révolutions avait commencé en France, en j 78g ; les guerres, auxquelles elle donna lieu , créèrent des demandes pour nos exportations ^et invitèrent nos navigateurs au commerce. 4^ ggibolage pour une grande partie de l'Eurppfe : nQ;^?-seulement nous transportions les productions coloniales aux métropoles, mais nous en fumes aussi les acheteurs dans les colonies Françaises, Hollandaises et Espagnoles. Une nouvelle ère s'ouvrit pour notre histoire commerciale j les indiyid^s qui prirent part à ces avantages furent en granc^ nombre j le catalogue de nos négociants se grossit bien au-delà de ce que notre population pouvait faire supposer. Un grand nombre de pçr§pnnes qui^ avaient gagné de petits capitaux par des èutrçpj;is es mécaniques , devinrent les spéçulatei\rs les plus aventureux (i). L'esprit prédominant à cette, époque a déterminé

(i)!!^bùs li'av^ns^ôïnt <}e<léSi^k|nfè'S''à^^ commerce dans notre république. Les occupatiôusrsont Kdires et personne n'est exclu de Peittreprise qiii lulpiromet des c^y|^î;,ages. Les étrangers jouissent des mêmes privilèges commerciaux que les citoyens des Etats- Unis ; seulement îh nV^eufent -^trê propriétaires da vaisseaux américains, . .>\.^C''S->n .

bu COMMERGEi iiS

d'une manière puissante, le caractère de la généi-ation naissante. L'avenir brillant offert par le commerce fit négliger les branches mécaniques et manufacturières de l'industrie. Des Vues trompeuses, fondées sur des circonstances temporaires, nous éloignèrent pendant quelque temps de ces entreprises qui définitivement doivent constituer les ressources, la richesse et la puissance de la nation. Des profits passagers furent regardés comme des avantages permanents, et en effet ceux qui résultaient des expéditions pour l'étranger paraissaient tellement assurés, qu'on se livra au commerce comme à un artj toute la science que l'expérience avait fait considérer comme essentiellement nécessaire, fut abandonnée j la philosophie du commerce fut totalement négligée j la nature des productions étrangères ne fixa point l'attention des navigateurs américains j les demandes de l'Europe pour les marchandises étrangères, et surtout pour celles des Indes occidentales et de l'Amérique méridionale, assuraient à toutes les cargaisons une prompte vente à grand bénéfice. Ceux qui hasardaient le plus gagnaient le plus, et cela sans aucune connaissance des principes qui gouvernent le commerce dans des circonstances ordinaires. Personne ne &e borna il une seule branche de négoce; le même indi-*

u5 BU COMMRECK

yidu était intéressé dans des voyages vers TAsie, rAmérique méridionale, les Ind^s occidentales et l'Europe. Notre tonnage s'accrut avec les exportations; npiis paraissions avoir atteint le commet de la prospérité humaine ; en proportion de notre population nous formions la nation la plus commerçante et, sous le rapport de la valeur, notre commerce n'était siu'passé que par celui de la Grande-Bretagne.

JXos ressources pécuniaires augmentèrent par nos relations étendues avec les autres peuples, et en même temps elles nous firent connaître leur^ coutumes, leurs sciences, leurs arts, leurs res-^ sources, leur richesse et leur puissance. Nous les imitâmes en ce qui était utile et adapté à notre position; des améliorations durables se firent dans tous, les États -Unis. Les capitaux accumulés de nos ncgocians leur donnèrent les moyens d'exploiter de nouvelles sources de richesses. Nos villes furent embellies et agrandies, notre agricul^ lure fut perfectionnée, notre population s'augmenta et notre dette fut réduite ; ks marchands long-temps absents s'étonnaient, lors de leur retour des expéditions lointaines, des changements qui s'étaient opérés si soudainement; ceux qui possédaient peu d'expérience regardaient ces avantages nouyellemenl acquis comme des points de droit?

JbU C031MERCE. ,,7

qui ne pouvaient changer. Ils ne considéraient point qu'il pouvait arriver une époque de paix générale, et qu'alors chaque nation ferait son commerce et transporterait ses propres productions ; quf; Hécessairement alors des différences seraient établies en faveutu du îïîMinage domestique, que le commerce étranger serait limité à un certain nombre d'articles, et que par tous ces changements une grande prudence deviendrait nécessaire dans nos entreprises commerciales.

Les subsistance , que jusqu'à ce jour nous avons exportées -vferse les pays étrangers, peuvent cesser de leur être nécessaires. Un grand nombre de bras, armés encore dernièrement en Europe pour la défense ou pour la conquête, seront rendus à l'agriculture j les peuples du continent auront bientôt un surplus de subsistances à exporter, puisque des milliers de consommateurs redeviendront des producteurs utiles; la destruction qui accompagne la marche des armées, au lieu de s'accroitre, sera réparée par la paix. Notre système commercial doit donc changer j nous devons encourager davantage l'industrie et le commerce intérieur, à moins de nous exposer à des grands embarras. Au lieu de nous flatter du retour de la. pr5)spérité de notre navigation produite par la guerre générale en Europe,

ii8 DD COMMERCÉ.

nous devons chercher à agrandir nos marchés , et reprendre dans l'époque écoulée depuis 1783 jusqu'en 1791, les règles qui paraissent le mieux adaptées à notre situation.

Une vérité qu'aitcuue nation ne devrait perdre de vue, est que le commerce intérieur est le plus productif de tous et enrichit plus que celui avec l'étranger , le pays qui le perfectionne et le facilite par des établissements utiles. 11 est d'ailleurs in-^ dépendant des puissances du dehors , et nous avons déjà éprouvé que l'autre ne l'est nullement. L'Eu^ rope ne vit point sans jalousie l'accroissement de notre prospérité commerciale, elle s'aperçut que la plus jeune des nations civilisées avançait trop rapidement. Notre liberté et l'esprit de nos institutions civiles ne s'accordaient point avec les vues et la politique des vieilles monarchies du con* tinent 5 on résolut d'arrêter nos progrès et de neutraliser l'influence que nous paraissions devoir prendre parmi les nations. Les puissances de l'Europe, qui, à ctjtte époque ^ étaient embarrassées, irritées et en guejrre,njB voulurent point nous permettre de nous agrandir tranquillement; elles impcsevent des restrictions nombreuses et vexa^ toires à notre commerce étranger, qui nous for-^ çèrent enfin à renoncera la neutralité. La Grande- Bretagne vit avec inquiéliide que son ancienne

DU COMMERCE. n^

colonie était (Iweiuie sa rivale la plus dangereuse, et elle commença à craindre que son commerce du dehors ne souffrît de son rapide accroissement. Elle se proposa de profiter de la guerre qu'elle avait déclarée à la France poui* opérer en même temps notre ruine : ses intentions hostiles se déclarèrent bientôt sous la forme de blocus, d'interdictions nombreuses et d'ordres du conseil; ell^ tenta même de nous rendre ses tributaires, en exigeant de nous un impôt de transit énorme pour nos productions, quand elles étaient transportées vers les ports d'autres nations, La France et l'Espagne adoptèrent bientôt des procédés égçilement hostiles, sous le nom d'arrêtés, de contre-ordres et de décrets, qu'elles disaient fondés sur le principe du talion; finalement nous eûmes le choix d'abandonner l'Océan ou de prendre part à la guerre.

Le gouvernenient des Etats-Unis a été de tout temps porté à conserver la paix avec toutes les nations : ce fut dans cette vue qu'il eut recours à une mesure qui entraîna le plus grand des sacrifices. Le 22 décembre 1807, un embargo fut mis sur tous les vaisseaux dans les ports et rades des États-Unis. Cet acte' resta en vigueur jusqu'au i^rniars i8og. Au moment où nôtre commerce avec l'étranger avaii atteint son plus haut degré

iâO Î)V COMMERCE.

d'activité , il fut suspeadii eiilièrement. Cette transition se fit sentir d'autant plus sévèrement qu'elle était soudaine, et que de tout temps le commerce étranger avait formé une des branches principales de notre industrie. La cause même qui avait si fortement contribué à notre prospérité, nous menaça pendant quelque temps de notre ruine et de notre .appauvrissement. Ce que l'Angieterre avait désiré semblait s'accom-^ plir. Notre commerce d'exportation, après avoir j de 1790 jusqu'en 1806, acquis une augmentation de 89,551,109 dollars, fut réduit, en 1807, à 22,450,960 doll, faisantseulement i ,677,862 dolL de plus qu'en 1791, seconde année de i'organisatioitde notre gouvernement actuel.

Les mesures adoptées par l'Angleterre pour empêcl^er tout commerce des puissances neutres avec celles auxquelles elle faisait la guerre , sont en grand nombre; toutes étaient vexacoires et iniques, mais de cette nature furent surtout les ordres du conseil du 11 novembre 1807, par lesquels tous vaisseaux appartenant à des nations neutres ou même alliées de l'Angleterre étaient soumis non-seulement à être visités par les croi-seurs anglais , mais aussi à être conduits et retenus dans les ports de la Grande-Bretagne, et à voir leurs cargaisons imposées arbitrairement»

DU COMMERCE. I2t

La France répondit par des mesures semblables à celles de son ennemie. Le décret du 21 novembre 1806 , dit décret de Berlin, et celui du 1 7 décembre 1807, daté de Milan , suivis de ceux de Bajonne, du 1 7 avril 1808, et de Rambouiliet, du 25 ma' s 1810, qui ordonnaient la saisie de tous les vaisseaux américains dans les ports de France, d'Espagne et àe Naples^ arrêtèrent ce m* plètement notre navigation. * ' iji^^i^u.

Sous l'autorité de ces ordres et déctfetS 'hHèliles, nos vaisseaux et leurs riches can^aisons furent enlevés de l'Océan et conduits dans les ports des nations belligérantes. Généralement on les déclara de bonne prise; rarement ils furent relâchés. Les cargaisons rendues à leurs propriétaires le furent après de longs délais et des procès coûteux, qui, loin de leur laisser quelque avantage, leur firent éprouver de grandes pertes.

D'après une liste soumise au congres le 6 juillet 1812, les prises américaines faites par les Anglais, les Français, les Danois et les Napolitains, montaient au nombre de 1692 vaisseaux dont les deux tiers furent déclarés de bonne prise, dans un moment 011 nous étions en paix avec toutes les nations, où les représailles étaient défendues , et 011 nos vaisseaux marchands n'avaient pas même la permission de se défendre.

laâ DU COMMERCÉ.

Les tableaux (Jui accompagnent ce chapitre feront connaître là marche de nos exportations dans les années qui suivent 1809 quand notre commerce se releva de nouveau.

Section ii.

Des exportations des Etats-Unis,

Les exportations domestiques des États - Unis consistent principalement en matériaux bruts nécessaires aux nations manufacturières de l'Europe et en différents articles de subsistances.

C'est une fausse manière de juger la prospérité commerciale d'une nation d'après la valeur en argent des exportations. La ruine a souvent été le résultat d'un grand commerce d'exportation ; comme preuves de cette vérité nous pouvons citer les énormes banqueroutes arrivées en Angleterre, après qu'elle eut expédié un nombre immense de cargaisons précieuses vers l'ikmérique espagnole et portugaise. Une foule de nos citoyens sont encore accablés des pertes qui suivirent leurs expéditions peu prudentes dans le nord de l'Europe pendant la durée du système continenlaî.

BU COMMERCE. laS

La quantité des articles exportés sera bien plus propre à faire connaître l'intelligente industrie de notre population que ne ferait leur évaluation en argent ; les mêmes articles ont subi dans différentes années , une variation de vingt cinq pour cent dans ieur valeur. Les rapports des quantités de marchandises exportées sont envoyés tous les trois mois au département du trésor par les collecteurs des ports, l^es collecteurs joignent à ces ra[)porls les piix des objets dans les ports où ils sont employés , et les évaluations du trésor sont faites d'après la moyenne des prix dans les principaux ports des Etats-Unis. L'expérience ne nous a point prouvé que nos facultés d'exportation acquièrent une augmentation annuelle, proportionnée à celle de notre population. En général, quand les nations deviennent riches, leur activité dimimie, et elles con^ sument davantage; ainsi le résultat que nous offre noire patrie, ne doit ni nous affliger, ni nous étonner.

En 1790, la valeur totale des exportations fut dans la proportion de 4*^4 dollars pour chaque

habitant. r^' .->'7'^

En 1800, les produits nationaux exportés mon-' tèrent à 8.92 , les marchandisf s ét^^augères réex-

DU COMMERCE, portées à 8.76 dollars, et le total des exportations à 17.68 dollars par habitant.

En 1810, les exportations domestiques montèrent à 6.25 dollars, les marchandises étrangères réexportées k 2.21 dollars, et le total des exportations à 8.46 dollars par habitant.

Pendant l'année qui commença le i«r octobre 1806, et qui finit le 5o septembre 1807 , le commerce d'exportation arriva à son plus haut degré aux États-Unis, il fut de ib8,345,i5o dollars j si nous admettons que là population montait alors à 6,300,000 individus, le total des exportations fut de 17.19 dollars par individu.

Le tableau ci-joint fait connaître la valeur des exportations des produits nationaux et les sources de leur production pendant les dix aminées commencées le le^ octobre 1802 et finissant le 5o septembre 18 12. n:-J3'i<]mr v-n^nn

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000^000^0' Produits de la mer. ..*....

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10 ans.

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