‹ Annette et le criminelChapitre 16 sur 16 · PITRE V · texte numérisé non relu

PITRE V

Monsieur de Montivers devoit , avant de partir pour une mission , marier Annette avec Argow. Cette cérémonie étoit indiquée pour cinq heures du matin , parce que Monsieur, madame Gérard et les nouveaux mariés, dévoient partir sur-lechamp pour Durantal , où Vernyct étoit déjà à préparer le château et le meubler de manière à ce qu'il fut digne d'Annette.

La nuit de cette union étoit arrivée. Annette , simplement mise , attendoit M. de Durantal. Argow

vint : il étoit en noir , ce qui frappa mademoiselle Gérard , car elle étoit tout en blanc , et ces deux habillemens formoient le plus grand contraste : Annette tressaillit et ajouta cet augure à tous les avertissemens que le hasard lui avoit donnés ; mais ce n'étoit rien encore.

Il y avoit ce jour-là une fête particulière à l'église où ils alloient se marier ; c'étoit la dédicace de cette église , et cette fête fut cause du plus grand saisissement qu' Annette pût éprouver.

Elle avoit surmonté toutes les craintes ; l'aspect d'Argow P avoit rendue atout ce que l'amour a de plus tendre et de plus voluptueux , et ces sentimens avoient mille fois plus de charme pour une vierge

aussi pure qu'elle que pour tout autre , car en touchant au bonheur, elle voyoit la terre et les cieux lui sourire , et plus elle s'étoit interdit fie tels sentimens d'amour, plus elle devoit éprouver de charme à les savourer. Aussi en ce moment de joie elle hrilloit de toutes les beautés terrestres, et jamais elle n'ayoit eu plus de sentimens dans son cœur que quand , en descendant de voiture devant Y église . Argow lui donna sa main qu'elle senlit trembler dans la sienne. Elle lui jeta un regard dans lequel toutes les harmonies de la terre se réunissoient :

c'étoit la sainteté , la tendresse , l'amour , le respect , la joie , la beauté , la pudeur et la chaste confiance d'une vierge , confondus

dans une seule expression : son haleine , sa respiration même , sa contenance , tout parloit et imprimoit un sentiment de vénération en faveur de cette si séduisante créature. S'il y avoit eu une foule , elle se seroit agenouillée devant une telle fiancée.

Elle s'avança en s'appuyant sur le bras d'Argow avec une complaisance qui indiquoit toutes les pensées de son âme. Pour la première fois de sa vie elle alloit entrer dans une église avec deux sentimens , celui d'une religion profonde et celui du plus tendre amour. Elle entra, leva les yeux, et une si grande terreur vint l'épouvanter , qu'elle resta froide et pâle entre les bras de M. Maxendi.

En effet , qu'on juge de l1 impression que devoit produire sur la superstitieuse Annette le tableau qui s'offroit à ses regards , et ces paroles qu'une voix sinistre avoit prononcées : De profanais clamavi anima mea , etc, (i)

L'église étoit toute tendue en noir , et devant Annette étoit une bière autour de laquelle brilloient les pâles flambeaux du convoi : une

(i) L'idée de celte scène se trouvent dans Je Vicaire des Ardennes , autant que ma mémoire me permet ce souvenir; et , comme cet ouvrage a été supprimé et que je pense que ce n'est pas cette idée qui l'a fait saisir, j'ai cru pouvoir la reproduire sans qu'il y eût de mal : du reste , je ne fais cette observation que pour me justifier du reproche de répétition auprès des personnes qui auroient lu le Vicaire ( Ifote 'le Vautrin

tète de mort , des larmes , des os croisés , tels étoient les objets qu'elle aperçut , et autour du cercueil des prêtres , des parens pleuroient en continuant un chant lamentable. Il étoit encore nuit : l'église , sombre, ensevelie tout entière sous ce drap , sembloit plus silencieuse , et les fatales paroles avoient retenti dans le cœur d'Annette avec toute leur signification.

Qu'on se figure , devant cet appareil , une jeune mariée , brillante de beauté , qui vient échouer sur cette tombe avec sa joie et son amour. Toutes les fiancées , dans cette fatale position , ne trembleroient-elles pas ?.... Mais combien mademoiselle Gérard dut-elle être plus effrayée , elle qui trouvoit un

présage dans les moindres choses !

Argow l'a voit entraînée entre ses bras, et portée dans la sacristie.

M. Gérard y étoit déjà, et se plaignoit hautement de l'inconvenance d'une pareille cérémonie.

— Oui, monsieur, disoit-il au sacristain et au vicaire, lorsque Ton a un mariage à célébrer , concurremment avec un enterrement , on fait prévenir du moins les personnes, et elles retardent, si elles le jugent convenable, le moment de leur cérémonie !....

— Monsieur, répondit le vicaire, l'urgence est une raison suffisante, on ne pouvoit pas attendre une heure de plus pour l'enterrement de la personne décédéc , à cause du

( s3o ) genre de maladie , et il nous a été recommandé même de le faire au matin

— Mais vous pouviez me prévenir.

— Monsieur, dit le vicaire, j'avois ordonné que Ton vous fit entrer par une autre porte, et c'est une erreur du sacristain.

— Au surplus le mal est fait, dit M. Gérard, en voyant Argow entrer avec sa fille. La chevelure abondante d'Annette étoit détachée, et répandoit ses boucles sur la poitrine du pirate : elle saisissoit son mari avec une force rendue naïve par l'abandon qui régnoit dans sa pose; ses lèvres et oient décolorées, et son haleine d'ambroisie s'échappoit par intervalles inégaux , de manière

qu'on pouvoit en quelque sorte la voir.

— Annetteî... mon Annette, disoit Argow au désespoir , reviens à toi, reviens?.... Toutes ces figures horribles ont disparu !.... Ne soyez plu s effrayée!... Relevez votre télé !... Non, non, qu'elle resle sur mon sein !.... Voyez , c'est moi, écoutez, ce ne sont plus de lugubres accens !....

Annette r ouvrit les yeux ; mais elle n'avoit pas entendu , elle parla , mais comme un être en proie à une aliénation terrible : « Quel présage !.... Nous mourrons !.... Oui , mais nous mourrons ensemble !....

Il y a de la mort dans notre union ! ... Quand je l'ai vu , ////, il étoit sur un tombeau ; quand je l'ai revu, j'étois

sur un sépulcre , et ce sera mon époux de gloire. Oh ! ajouta-t-elle , mue par la volonté de rendre les images terribles qui Tavoient obsédées un temps, et qui se reproduisoient en ce moment dans son âme, voyez-vous , il a une ligne sur le cou !.... cachez-là !.... »

— Mon unique amour , disoit Argow , écoutez-moi, rien ne nous présage des malheurs ; car en ce moment nous sommes unis comme deux amans, et ta tête est sur mon sein, tes doigts chéris se sont mariés aux miens!.... Ah! c'est le plus pur bonheur !

— Cest lui!.... s'écria Annette , en ce moment. Alors elle releva doucement sa tête , ses yeux devinrent sereins , elle reprit peu-à-peu

( 233 ) sa connoissance , et sa pure innocence la faisant agir comme par instinct, elle sourit, se dégagea par un mouvement rempli de charmes d'entre les bras de M. de Maxendi, elle tressaillit, une larme roula dans ses yeux , et elle vint se précipiter dans les bras de sa mère.

A cet instant , M. de Montivers , qui arrivoit, et que l'on avoit instruit de l'événement , s'approcha d' Annette , et lui dit , de sa voix grave : « Ma fille , vous n'êtes pas chrétienne en vous abandonnant à de pareilles terreurs. Dieu seul conduit les événemens de la vie , et rien n'en peut détourner le cours!... »

A cette voix grave et imposante , Annelte sentit le calme renaître dans son cœur, et la nuit ne servit plus

qu'à jeter dans son àme toute la piété qu'exige cette cérémonie imposante, qui se trouve seule, dans la vie humaine, comme un monument auquel se rattachent tous les événemens du reste de l'existence.

Certes , un des tableaux les plus poétiques que puisse présenter notre religion, après celui d'un prêtre consolant la mort, est celui qu'off'roit Annette et son époux, réunis devant un simple autel, dont les cierges rougissoient faiblement la nef par leur clarté tremblante. On entendoit à la porte de l'église les dernières prières des morts, et le bruit du convoi qui sortoit. Un prêtre vénérable avoit devant lui une jeune iille , l'amour de la nature, et un homme, au regard inquiet, un grand

( 235 ) criminel, pardonné parla bonté céleste , et cet être sembloit douter de son bonheur.

Frappé de ce spectacle , M. de Montivers, avant d'unir la vierge au criminel , leur dit d'une voix recueillie :

— Une seule âme , une seule chair, c'est ainsi que l'église vous voit. Toute individualité cesse désormais entre vous , et , dans ces paroles, mes enfans, vous trouverez un traité tout entier sur les obligations du mariage, vous n'avez qu'à les commenter et suivre tout ce que cette phrase renferme d'utiles préceptes. Désormais tout .sera donc commun entre vous ; j'imagine que vous n'êtes venus recevoir cette bénédiction nuptiale , le plus grand

( 236 ) lien de la terre , cju après vous être assurés que la douce conformité de vos goûts ne fera pas une chaîne de ce tendre lien , ou que la disparité de vos qualités aimables ne servira qu'à rendre le mariage un état de grâce et de bonheur. Que cette parole, que je vais prononcer, vous soit un lien d'amour, qu'il soit de fleurs, qu'elles renaissent à chaque pas, et si le malheur vous accabloit, souvenez-vous de ce discours. Une seule âme, une seule chair!.... car je vous unis. CONJUNGO, etc.

Ce mot prononcé , Annette étoit

perdue ! et son terrible destin

ne devoit plus tarder beaucoup à s'accomplir! Nous pourrions nous écrier comme l'éloquent prédicateur :

« La terreur est semée />» mais gardons-nous bien d'anticiper sur ces funestes événemens.

Toutes les cérémonies de la terre étoient terminées, Argow et Annette étoient à jamais unis , et la même voilure les entraînoit vers Durantal. Jamais il ne fut au monde un plus gracieux voyage.

Désormais Annette pouvoit, sans crime , déployer toute sa tendresse pour F être quelle aimoit pour le seul être qu'elle dut aimer, pour celui qui fit tressaillir toutes les cordes de son cœur. Argow , chose incroyable , avoit acquis une foule de sentimens que la nature dépose dans toutes les âmes énergiques, et qu'elles peuvent ne pas développer ; mais qui n'en existent pas moins '•

( 238 ) ■ la plus précieuse de ses qualités, et celle qu'on auroit attendu le moins d'Argow, étoit un respect et une délicatesse rares. Loin de regarder Annette comme une créature que les lois lui donnoient comme une espèce de propriété animale , il se défit de tous ses droits , et dit à Annette :

— Ma chère et unique adorée , conserve, je t'en prie, la noble liberté de toi-même ! restons amans, et que jamais le devoir ne soit une autorité : suivons l'impulsion de nos cœurs

— Oui , dit Annette , et , jetant ses bras avec grâce autour du cou de son époux, elle déposa sur son front un chaste baiser, en ajoutant :

— Je veux que ce soit moi qui

vous ai fait le premier don d'amour....

Argow la regarda avec attendrissement , et , se penchant sur ses lèvres de rose , il ajouta la plus grande volupté terrestre , en confondant son âme dans famé d' Annette. « Ah ! s'écria-t-il , je deviens pur, je me lave de toute souillure en mêlant ainsi mon souffle au tien, j'espère mon pardon du ciel , si je continue long-temps une telle vie de bonheur! mon amour même sera une longue prière. »

A miette , attendrie , s'écria avec une espèce de volupté : « Je savois bien (pie je trouverons tout dans une âme annoncée par des traits aussi brillans. » Et en achevant ces paroles, la vierge sainte caressoitlégè-

rement le cou , les cheveux, la tête entière de cet être qui , dès-lors , ne devoit plus respirer qu'amour, religion , et la résignation la plus sublime.

Avec quelle joie et quelle messe ils revirent cette route, dont chaque borne étoit un monument pour leurs cœurs. Que Ton voie Annette heureuse de pouvoir se livrer, sous les auspices et aux regards du ciel , à toute l'exaltation de son âme, donner carrière à sa force aimante envers la créature, la même activité, la même expansion qu'à son amour pour les cieux, ne pas craindre de rendre ces deux sentimens rivaux.

Voyez -là dans ce moment? car c'étoit le plus beau moment de bonheur qu'elle pût obtenir dans son

apparition ici-bas. Regardez ? elle est le plus souvent, la télé appuyée gracieusement sur l'épaule de son époux , non pas de gloire , niais d'amour; elle lui sourit, et ce sourire passe à travers des dents rivales des perles de l'orient; une haleine d'ambroisie, pure comme son âme, semble se jouer sur des lèvres amoureusement candides ; ses mains qui, jusqu'alors, n ont tenu que la blanche dentelle, et n'ont caressé, flatté que son père ou sa mère bien-aimée, ses mains s'entrelacent avec volupté aux mains terribles qui, jadis, ont remué les canons , manié la hache , et lancé la mort. Pour un hommt' qui a connu L'Argow de la D a p finis (i)

(1) C'est te nom de la frégate à bord de. la

le spectacle de ces mains entrelacées est un mélange de terreur et de grâce : les yeux d'Annette sont brillans , transparens comme ceuxquun peintre a donnés à Marie Stuart chantant avec Rizzio , et ces yeux ravissans montrent à Argow la route ; car en ce moment la voiture est à F endroit où ce dernier manqua périr, et où mademoiselle Gérard vint lui apparoître comme un ange qui descendoit des cieux :

quant à M. de Durantal , il semble toujours dire à chaque instant :

« Quel droit ai-je donc à tant de bonheur !.••« »

Ils approchaient de Valence ,

quelle se passoit , dans le ficaire des Ardemies, la révolte fomentée par Argow.

qu'ils ne dévoient que traverser ; car il faisoit nuit, le temps étoit à la pluie , et des nuages trèsnoirs sillonnoient le ciel, Annette proposa à M. du Durantal de s'arrêter à Valence ; mais il lui objecta que pour deux heures de plus qu'ils auroient à rester en voyage , ils feraient mieux d'atteindre le château.

C étoit une chose si indifférente , qu' Annette n'insista seulement pas, et l'on continua de voyager.

Ici, une description succincte de la position du château de Durantal est nécessaire pour mille raisons:

elle sera aussi abrégée que faire se pourra.

Le château de Durantal est situé sur une hauteur, autant dire même une montagne : les murs du parc

se trouvent enceindre la montagne entière, et l'habitation domaniale, située à mi-côte , sépare en deux parties bien égales la largeur de cette côte , à gauche de laquelle est Je village de Durantal. La grande route de Valence , à F***** . . .

vient aboutir au bas du parc , précisément en face du château; mais là , la route tourne à droite, au lieu de passer dans le village , de manière que cette montagne, au milieu de laquelle le château s'élevoît, étoit flanquée à gauche par le bourg, et à droite, par la grande route.

Il s'ensuivoit de là que les anciens propriétaires de Durantal avoient deux entrées différentes : d'abord cette avenue qui conduisoit au château par la grande route adroite, la-

( 245 ) quelle avenue étoit pavée, et donnoit sur la principale façade du château :

mais parla suite on avoit , à travers le parc, ouvert une autre avenue qui conduisoit, d'une autre façade, au village et àl église de Durantal. Argow,enachetant cette propriété, avoit regardé ces deux avenues comme trop longues pour arriver à son château ; et, ayant ordonné de jeter des ponts sur les rivières factices du parc, on dût percer une avenue qui conduisît à travers la montagne , droit à la route. Il de voit y avoir une belle grille, car comme il comp.

toit habiter la façade qui avoit pour point de vue les plaines de Valence et la grande route, ce chemin montroit à tous les passans le château de Durantal dans toute sa splendeur.

Alors on voit qu'il y avoit trois chemins différens pour arriver au château d' Argow 3 car Vcrnyct venoit de faire terminer l'avenue qui y menoit en droite ligne , et qui senibloit être la continuation de la grande roule. Ordinairement Argow désignent au postillon le chemin par lequel il vouloit être conduit, et il dtoit déjà arrivé deux fois, qu'ayant affaire dans le village il se fût fait mener par Durantal.

Le hasard voulut que le postillon, qui conduisoit Argow en ce moment, fut celui qui , les deux fois, l 'avoit mené par le village , il devoit donc naturellement suivre la route précédemment indiquée, et Argow, tout entier au charme de voyager avec Annette , ne fit aucune at-

( 47 ) tention à une. chose aussi ordinaire.

Mais le chemin du village n'étoit pas le même au printemps qu'en été , et surlout lorsque , pendant deux heures , la plus furieuse pluie qui fût tombée de mémoire d'homme, avoit déployé sa rage sur la contrée : il y avoit des ornières d'une étonnante profondeur , et , malgré toute sa science , le postillon douta de pouvoir arriver à Durantal.

Aux premières maisons du village , le postillon fut contraint de s'arrêter ; car il n'étoit pas possible d'aller plus loin. La voiture de M. de Durantal couroit risque de se casser, et le postillon tacha de gagner le pavé qui se troavoit devant une

maison qui avoit assez d'apparence.

Là , il se dégagea de dessus son porteur, nagea dans un océan de boue, et après mille jurons , attrapa la chaîne d'une sonnette, et sonna de toutes ses forces.

— Qui va là ? demanda une vieille femme à la voix cassée.

— C'est un postillon embourbé qui voudroit

— Un postillon ! sainte vierge î s'écria la vieille , en interrompant le discours du claque fouet, jamais chaise de poste n'a passé par le village de Durantal! c'est tout au plus si y en vingt ans , j'ai vu passer trois fois la voiture du seigneur....

vous êtes un maraud.....

— Vieille folle, ouvrez donc, c'est M. de Durantal

Bah ! la croisée étoit refermée , et la vieille n'entendoit plus.

— Ah! je vais te faire ouvrir!

s'écria le postillon , et il se mit à sonner comme s'il s'agissoit de l'enterrement d'un pape.

— Postillon , dit Argow , essayez plutôt de regagner la route neuve.

— Hé ! M. le marquis, l'eau entre dans votre voiture , il vaut mieux envoyer chercher du monde au château, et, à travers le parc, on viendra vous chercher ici quand la pluie aura cessé. Et le postillon de sonner toujours.

On entendit à l'intérieur un colloque de six ou sept voix de femme,

et Fou vit de la lumière aller et venir.

Enfin l'on ouvrit , le postillon montra la voiture , et , à cet aspect, Ton voulut bien recevoir Annette et M. de Durantal ; mais aussitôt que le postillon les eut nommés , il y eut un émoi générai et un empressement étonnant. La vieille fut chercher un parapluie et un vieux tapis , et les deux époux entrèrent dans cette maison à dix heures et demie du soir.

Le postillon détela les chevaux, abrita la voiture , et s'en retourna avec mille peines.

Vous, lecteur, si jusqu'ici vous m'avez vu conduire mon char à peu près comme le postillon conduisoit nos héros, espérez que, désormais,

nous allons rouler avec trop de rapidité , peut-être , quand vous apercevrez le but.

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