‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 86 sur 315 · X..., le 27 juillet · texte numérisé non relu

X..., le 27 juillet

Un incendie venait d'éclater vers minuit dans mon voisinage et menaçait de prendre des proportions formidables. Un vent violent poussait par-dessus ma maison et à plus de cent mètres, les étincelles, les flammèches et les brandons que vomissait le foyer de cet immense brasier. Une pluie de feu menaçait à chaque instant de communiquer l'incendie à ma demeure. Eplorée à la vue du danger, ma femme se jette à genoux et implore avec instance la protection de saint Joseph. Le vent ne tarde pas à changer de direction, s'apaise peu après, et bientôt on devient maître du feu qui allait atteindre, d'un côté, les hangars d'une brasserie, de l'autre, une grange remplie de foin. Ma demeure était sauvée. Gloire à saint Joseph !

30 — Lettre du Brésil.

Séminaire épiscopal de San-Paulo (Brésil), 16 avril

Je viens vous demander d'insérer dans le Propagateur les deux faits suivants, qui n'ont rien en soi de bien extraordinaire, mais qui seront propres à augmenter la dévotion à saint Joseph dans ce pauvre diocèse de Saint- Paul, qui, comme je vous le disais déjà dans ma dernière lettre, a eu un si grand besoin de la protection de ce saint si puissant, et qui feront que ceux qui les liront penseront un peu au Brésil dans leurs prières.

MARS. i 1 4

Voici le premier fait. Je traduis du portugais la lettre que m'a écrite la personne qui s'était adressée à saint Joseph :

« Mon mari souffrait d'une très-forte fluxion de poitrine, accompagnée d'une toux si violente, qu'elle ne lui laissait aucun instant de repos. Tous les remèdes qu'il prenait ne produisaient aucun effet. J'eus alors l'inspiration de recourir à saint Joseph, en lui promettant que, si mon mari guérissait, je ferais publier cette faveur dans le Propagateur. A l'instant môme la toux cessa, et il put dormir tranquille le reste de la nuit. Le jour suivant, il eut encore un petit accès, puis se trouva parfaitement rétabli. Glorifié soit à jamais saint Joseph! »

Le deuxième est arrivé ainsi. « Une personne pieuse avait un fils attaqué du tétanos. Depuis cinq jours déjà il ne faisait presque plus de mouvements ; les médecins Je croyaient perdu. Tout à coup la pauvre mère désolée, ^formée de la grâce qu'avait obtenue celle dont j'ai parlé plus haut , par l'intercession de saint Joseph , s'adresse en toute confiance à ce puissant protecteur, et lui fait la même promesse. Le lendemain, son fils était presque guéri, et quelque temps après, partait pour la guerre du Sud. Que saint Joseph se souvienne toujours de notre mission !

» P. Charles-Marie Terrier, Miss. Ap. »

31 — Le sou de saint Joseph.

« Reims, le 30 mars.

d Permettez-moi de m'acquitter d'une dette envers saint Joseph ; elle consiste à vous transmettre le récit de quelques faveurs obtenues par l'intercession de ce puissant protecteur.

» Mgr J***, élevé sur le siège épiscopal de N*** peu après la grande révolution, fut affligé de n'avoir aucune maison religieuse dans cette vilie, pour l'éducation des jeunes personnes de bonne famille. Dans les trois départements, dont se composait alors son vaste diocèse, il apprit que la communauté des Dames de X*** n'avait point été dispersée. Ces Dames, après avoir erré ensemble dans différentes contrées , sans jamais se séparer, étaient revenues à Ch..., d'où elles avaient été chassées. Le prélat écrivit à la supérieure pour lui demander une colonie de ses religieuses, et on lui en envoya quelquesunes.

» A leur arrivée, il leur dit : Je suis pauvre moimême, je ne puis rien vous donner ; prenez des pensionnaires et vous vivrez de leur pension avec elles. Pour se faire connaître dans une cité où elles n'étaient guère connues que de Dieu, elles commencèrent par prendre des pensionnaires pauvres, qu'elles conduisaient en promenade les jours de congé. C'était un moyen humain...

» Sur ces entrefaites, comme la maison n'était point salubre, les maîtresses et les pensionnaires tombèrent malades en très-grand nombre. Alors la sœur infirmière vient trouver la supérieure (qui était en môme temps

économe), pour demander un peu d'argent, afin d'acheter quelque douceur pour les pauvres malades. Ah 1 nia chère sœur, répondit la R. Mère I,..., je suis bien pauvre. — Ma Mère, donnez-moi ce que vous pouvez. — Mais combien vous faut-il? — Ma Mère, puisque vous êtes si pauvre, donnez-moi deux sous. — Oh! deux sous! deux sous! mais je n'ai que deux sous en tout, et je ne veux pas laisser la communauté sans argent! — Alors, ma Mère, donnez-moi un sou, et je verrai si avec cela je peux acheter un peu de réglisse ou quelque autre chose pour nos pauvres malades.

» Après le départ de l'infirmière, la supérieure regarda tristement le dernier sou qu'elle tenait dans sa main, eu se disant : Te voilà bien plantée avec ce pauvre sou à la tête de cette nombreuse maison ! — Il lui vint une pensée, qu'elle regarda comme une inspiration divine ; elle se lève, prompte comme l'éclair, elle se dirige vers la chapelle, où il y avait une statue de saint Joseph de trois pieds de haut à peu près. Elle se met à genoux devant cette image.

» Mon bon saint, dit-elle, vous avez été l'économe de la Sainte- Famille, et, quoique pauvre, vous ne l'avez laissée manquer de rien. Je viens donc vous choisir aujourd'hui pour économe de cette autre famille, et, pour vous témoigner toute ma confiance, je vous remets la bourse. Alors elle déposa le sou dans la main du nouveau procureur, et se retira pleine de confiance.

» Quelques instants après, on vint frapper à sa porte :

— Mère, lui dit la portière, il y a un boni nu' au parloir qui veut vous parler. Kllc y alla avec la Mère assistante.

— Mesdames,* dit le visiteur, vous savez que j'ai travaillé pour vous. — Oui, je m'en souviens, et nous sommes contentes de votre ouvrage. — Alors, se grattant oon-

tinuellement l'oreille : Mesdames, c'est que... c'est que... — Eh bien! qu'y a-t-il donc? — C'est que... vous m'avez payé deux fois ; ma conscience n'est pas tranquille, et je suis obligé de vous restituer cette somme. C'était 40 fr. Somme énorme, quand on n'a plus rien!

» Cependant le nouveau procureur ne s'en tint pas là ; bientôt il amène une dame riche qui présente sa fille comme pensionnaire, et paie la pension d'avance, puis une deuxième, puis une troisième, etc.

• Enfin, disait au même prêtre, en 1834,1a Mère L..., voyez cette vaste maison que nous avons fait construire et qui nous revient à plus de 300,000 francs, elle est entièrement payée, et le sou est encore dans la main de saint Joseph. Quand il nous arrive une novice, elle va ordinairement balayer, épousseter, etc., et elle trouve ce sou, et aussitôt elle me l'apporte par esprit de pauvreté. Ma Mère, voilà un sou que j'ai trouvé. — Et où l'avez-vous trouvé, mon enfant? — Dans la main de saint Joseph. — Eh bien! c'est sa place, reportez-l'y # Voilà l'histoire d'un sou de saint Joseph.

» L'abbé B***, prêtre. »

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