‹ ANNALES UNIVERSITES DE BELGIQUEChapitre 175 sur 218 · DISCOURS DE M. DE LA VACHERIE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. DE LA VACHERIE

86 d*une manière satisfaisante, i<8 récipiendaires ne se sont pas présentés, 34 ont été ajournés, 1 a été rejeté.

Le rapport du gouvernement sur les résultats des examens subis les élèves de luniversité de Liège, pendant la deuxième session cette année, ne m'est pas encore parvenu. L'école des arts et manufactures et des mines s'est maintenue au i^ang distingué qu'elle a pris dès les premiers jours de son organisai tien.

Les résultats des examens de passade et de sortie ont justifié les ^^spérances que les travaux de Tannée avaient fait concevoir. Neuf élèves ont obtenu le diplôme d'ingénieur civil, un avec la plus grande distinction, et trois avec distinction.

Les élèves ingénieurs des mines qui se sont présentés devant le Jury d'examen pour l'obtention du grade d'aspirant des mines ou du t^itrede sous-ingénieur des mines, ont subi leurs épreuves avec succès Je ne puis , messieurs , terminer le chapitre des examens , sans i^îre une mention spéciale de M. Âloys de Closset, de Liège, jeune ciocteur en droit sorti de notre université, qui, après avoir couronné ^cs études par de brillants succès devant les jurys de Bruxelles, a v^eçu de la faculté de droit, dans le mois de décembre dernier, le cliplôme de docteur en droit administratif avec la plus grande distinction. On sait que, depuis, le gouvernement lui a décerné les fonctions de commis de première classe au Département de la Justice ^division des cultes), à la suite d'un concours qui a eu lieu à Bruxelles et dans lequel il a fait le plus grand honneur aux excellents mattres qui Tout formé.

Deux de nos élèves ont pris part au concours universitaire de cette année, et tous deux ont été proclamés premiers : Tun en philosophie, M. Léon de Closset, de Liège, frère de celui que je viens de citer, Tautreen sciences mathématiques et physiques, M. Emile Bède, de Verviers.

J'ai assisté naguère à la belle cérémonie dans laquelle nos jeunes vainqueurs ont reçu des mains de M. le Ministre de l'Intérieur la

G1 8 RBMISB DU RECTORAT A L*CJN1VERSITÉ DB LliCB.

palme qu ils avaient si bien méritée. Vous 1 avouerai-je, mesBÎeurs, au milieu des joyeuses acclamations qui saluaient leur passage , je comptais avec une sorte de fierté les nombreux hommes marquants dont l'université de Liège a doté le pays et qui, des postes éminents où ils se sont élevés par leur patriotisme et leurs talents, jettent sur elle un si vif éclat.

Cette solennité dont nos jeunes lauréats faisaient, nous pouvons le dire, le principal ornement, ma profondément touché, et sera un des plus agréables souvenirs de mon rectorat. Puisse-t-elle, Tann prochaine, se renouveler avec autant de bonheur pour le dign collègue qui va me succéder ! puisse-t-elle aussi lui procurer d auss' douces émotions !

Un enseignement normal pour la section des humanités a et» institué près de luniversité de Liège par arrêté du 3 novembre 184 Cette faveur du gouvernement sera, nous osons Tespérer, un nouv élément de prospérité pour notre faculté de philosophie et lettre Permettons-nous aussi d en tirer un heureux présage de la prochai organisation de renseignement moyen, dont Turgente nécess préoccupe si vivement les vrais amis de Vinstruction et sans laque- "M/^ renseignement supérieur ne donnera jamais que des résultats inco ^jj^ plets, quels que puissent être le mérite et le zèle des hommes qui ca sont chargés.

Bien que les pénibles travaux de renseignement et les étacfe» incessantes qu il impose laissent au professeur de bien rares loisirsi consacrer k des distractions souvent si nécessaires à sa santé, plusiew de mes honorables collègues revendiquent leur part dans la liste des publications dont la Belgique s est enrichie cette année. Ce sont :

Dans la faculté de philosophie et lettres, MM. Lesbroussart, BorgnetetWurth.

Dans la faculté de droit, M. Nypels.

Dans la faculté des sciences, MM. Gloesener, Noël, Morreo, Dumont, de Koninck, de Cuyper, Chandelon, Trasenster, Fossion, Isidore Kupfferschlaeger et Eugène Gauthy.

Dans la faculté de médecine, MM. Lombard, Ansiaux, Simon et de Lavacherie.

BISCOIRS DE M. DE LA VACHERIE. Cl 9

^insique nous en étions tous convaincus, messieurs, la promesse gix^iine bouche éloquente nous avait faite, Tan passé, aux acclamations ur^CÉDimes du pays, na pas été illusoire : elles sont tombées les pt^aériles entraves qui si longtemps paralysèrent le corps professoral, ce à l'arrêté royal du 9 novembre 1847, pour pouvoir nous nir et délibérer, nous n avons plus à subir la condition humiliante Tautorisation préalable. Appréciant ce beau témoignage de la fiance du gouvernement , le conseil académique a profité de la rté qui lui était rendue, pour se livrer à 1 étude des utiles moditiens dont la loi actuelle sur l'enseignement supérieur pourrait \ susceptible. Les travaux des commissions chargées par lui de amen de cette question si importante ont été, dans* son sein, ■ ^^ÏDJet de longues et sévères discussions, et il a été adressé un port au gouvernement, qui pourra peut-être y puiser des données es, lors de la révision de la loi de 1 835, dont la législature aura ^ ^'occuper plus tard.

Le conseil académique a aussi porté ses vues sur quelques améliorations matérielles dont le besoin se fait sentir depuis plusieurs ^t^nées : il ose à cet égard compter sur la sollicitude de nos magistrats pour un établissement dont la prospérité leur est chère, et dont ils apprécient la haute importance pour la ville.

Je ne puis trop me féliciter, messieurs, d'être arrivé au terme de mon rectorat sans avoir dû rouvrir notre fatal nécrologe, qui, dans ces dernières années, s'est couvert de tant de noms précieux à notre amitié non moins qu'à la science et à l'enseignement. Mais si nous sommes assez "heureux pour n'avoir eu à pleurer sur la tombe d'aucun des nôtres, il est toutefois des pertes bien sensibles que l'université a faites et dont je ne puis m'empêcher de vous entretenir quelques instants, parce qu'elles laissent dans nos âmes, sinon, comme la mort, an poignant et douloureux souvenir, du moins une impression vive et durable de regret. Vos cœurs, messieurs, ont déjà deviné sans doute que je veux parler de la retraite de nos anciens collègues, MM. Destriveaux, Lesbroussart et Fûss.

M. Destriveaux, déclaré professeur émérite par arrêté du 28 septembre 1 847, est allé, dès le mois de novembre suivant, prendre sa

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place parmi ceux des membres de notre représentation nationale qui se distinguent par leur courage autant que par leurs talents, et dont la plupart s honorent de lavoir eu pour maître. Ainsi, pour prix de trente années de sa vie si laborieusement usées à éclairer ses concitoyens, Imfatigable professeur n acquiert le droit de se reposer que pour en faire aussitôt le généreux sacrifice à son pays.

M. Lesbroussart, ce vénérable doyen des littérateurs belges, cet écrivain si plein de verve et de goût, dont on ne se lasse pas de lire les productions si originales, a été admis à Téméritat par arrêté du 22 août dernier. Il va chercher dans la retraite un repos que --^ réclamait impérieusement sa santé altérée par ses longs rt hnnrrmhlr — n services. Nous n'oublierons jamais ces dignes amis, ces aimablegg^L conteurs (permettez-moi le terme) , qui firent si longtemps les délice^^ de nos causeries intimes et dont tant de fois la parole mâle et élo — quente fit palpiter nos cœurs dans cette enceinte.

Gomme M. Destriveaux, M. Fùss a accompli à notre université les trente années de service académique prescrites par la loi pour rémérita t, qui lui a été accordé par arrêté du 1 1 du mois précédeot. Vous savez, messieurs, avec quel bonheur ce digne émule des Van de Walle, des de Hossche, des Becan, fit revivre pour nous la ^

muse de lltalie antique; vous savez dans quelle intimité, si je puis ^ le dire, il vécut avec tous ces grands classiques de Rome et d'Athènes, ^ '

qui seront éternellement les pères du vrai et du beau. Et cependant, ^ ^ messieurs, qui de nous na souvent admiré la modestie charmante ^>^ du savant philologue et la simplicité de ses manières si naïves, que ^m son rare talent, dont la renommée était partout, semblait être un mwmï secret pour lui seul.

Oui, jaime à le répéter, messieurs, et je crois être ici le fidèles:^ ^./^ interprète du corps professoral tout entier, la retraite de ces cberft'-v«|^ collègues laisse dans nos cœurs des regrets vifs et durables. Poissent,^^ ^f. ils jouir d une longue et heureuse vieillesse 1 puissent-ils pendant de nombreuses années, venir quelquefois reprendre le place accoutumée dans nos séances.

Le gouvernement a pourvu aux chaires qu ils ont laissées vacantes». Le cours des antiquités romaines, que faisait M. Fùss, a été oofifi^^j

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yi. Bui^raiï, dont le mérite est apprécié par tous ses collègues. jM. Destriveaux a été d'abord remplacé par M. Thiry, pour le cours d^histoire politique moderne, et par M. Macors, pour celui de droit jpublic; ces deux cours viennent détre réunis dans les mains de JM. Macors, à la suite d'une combinaison qui utilise M. Thiry dans uine autre partie très-importante de renseignement universitaire.

Déjà ces deux jeunes professeurs ont donné des preuves d aptitude ^t de talent qui inspirent les plus belles espérances. La littérature française et Ihistoire des littératures modernes, que M. Lesbroussart professait avec tant de distinction, sont confiées à M. Sainte-Beuve, vnembre de TAcadémie française, qui, par arrêté du 7 septembre dernier, a été nommé professeur ordinaire à la faculté de philosophie ^t lettres. Ce nouveau collègue arrive précédé d'une brillante réputation littéraire, qui, pour nous, est un gage certain des services €qu*il rendra à l'enseignement.

Le gouvernement a depuis, par arrêtés du 22 septembre, élevé 8U grade de professeur extraordinaire MM. Loomans et Macors, et à «jelui de professeur ordinaire MM. Kupiïerschiaeger et Simon. Nous applaudissons cordialement à ces promotions, qui sont, pour les uns, un encouragement que justifient leurs débuts dans la carrière de l'enseignement, et, pour les autres, la récompense bien légitime d'un zèle et d*un talent éprouvés par de longues années de service. Nous avons à regretter trois élèves que la mort nous a enlevés pendant le cours de cette année. Le premier, Jean-rJoseph Van Herkenrode, deTongres, de la candidature en médecine, a succombé à une maladie de poitrine, peu de temps après l'ouverture des cours. Le deuxième, le baron Emile Pycke de Peteghem, de la candidature en droit, est mort subitement au sein de sa famille, dans les premiers jours des vacances d'automne. Ces deux élèves se faisaient particulièrement remarquer par leur excellente conduite et leurs goûts studieux. Le troisième, Joseph Fisse, de Meersen, remplissait les fonctions d'élève interne à l'hôpital de Bavière. 11 venait de recevoir, avec grande distinction, les diplômes de docteur en médecine et de docteur en accouchements, et il allait enfin recueillir les fruits de neuf années de travail pénible, lorsque la mort est venue le frapper

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