Nouvelles fleurs du mois de saint Joseph
P., près Saint-Brieuc, 1er mai 1877.
C'est pour moi une dette sacrée de reconnaissance envers saiut Joseph, de vous faire part des grâces qu'il m'a obtenues en mars dernier.
Depuis plusieurs mois, j'étais affligé d'une névralgie frontale des plus aiguës; vous dire ce que j'ai souffert, et physiquement et moralement , me serait impossible ; toute étude m'était devenue insupportable, et mes exercices religieux un continuel tourment.
Dans cette extrémité, je me tournai vers le Sacré- Cœur de Jésus, je fis en son honneur plusieurs neuvaines, que je priai Marie, sa Mère immaculée, de vouloir bien elle-même présenter à son divin Fils. J'éprouvai quelque soulagement, mais toujours il me restait des malaises et des inquiétudes.
J'en étais là, quand a commencé le mois consacré au virginal Epoux de Marie ; ce fut pour moi comme l'aurore précurseur d'un beau jour. Une voix intérieure me disait de prendre confiance, que, cette fois, je verrais cesser mes maux. Rempli de cette douce espérance, je me suis mis à réciter chaque jour les litanies du saint Patriarche; j'ai fait précéder sa fête d'une neuvaine et promis un ex-voto pour son autel. Ce n*a pas été en vain, car, avec le mois béni de mon saint Protecteur ont cessé mes appréhensions et mes maux.
Le bon Maître me réservait cette faveur par l'entremise de son Père nourricier, sans doute, pour ranimer
ma dévotion à saint Joseph, et mieux faire comprendre à tous le puissant crédit dont il jouit sur son divin Cœur. Je lis avec infiniment de plaisir vos pieuses Annales, Que de bien elles sont appelées à faire ! Je ne doute pas que le nombre de vos lecteurs n'aille sans cesse croissant.