‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 68 sur 315 · Un · texte numérisé non relu

Un

père converti par les prières de son fils.

On écrivait de X***, le 29 décembre 1869 :

Permettez-moi de vous raconter brièvement tout ce que saint Joseph a fait pour moi pendant cette année.

La première des faveurs que j'ai obtenues par la toutepuissante intercession de saint Joseph, c'est la conversion de mon excellent père.

Il ne s'était pas confessé depuis plus de quarante ans. 11 y avait une douzaine d'années qu'il n'était pas entré dans l'église paroissiale ; et, pour comble de difficultés, il était plein de préjugés contre notre sainte religion qu'il n'avait jamais bien connue. Pour ramener dans les bras de Dieu cette brebis égarée, il fallut un grand coup de lumière et de miséricorde. J'avais essayé de le convaincre par le raisonnement, j'avais prié et fait prier beaucoup pour lui : tout avait été inutile. Il y a quelques semaines, je me sentis pressé d'aller solliciter auprès de saint Joseph cette conquête si difficile.

C'était la première fois que j'implorais du saint Patriarche une faveur particulière. Je fus donc me prosterner devant sa statue, et je lui promis que, s'il m'accordait ce que je lui demandais, j'aurais pendant toute ma vie une dévotion toute spéciale pour lui, et que je m'efforcerais

de répandre sor> culte autant que je le pourrais. A peine avais-je termine ma prière, que je me sentis la plus grande confiance ; j'étais presque assuré que saint Joseph m'exaucerait, parce que n'étant, moi, qu'un pécheur vil et ingrat et n'ayant aucun titre à ses faveurs, son intercession auprès de Dieu serait toute de bonté et de miséricorde, et montrerait bien mieux la grandeur de son crédit dans le ciel.

Je commençai donc une petite neuvaine au Père nourricier de Jésus. Mon père souffrait depuis longtemps d'un violent rhumatisme. Je désirais vivement lui faire porter autour du corps un cordon bénit de saint Joseph ; mais comme il me semblait impossible de le lui faire accepter comme objet religieux, je lui en fis parvenir un, le priant de le porter comme un petit souvenir de moi. J'ajoutai même qu'il avait de grandes propriétés curatives. Mon père, pour me faire plaisir, fit tout ce que je lui avais conseillé et il ceignit le cordon.

Je continuai cependant ma neuvaine, toujours plein de confiance. Et quand elle fut achevée, je commençai aussitôt une neuvaine d'actions de grâces, étant moralement certain que le bon saint Joseph avait exaucé ma prière, En tous cas, je me disais : Si, par impossible, saint Joseph n'a pas encore obtenu la convcision de mon cher père, il va se hâter de frapper au cœur de Jésus dont-il est l'ami intime; car l'Évangile dit de saint Joseph qu'il était l'homme juste par excellence; en conscience, il ne voudra pas recevoir gratis des actions de grâces pour une faveur qu'il n'aurait pas accordée. Donc il l'accordera; surtout puisqu'il s'sgit du salut d'une âme.

.le ne fus pas trompé dans ma ferme espérance. Béni soit à jamais le très-bon, le très-puissant saint Joseph !... lia gr.ïee était accordée. Dès le second .jour de ma neu-

vaine d'actions de grâces, je reçus de mon père une touchante lettre, où il m'exprimait, en des termes brûlants, la joie et la paix qui inondaient son âme. Dès le commencement de la neuvaine, une lumière nouvelle avait brillé dans son cœur et dans son intelligence. Le respect humain, les objections et les préjugés contre la religion étaient tombés d'eux-mêmes, et une petite occasion ménagée par saint Joseph, s' étant présentée, mon père était allé se confesser, comme poussé par une main invisible. Le lendemain, avec des sentiments ineffables de bonheur et de tendresse, il recevait dans son cœur le Dieu, si plein de miséricorde, qui venait réjouir sa vieillesse, comme il avait autrefois réjoui sa jeunesse. La conversion a été parfaite ; saint Joseph ne fait pas les choses à moitié. Depuis ce jour de bénédiction, mon père prend part à tous les exercices de piété de la paroisse. Tous ceux qui le connaissent sont profondément édifiés de cet heureux changement, et ils disent qu'il a fallu une main puissante pour opérer cette merveille. Et cette main puissante, c'est la vôtre, ô grand et très-puissant saint Joseph ! Je vous remercierai pendant toute ma vie de cette grâce signalée.

8. — Demandez, demandez avec confiance ; Jésus ne refuse rien à saint Joseph.

Manufacture de lingerie (Sarthe), 23 janvier 1879.

Je m'acquitte avec bonheur de la promesse faite au bon saint Joseph, de publier dans vos Annales les nombreuses faveurs que j'ai obtenues par son intercession. Jamais je ne l'ai invoqué en vain.

Il y a un certain temps déjà, un de mes enfants était gravement malade ; le médecin qui le soignait n'avait presque plus d'espoir.

Un soir surtout, il me promit de revenir le lendemain matin vers cinq heures, avec un second médecin en consultation.Le soir môme, je mis au petit malade le cordon de saint Joseph, en le lui recommandant avec une inébranlable confiance. La nuit fut très-mauvaise, mais le lendemain, lorsque les deux docteurs arrivèrent, quelle ne fut pas leur surprise de trouver l'enfant qu'ils croyaient mourant, jouant assis sur un petit lit, et répondant avec gentillesse à toute- leurs questions! A peine le pouls trahissait-il une légère agitation ; impossible de trouver aucune trace de maladie. Le docteur étranger ne put s'empêcher de dire : Mais cet enfant n'est pas malade. Celui qui le soignait habituellement, lui dit qu'il restait confondu du changement opéré dans le petit moribond, qui présentait depuis plusieurs jours les symptômes les plus alarmants.

11 restait à peine à l'heureux privilégié de saint Joseph un peu de faiblesse, mais le mieux a continué et, quelques jours après, il était en parfaite santé. Dans beaucoup d'autres circonstances, nous avons fait l'expérience de la puissance et de la bonté de saint Joseph.

Nous remettons nos intérêts outre ses mains et nous n'avons qu'à nous en louer. C'est lui qui est notre banquier, jamais il ne nous fait défaut; quand nous nous trouvons dans la gêne, il ne manque pas de nous venir (>u aide en temps opportun.

Nous comptons toujours sur son assistance, <vt je puis dire qu'elle nous est arrivée souvent d'une façon inespérée et comme miraculeuse. Je désire vivement le voir bénir et aimer ; c'est pourquoi je vous prie de poitei

ces lignes à la connaissance de vos abonnés, afin que ma faible voix se trouve unie aux mille voix qui publient sa gloire et sa paternelle bonté.

Agréez M*** B.

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