‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 216 sur 315 · Guérison due à saint Joseph · texte numérisé non relu

Guérison due à saint Joseph

Une sœur de Saint-Joseph de l'Apparition envoie de Tunis (Afrique) le récit suivant de la guérison obtenue par l'intercession de saint Joseph.

Gloire et amour à notre père saint Joseph, dont je viens de ressentir la toute- puissante protection !

Au mois de février, je fus prise d'un rhumatisme aigu. Le mal se porta d'abord à la jambe gauche, puis il gagna une partie de mes membres; à la fin, il s'étendit à tout mon corps depuis les pieds jusqu'à la têie. Je souffrais des douleurs atroces : aucun remède ne me soulageait; je pensai qu'il fallait m'adresser au ciel si je voulais guérir. C'est ce que je fis : je n'ai eu qu'à m'en féliciter.

Mes compagnes s'unissent à moi pour demander ma guérison, ou du moins mon soulagement. Nous adressâmes nos prières à la sainte Famille ; je n'en ressentis

pas d'effet sensible. Ah ! ce n'était pas la sainte Famille qui devait me rendre la santé, mais son auguste chef tout seul, ie hien-aimé saint Joseph.

Le 15 mars, je commençai une neuvainc en son honneur. Le dernier jour, toute douleur vive cessa. Je n'étais pas cependant parfaitement guérie. Une nouvelle neuvaine fut inaugurée avec plus de foi et de conûance. 0 bonté de mon saint Protecteur ! à la fin je marchai librement, sans appui, sans bâton. Ma santé n'a plus souffert d'atteinte depuis lors : je remplis mon emploi, je suis les exercices de la communauté, on dirait que je n'ai jamais été malade. Je suis redevable de la santé à saint Joseph ; aidez-moi à le remercier.

Honneur et reconnaissance au séraphique époux de la Vierge immaculée, protecteur de notre congrégation !

SORKLLA ROSA.

4. — Saint Joseph protège les zélateurs de l'Œuvre de la Sainte-Enfance au Brésil-

On écrit de l'orphelinat de Mo de Janeiro x la lettre suivante :

i Nos chères orphelines consacrent avec joie leurs heures de récréation pour confectionner de jolis petits ouvrages et préparer à l'avance leurs loteries. Le lundi de Pâques eut lieu le tirage d'une loterie qui produisit 104 fr. 75 c. Cette belle somme valait bien la peine de s'être donné tant d'ouvrage] Nous excitons l'émulation des enfants en leur disant que, chaque année, elles doivent augmenter leur recette d'au moins 25 Erancs. « Quelle honte pour l'orphelinat, ajoutons-nous, }j

les collectes de cette année étaient moindres que celles de l'année précédente ! » Plusieurs élèves de deux externats voisins de notre établissement se font associer à la Sainte-Enfance, et leur cotisation contribue beaucoup à augmenter notre collecte. Le 3 décembre, jour où, dans notre chapelle, on célèbre la messe pour les associés, un zélé missionnaire voulut bien faire une touchante instruction en faveur des petits Chinois, et la quête s'éleva à 100 fr. ! Nos pieuses dames du voisinage, agrégées à la Sainte-Enfance, ne sont jamais les dernières quand il s'agit de faire l'aumône pour les petits infidèles. Il suffît de leur présenter la liste de la loterie annuelle pour qu'elles remplissent une colonne de 20 ou 25 numéros à 2 fr. le billet. C'est tout à fait édifiant de voir l'esprit de foi et de charité de ces excellentes personnes! Une chose qui contribue beaucoup à entretenir la piété des dames qui entourent notre orphelinat, c'est leur dévotion envers saint Joseph et la protection visible dont ce grand saint se plaît à les environner. Il se passe peu de semaines sans que quelque associé de la Sainte- Enfance ne reçoive un secours particulier du bon saint Joseph. Aussi, à l'approche de quelque danger ou affliction, les voit-on accourir à la chapelle pour réclamer l'assistance de leur grand protecteur. Je pourrais signaler nombre de faits ; mais je me borne à un seul. Il y a quatre mois, madame L... eut la douleur de voir son fils aîné, âgé de six ans, tomber sérieusement malade ; bientôt il fut réduit à la dernière extrémité; le médecin ne donnait plus d'espoir. La pauvre mère accourt à la chapelle et, tout en larmes, elle supplie saint Joseph de lui obtenir la guérison de son fils; elle prie, elle promet; que ne peut la confiance! L'enfant guérit. Quelques jours après, la mère, fidèle à sa promesse, faisait la

sainte communion on action de grâces, et le petit miraculé, pour tribut de reconnaissance, apportait 12l> IV. à l'Œuvre de la Sainte-Enfance. •>

5. — Singulier privilège d'une mort instantanée accordé par saint Joseph.

Une communauté religieuse d'un diocèse du centre de la France conserve, depuis de longues années, la louable habitude de célébrer, tous les ans, le 19 mars, la fête de saint Joseph avec toute la pompe et la majesté du culte catholique. File a soin, dans le but de rehausser l'éclat de la cérémonie, d'inviter un prêtre à proclamer, du haut de la chaire de vérité, les vertus et les gloires du glorieux patriarche en présence de la nombreuse assistance qu'attire cette pieuse solennité.

Or, il y a environ dix-sept ans, un aumônier d'une autre communauté de la même ville, vrai modèle des vertus sacerdotales, qui conservait dans la maturité de l'âge la primitive ferveur du séminaire, fut engagé par les religieuses à prêcher le panégyrique de saint Joseph. Il accepta l'invitation sans qu'on eût besoin d'insister : son cœur épris d'une tendre dévotion envers cet héroïque Saint, lui inspirait cette tâche comme une suave obligation d'amour et comme un témoignai de reconnaissance. Dans le cours de sa vie il avait déjà reçu tant de marques visibles de sa protection, il l'aimait d'une affection si vive, et, à son tour, il se sentait ri aimé, que son discours ne pouvait être qu'une abondante effusion, un doux épanchement de sentiment, de tendresse, de gratitude et d'abandon filial. Il en lut ainsi : sa parole ardente, enflammée, déborda pendant trois quarts d'heure

de son àrae émue, comme un trop plein qui lui échappait spontanément. L'auditoire, auquel il avait communiqué ses convictions comme une étincelle électrique, en fut touché jusqu'aux larmes. Chacun se promettait, dans l'intime de son cœur, d'aimer davantage saint Joseph, de l'invoquer plus souvent, de travailler à étendre son culte.

Une impression plus émouvante que l'éloquence de l'orateur, l'attendait à la fin du discours. Celui-ci, après avoir mis en relief, avec tout l'entrain de sa piété, les louanges du glorieux Saint, s'écria en forme de péroraison : « 0 aimable patron de la bonne mort, ne nous délaissez pas à cette heure suprême 1 Venez recevoir notre âme au sortir de notre corps ; présentez-la, de vos mains, à votre divin Fils, notre Sauveur et notre juge; recommandez-nous à son indulgente pitié ! Heureux les mortels qui meurent ainsi sous le regard de Joseph! Heureux moi-même s'il daignait m'assister à mon dernier soupir! Oh! heureux, mille fois heureux, ô Père bienaimé, si j'expirais en publiant vos prérogatives, et que le dernier mouvement de ma langue fût un élan d'amour vers vous! »

Au même instant, l'orateur s'affaissa sur la chaire. Lorsqu'on arriva pour lui porter secours, il n'était plus de ce monde; saint Joseph, exauçant sa prière, avait transporté son âme au sein de la gloire immortelle.

L'émotion des assistants, comme il est aisé de le comprendre, dépassa toute limite. Mais on ne plaignait pas le protégé privilégié du chaste époux de Marie, on enviait son sort. Quel plus grand bonheur peut nous échoir ici-bas, que d'entrer dans l'éternité avec les signes de la prédestination, sous les auspices du père nourricier de Jésus? Ce fut le partage de son fervent panégyriste. Quelle mort précieuse! N'est-ce pas là le

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trépas du juste béni, sanctifié par l'assistance de saint Joseph? Puissions-nous rendre notre esprit à Dieu dans de semblables conditions !

L'abbé B. de Chozier, curé de Villencuve-les-Xeiges.

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