Un ex-voto
En octobre \ 856, dans une ville du midi de la France, gisait sur un lit de douleur un pauvre pécheur, atteint d'une maladie mortelle, qui le menaçait d'une mort prochaine. Ce malheureux ne voulait pas se réconcilier avec Dieu. Des amis chrétiens s'étaient succédé auprès de son lit, pour l'engager à recevoir les derniers sacrements. Leurs exhortations avaient été vaines, et on ne savait plus à qui recourir pour toucher ce pécheur endurci. Une respectable et pieuse dame, sa parente, eut l'heureuse inspiration de recourir au saint Protecteur des mourants, au bienheureux Joseph. Elle écrivit à une religieuse de la Présentation, son amie. Elle la pria de vouloir bien faire faire une Neuvaine à saint Joseph dans son établissement, pour obtenir à cet infortuné une mort chrétienne. La neuvaine est aussitôt commencée. C'était le 24 octobre, elle devait finir le 1er novembre, jour de la Toussaint. Que s'était-il passé? On va le voir. Le 3 novembre, on remet à la directrice de l'établissement une lettre ; c'était la pieuse dame qui écrivait : « Victoire, ma bonne sœur, victoire ! » Ainsi s'exprimait sa
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joie. « Nos prières au bon Père saint Joseph ont été exaucées; et ce que nous désirons, nous l'avons obtenu, et bien au delà. Je ne demandais qu'une mort chrétienne, et nous en avons obtenu une des plus édifiantes. Il m'est impossible de vous dire combien les dispositions de ce cher parent ont changé tout d'un coup. Le quatrième jour de la neuvaine, il a demandé lui-môme un prêtre, et il s'est confessé dans des sentiments de vrai pénitent. Il demandait pardon à Dieu tout haut, et lui faisait, avec une résignation entière, le sacrifice de sa vie ; il a eu le bonheur de recevoir l'Extrême-Onction et le saint Viatique pour la fête de la Toussaint, dernier jour de notre neuvaine. Le prêtre qui l'a administré et assisté dans ses derniers moments, a été touché de son repentir et des beaux sentiments avec lesquels il a remis son âme à son Créateur. Oh ! que cette conversion me console, que la protection de saint Joseph est puissante auprès de Dieu ! »
Quelques jours après, arrivait au couvent une statue de saint Joseph, don de la pieuse dame. Un peu plus tard, un vénérable évêque bénissait cet ex-volo de la reconnaissance.
18. — La protection de saint Joseph vaut mieux que tous les remèdes.
On lit dans le tome X de V Année Sainte de la Visitation la guérison opérée par saint Joseph en faveur do Mlle de Sourdeil, décédée au monastère de Moulins, ù l'àgede 84 ans, dont G8 de profession.
Avant d'entrer en religion, il lui était survenu un mal très-douloureux à due jambe : sept plaies profondes s'y
étaient formées et l'on avait résolu de la mettre entre les mains des chirurgiens ; mais, comme elle redoutait leur traitement et les opérations qui en seraient la suite, elle demanda instamment que, avant de la livrer aux hommes de l'art, on lui permît de faire une neu vaine à saint Joseph. On y acquiesça volontiers. Chaque jour, on appliquait sur le mal un peu de coton trempé dans la sainte Onction par laquelle ce glorieux Patriarche avait guéri la vénérahle Mère Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun. A la fin de la neuvaine,les plaies étaient fermées et la jeune fille parfaitement guérie. Cette grâce augmenta beaucoup sa confiance et sa dévotion envers le chaste Époux de Marie; elle le choisit pour son spécial protecteur avec son saint Ange gardien, saint Michel, saint Pierre et saint Augustin.
Une fois religieuse, la Sœur Louise-Henriette sentait sa dévotion pour Marie et Joseph prendre tous les jours de nouveaux accroissements. Elle parlait des grandeurs de cette divine Mère avec une suavité et une éloquence qui, partant de son cœur, allait embraser ceux qui l'entendaient. Elle aurait voulu que tous les endroits de la maison fussent ornés de ses images, et lui dédia trois nouveaux oratoires où, sous des titres -divers, on pût avoir recours à sa puissante protection : proche de l'infirmerie, c'était Notre-Dame de la Victoire; au dortoir, Notre-Dame de la Miséricorde; au fond du jardin, Notre- Dame de Grâce. Tout ce qui concernait le culte divin lui était en singulière révérence; elle avait pour sa Mère bien-aiméc, la très-sainte Vierge, et pour son glorieux Père saint Joseph, la plus vive confiance. Dès le commencement de chacun de ses deux triennaux, elle mit la communauté sous la protection de Jésus, Marie, Joseph, ordonnant neuf processions en leur honneur, et nous
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devons dire que sa foi et sa confiance ne furent point vaines; car jamais elle n'eut recours à cette sainte Famille sans être écoutée. En entrant à La Châtre, elle avait trouvé le noviciat vide ; elle eut d'abord recours à ses puissants protecteurs, afin d'obtenir de bons sujets qui pussent utilement servir la religion et relever le temporel, alors dans un triste état. Sa prière fut promptement exaucée et d'une manière qui parut tenir du prodige, plusieurs des jeunes filles qui vinrent spontanément s'offrir à cette bonne Mère ayant jusque-là médité leur entrée en d'autres instituts.
Il serait trop long de rapporter tout ce que sa ferveur lui faisait entreprendre pour honorer le glorieux saint Joseph, le saint Ange gardien, nos saints Fondateurs et une foule d'autres saints qu'elle avait choisis pour ses protecteurs.