‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 24 sur 315 · Admirable conformité à la volonté de Dieu · texte numérisé non relu

Admirable conformité à la volonté de Dieu

C'était au milieu d'une épidémie qui dévorait toute une contrée, mais qui sévissait plus particulièrement sur les pauvres. Un prêtre charitable entre dans une écurie basse et humide, où souffrait une victime de la contagion. Que voit-il? Un vieillard moribond étendu sur des haillons dégoûtants. Il était seul ; une botte de foin lui servait de lit. Pas un meuble, pas une chaise : il avait tout vendu les premiers jours de sa maladie, pour se procurer quelques gouttes de bouillon. Aux murs noirs et dépouillés, pendaient une hache et deux scies, c'était là toute sa fortune, avec ses bras, quand il pouvait les mouvoir. Mais, alors, il n'avait pas la force de les soulever. — Prenez courage, mon ami, lui dit le confesseur, c'est une grande grâce que le Seigneur vous fait aujourd'hui; vous allez bientôt sortir de ce monde où vous n'avez que des peines. — Que des peines? reprit le moribond d'une voix éteinte, vous vous trompez; j'ai pris saint Joseph pour mon patron et mon modèle, et, comme lui, je ne nie suis jamais plaint de mou sort. Je n'ai connu ni la haine, ni l'envie, mon sommeil était tranquille. Je me fatiguais le jour, mais je me reposais la nuit. Les outils que vous voyez me procuraient du pain que je mangeais avec délices. J'étais pauvre, à la vérité, mais saint Joseph l'était autant que moi et je me suis assez bien porté jusqu'à ce jour. Si je reprends la santé, ce que je ne crois pas, j'irai au chantier et je continuerai de bénir la main de Dieu, qui jusqu'à présent a pris soin de moi. — Le prêtre, étonné, ne savait trop que répondre à un (el malade. Il se remit oepen-

dant, et lui dit : « Mon ami, puisque la vie ne vous a pas été fâcheuse, vous ne devez pas moins vous résoudre à la quitter, car il faut se soumettre la volonté de Dieu. — J'ai su vivre,s reprit le moribond d'une voix ferme, je saurais mourir. Je rends grâces à Dieu de m'avoir donné la vie et de me faire passer par la mort pour arriver à lui; je sens le moment, le voici. Adieu, mon pèrel... »

C'est ainsi que vécut et mourut, plein de calme, ce pieux ouvrier, cet homme juste, qui avait pris saint Joseph pour son patron et son modèle. Soyons aussi, durant ce mois et toujours les imitateurs de ce grand saint.

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