‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 289 sur 315 · Admirable conversion d'un enfant prodigue · texte numérisé non relu

Admirable conversion d'un enfant prodigue

Rennes, le 22 mars 1878.

Vos pieuses et intéressantes Annales sont remplies de faits qui prouvent éloquemment la bonté et la puissance de saint Joseph à l'égard de tous ceux qui l'invoquent avec confiance.

Un père et une mère d'une foi et d'une piété* vraiment patriarcales, avaient un fils unique, Age d'une vingtaine d'années, élevé chrétiennement; niais, entraîné par de mauvaises compagnies, ce jeune homme contracta des habitudes vicieuses qui taisaient la désolation de Bel excellents parents. Pleins de confiance en la protection de la très-sainte Vierge et de son chaste époux saint

4iO NOVEMBRE.

Joseph, ils les priaient sans cesse pour obtenir sa conversion, et souvent même, malgré la modicité de leur fortune (ils faisaient un petit commerce), ils faisaient offrir à cette intention le saint sacrifice de la Messe, spécialement dans le mois consacré par la piété chrétienne à saint Joseph. Sur ces entrefaites éclate la guerre contre la Prusse (1870) et leur fils est obligé de prendre les armes. Durant toute la durée de cette campagne, si désastreuse, hélas 1 pour notre chère patrie, ses pieux parents redoublent de prières pour conjurer Dieu, par l'entremise de saint Joseph, de protéger leur pauvre enfant, et de le ramener sain et sauf, et surtout bon chrétien. Consolez -vous, chers parents, vous avez trop bien prié pour n'être pas un jour exaucés. Et en effet, leur fils, dans une grande bataille où il se conduisit en brave, voit tomber mort à ses côtés l'un de ses compagnons d'armes, l'autre est grièvement blessé; quant à lui il n'a aucun mal. Toutefois il est emmené, avec des milliers d'autres, comme prisonnier au fond de l'Allemagne. Là, un grand nombre de ces pauvres soldats meurent de froid et de misère ; pour lui, sa santé se soutient malgré les privations et les souffrances qu'il endure. Enfin la paix est conclue, les captifs sont rendus à la liberté, et bientôt notre jeune soldat rentre en France. Quelques mois après il était libéré du service militaire, et revenait à la maison paternelle. Ah! qui pourrait peindre sa joie et celle de ses chers parents dont le cœur avait tant souffert durant sa longue absence? — Comme ils bénissaient Dieu, comme ils remerciaient 2aint Joseph de la protection si manifeste et si bienveillante qu'il avait accordée à ce cher fils pour lequel ils l'avaient tant prié 1 Ce qui mit le comble à leur bonheur, ce fut de voir

l'heureux changement opéré dans l'Ame de leur enfant. Dès son départ pour la guerre, la grâce avait touché son cœur. Le souvenir de son éducation si chrétienne et les derniers conseils de ses pieux parents l'avaient porté à prier lui-même Marie et Joseph de le protéger. Les dangers auxquels il avait comme miraculeusement échappé, avaient excité de plus en plus sa confiance; enfin, la grâce avait achevé son œuvre, et, plus heureux que tarit* d'autres moins chrétiens, hélas! au retour de la guerre qu'ils ne l'étaient au moment du départ, notre jeune et courageux Breton était revenu meilleur, on peut le dire, entièrement converti. Non, ce n'était plus ce fils indocile et irrespectueux, indifférent pour ses devoirs de religion et passant ses loisirs au cabaret, mais c'était un fils obéissant et respectueux, ne voulant d'autre société que celle de ses parents hien-aimés, les accompagnant chaque dimanche aux otlices de la paroisse et souvent à la Table sainte, faisant exactement avec eux ses prières du matin et du soir, les soulageant de son mieux dans leurs travaux. Aussi son père et sa mère se disaient-ils les plus heureux du inonde, et, comme témoignage de leur gratitude, ils firent célébrer une messe d'action de grâces en l'honneur de saint Joseph ; chaque année depuis lors, ils ont continué de le faire pendant le mois de mars, et le bon saint Joseph n'a pas cessé, lui aussi, de se montrer leur insigne bienfaiteur. Non-seulement leur lils a persévéré dans ses bons sentiments qui l'ont rendu le modèle des jeunes gens de la petite ville qu'il habite, mais leur petit commerce est devenu plus Mûrissant qu'ils ne l'avaient jamais espéré...

Gloire et amour à saint Joseph! et redisons la parole de sou illustre servante sainte Thérèse : < C'est nu saint qu'on n'invoque jamais «n vain. *

A. M., prêtre.

29. - Saint Joseph supplée les médecins à bout de ressources.

« Patriarcat latin de Jérusalem, 1er mars 1877.

» Mon révérend Père,

i Je vous envoie, pour preuve du bien opéré par votre pieuse publication, la relation ci-incluse du fait prodigieux raconté par la supérieure de l'établissement des Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition, établies à Jérusalem. Je ?uis un des témoins de cette guérison et vous serai reconnaissant de vouloir bien la publier dans votre nouveau journal.

» Agréez l'expression de mes respectueux sentiments.

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