Une vocation pour les missions étrangères
Depuis longtemps, je savais que saint Joseph était l'avocat des causes désespérées; c'est pourquoi, ayant un partage à faire dans lequel se soulevaient les plus grands embarras, après avoir consulté les hommes de loi, qui m'assuraient qu'un procès était presque indispensable, je résolu de m'adresser à saint Joseph et d'implorer son secours. Tout semblait contre moi, car tous les héritiers étaient déterminés à en venir à un procès ; seule contre tous, je me jetai aux pieds du Patron de l'Eglise universelle, et je le conjurai d'arrêter ce procès scandaleux, qui devait avoir pour confident les choses les plus secrètes de notre famille, un public mal disposé, et peut-être même amener la ruine de ma chétive fortune et jeter l'ombrage sur l'avenir de ma famille.
Dans cette perplexité, je tournai mes regards vers saint Joseph et commençait en son honneur une neuvaine, pendant laquelle je fis offrir le saint sacrifice dp la messe, toujours à la même intention. La neuvaine était à peine finie, que tous les héritiers se trouvèrent tous d'accord, et que, loin de chercher à divulguer les secrets de la famille, ils furent les premiers a demander à ce que tout s'arrangeât en véritables frères.
Voilà un premier témoignage de la tendresse de saint Joseph envers son indigne servante ; mais ce ne sera pas le dernier. En effet, Dieu m'avait donné un fils, sur lequel je faisais reposer toutes mes espérances et dont je désirais ardemment le bonheur et la sanctification. Cependant ce pauvre enfant était toujours inquiet au
sujet du genre de vie qu'il devait embrasser. Tantôt il se donnait tout entier au bon Dieu, et tantôt les attraits du monde le faisaient changer de résolution. Dans son indécision, je lui conseillai de s'adresser à saint Joseph, envers lequel il avait toujours eu une très grande dévotion. Sur ces entrefaites, il tomba malade, et la maladie dont il était travaillé devait, d'après le docteur, le ravir à mon affection. Cependant le mal allait toujours en augmentant, et bientôt j'allais perdre toute espérance de le voir revenir à la vie. Là comme toujours je tournai mes regards vers saint Joseph, et je le suppliai d'avoir pitié de mon enfant
Celui-ci, plein de confiance aussi dans son saint Patron, promit à N.-D. de Fourvière et à saint Joseph de se consacrer à la vie religieuse s'il obtenait de leur puissante intercession le rétablissement de sa santé. Quelques jours après cette solennelle promesse, je m'aperçus que le malade prenait le dessus et que le mal allait en diminuant. Enfin, au bout de huit jours il se trouva en parfaite santé. Il ne s'agissait plus maintenant pour lui que d'accomplir sa promesse, et il y fut fidèle. Malgré tous les liens, toutes les affections qui l'attachaient au monde, il eut le courage de tout abandonner, même sa vieille mère, pour aller au delà des grandes mers faire connaître et aimer Marie et Joseph.
Marie- Jeanne D.