‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 15 sur 315 · Le petit enfant guéri par saint Joseph · texte numérisé non relu

Le petit enfant guéri par saint Joseph

On nous écrit de la Ciotat :

« Un enfant, nommé Lucien Chevalier, âgé de cinq ans et demi, se trouvait atteint de la triste maladie du croup. Je le visitais depuis quelques jours et je voyais avec peine les progrès incessants de ce mal terrible. Attaché à ce petit enfant, élève du collège où j'étais employé, je me tenais matin et soir au courant de son état. Le 9 juin, il fut désespérant; je vis le malade à onze heures; une famille en larmes l'entourait et je ne me sentais pas la force de donner à ses parents un espoir que je n'avais pas. A trois heures après-midi, on vient me chercher à la hâte pour lui faire quelques prières; j'obéis et retournai le cœur serré à la vue des souffrances de ce petit ange. Vers les six heures, on revient me chercher en me disant que je n'aurai peut-être pas le temps de le revoir en vie. Je me hâte... mais je retourne sur mes pas; une idée m'est venue... il faut prendre une médaille de saint Joseph ; il est si puissant ; il connaît ma grande confiance en lui. Je suis cette inspiration ; j'entre dans la chambre de' l'enfant; je donne à sa tante la médaille de saint Joseph en la priant de la suspendre au cou du malade et en lui disant : « Voilà son dernier médecin . » Celle-ci

se précipite à genoux devant la sainte image et reste quelque temps répandant des larmes et des prières. Elle se lève et suspend la médaille au cou de son neveu. Celui-ci s'efforçait de parler; mais on ne pouvait pas l'entendre. Je récite sur lui les saints Evangiles et fait dire à tous un Pater et un Ave en l'honneur de saint Joseph. Je pars et en sortant je dis à ce grand Saint : Si vous sauvez cet enfant, je m'engage à faire porter par la famille un ex-voto à votre autel et à inspirer à votre protégé une grande dévotion envers vous. Je rentre chez moi calme, tranquille.

» On ne l'était pas auprès du malade, le mal empirait; l'enfant étouffait ; au milieu de la nuit, on s'aperçoit qu'il remue les lèvres, on s'approche ; on l'écoute et avec beaucoup de peine on distingue ces paroles : « Faitesvous ce que M. l'abbé X. a dit? — Et qu'a-t-il dit? i L'enfant remue les lèvres, mais on ne le comprend pas. On ajoute :a A-t-il dit de prier saint Joseph?... Est-ce ce que tu veux dire?... » L'enfant avec une certaine force et un certain empressement incline la tôte; il a dit « oui. » On prie comme en effet je l'avais recommandé, et au râle de la mort succède un rapide sommeil. L'enfant respire toujours, on continue de prier. 11 se réveille, il est mieux, il parle. Les larmes cessent de couler et l'on remercie saint Joseph. Le médecin vient de très-bon matin ; il est étonné de ce qu'il voit. Ma visite suit de près la sienne; je trouve la joie sur tous les visages; mon petite Lucien s'amusait assis sur son lit avec des jouets qu'il avait demandés. Le lendemain l'enfant se lève, vient au-devant de moi et me dit qu'il aime bien saint Joseph. N'avait-il pas raison?

» Depuis, l'enfant revêtu de bleu et portant une grande médaille de son protecteur, est connu dans le pays sous

ce nom :« Le petit guéri par saint Joseph. » Il l'aime toujours, et le dimanche à la messe il aime à se placer sous Yex-voto que ses parents ont suspendu à côté de l'autel du nourricier de Jésus enfant.

» Voilà simplement et pour la plus grande gloire de saint Joseph ce que vérité et la reconnaissance m'obligaient de raconter.

» L'abbé X..., prêtre. »

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