L'enfant de saint Joseph protégé par son patron
J'ai eu, dès ma première jeunesse, une grande dévotion au bon saint Joseph, le patron de ma famille, qui m'a obtenu de bien précieuses grâces. Je ne veux pas laisser finir le mois de mars sans lui apporter aussi ma dette de reconnaissance.
Lors de la naissance de mon second fils, je fus trèsmalade d'une fièvre typhoïde compliquée ; on n'espérait pas pouvoir le baptiser, et on me regardait comme perdue. La sœur de Bon-Secours qui me soignait eut l'inspiration de proposer à ma mère de consacrer l'enfant à saint Joseph, auquel elle était très-dévote, en promettant qu'il porterait son nom. La promesse fut faite, et en môme temps on fit dire une neu vaine de messes à Notre- Dame de Fourvières ; mon fils naquit heureusement; je me rétablis, à la surprise de tous les médecins. Nous regardâmes toujours mon fils comme l'enfant de saint Joseph ; je tâchais de lui inspirer une vive reconnaissance et une confiance sans bornes pour ce grand saint, et ce ne fut pas vainement. À son*entrée au service militaire, je le recommandai d'une manière encore plus spéciale à saint Joseph, faisant mettre sa statue à cette intention dans l'église du village. Saint Joseph a bien protégé mon enfant; toutes les difficultés de sa v\u\c carrière ont été
aplanies. Mon lils, en 1871, alors maréchal des logis au Ier régiment des chasseurs, était en Afrique au moment de la tentative de révolte des Arabes. Il a été sauvé miraculeusement par son bon Patron dans une affaire très-meurtrière. Nous reçûmes alors ces quelques mots de mon cher enfant, écrits au crayon, au bivac.
< Mon cher Père,
» Nous venons d'avoir un combat sanglant avec les Arabes du Maroc; nous avons eu à l'escadron notre capitaine et douze cavaliers tués et huit blessés. J'ai été sauvé miraculeusement, grâce au vœu que j'ai fait. Nous avons été chargés d'une manière horrible par notre propre goum, qui a tiré sur nous. Dans la déroute, mon cheval a été tué ; je suis resté dessous pendant cinq minutes, les deux jambes prises. Deux Arabes se sont jetés sur moi; j'avais encore mon fusil chargé : j'ai fait feu et je me suis dégagé. J'étais à deux kilomètres du camp, et j'ai fait ma retraite à pied, en tiraillant. Heureusement saint Joseph m'a protégé. Je vous prie de faire dire cinquante messes à Fourvières pour cela sur ma pension. Ludovic est sain et sauf. Je vous écrirai plus longuement bientôt. Tendresses à maman et à mes frères. Adieu, cher père, je vous embrasse de tout cœur. »
26. — Saint Joseph nous vient en aide dans nos difficultés temporelles.
Il y a quelques mois, je me trouvais dans un embarras très-critique en matière d'affaires. Il me fallait verser une somme très-considérable dans un délai assez court,
et ce après en avoir été averti et menacé. Le créancier ne voulant plus attendre, une saisie de ce que je possédais encore allait infailliblement avoir lieu. Dans cette situation, aussi pénible que diilicile à décrire, je me décide à en faire la confidence à certaines personnes intimes. Celles-ci, comprenant facilement toute la portée de mes tourments, m'engagent à recourir à la prière. Ce fut alors que nous commençâmes ensemble deux neuvaines, l'une à la sainte Vierge et l'autre à saint Joseph, les suppliant de me tirer d'embarras le plus avantageusement possible , si toutefois c'était la volonté de Dieu, et faisant en môme temps la promesse de faire connaître au Propagateur de la dévotion à saint Joseph la grâce obtenue, si nous parvenions à quelque réussite. Les neuvaines terminées, en voyant arriver la fin du délai indiqué, aucune amélioration ne se faisait à ma triste position. Un peu déconcertés, nous ne continuâmes pas moins à prier. Dans l'intervalle, je tentai encore quelques démarches auprès de personnes amies, pour solliciter du secours par prêt, niais je ne pus rien obtenir. Enfin, au dernier moment, grande fut ma surprise et surtout ma joie, d'être reçu inopinément chez des personnes avec lesquelles je n'étais nullement lié et que je croyais même m'ùtre hostiles, m'offraut avantageusement par prêt tout l'argent qui m'était nécessaire pour satisfaire immédiatement mou créancier.
Puisse ce trait, dans lequel la protection de saint Joseph est bien visible augmenter la dévotion et ranimer la confiance envers ce grand Protecteur!