LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, LES GENS DU SEIGNEUR, PAYSANS ET PAYSANNES
LE SEIGNEUR Arrête!
LUBIN, laissant tomber son bâton.
Ah! Monseigneur, votre seule présence Rappelle mon devoir et mon obéissance.
Ah! disposez, disposez de mon sort :
J'attends de vous ou la vie, ou la mort.
ANNKTTK
Air : noté N" 15. Vous Amans que j'intéresse.
Monseigneur, voyez mes larmes; .le succombe à mes allâmes.
Monseigneur, voyez mes larmes.
Ali ! laissez-vous attendrir.
A ses yeux si j'ai des charmes, Est-ce lui qu'il faut punir?
Annelte aima la première.
LUBIN
Non, c'est moi, c'est moi, ma chère.
ANNKTTK
Je voulois en tout lui plaire; Et mon cœur cherchoit le sien.
LUBIN Non, non, ma Bergère; Ton cœur fut le prix du mien.
ENSEMBLE
AN.NETTK
Monseigneur, voyez mes larmes ; Je succombe à mes allarnies.
Monseigneur, voyez mes larmes; Ah! laissez-vous attendrir.
ANNKTTK
A ses yeux si j'ai
des charmes,
Est-ce lui qu'il
faut punir ?
LUBIN
Monseigneur, voyez mes
larmes;
Mettez fin à ses
altarmes.
Monseigneur, voyez ses
larmes;
Ah ! laissez-vous
attendrir.
Si Lubin cède à
ses charmes, C'est lui seul qu'il faut punir
ANNKTT
Que la peine me chagrine!
lubin, au Seigneur.
.Mais Annette est ma cousine.
Cet enfant, cette orpheline Doit-elle &lee à l'abandon?
Non, non.
ENSEMBLE
Monseigneur, etc.
.Monseigneur, etc.
LIBIN
Ce ne sont point mes jours que je regrette : Mais, Monseigneur, prenez pitié d'Annetle, Elle mourra par amitié pour moi.
Votre Bailli la désespère, Et dit, je ne scais pas pourquoi, Qu'elle aura des enfans dont je serai le père Et qu'ils reprocheront leur naissance à nous deux.
ANNKTTK
Hélas! ils viendront donc, ces enfans malheureux.
Reprocher leurs jours à leur mère.
Quand je n'y serai plus. De mes chagrins euisans. Je me consolerai, s'ils ont la subsistance. ,le mourrois volontiers, quand ces pauvres enfans N'auroient plus besoin d'assistance.
LE BAILLI, au Seigneur, Mais imposez-leur donc silence.
LE SEIGNEUR, ù part.
Avec trouble je les entends.
LUBIN
Je conviens de mon tort : mais je vous le répèle,
Monseigneur, prenez soin d'Annetle;
S'il faut me séparer d'Annette absolument,
Recevez-rnoi soldat dans votre Régiment.
Pour vous, avec plaisir, j'exposerai ma vie;
Je ne veux rien de plus : Annette m'est ravie!
Quand il falloit applanir des chemins,
Piocher, bêcher, et faire des levées,
Enclorre vos Parcs, vos Jardins,
On me voyoit toujours le premier aux corvées:
C'étoil par amitié plutôt que par devoir.
Je ne veux pas m'en prévaloir;
Mais, à votre bonté si j'ai droit de prétendre,
Qu'Annette seule en soit l'objet,
Et j'en sentirai mieux le prix de ce bienfait.
Ah! Monseigneur, daignez m'entendre;
Quand vous voyez des malheureux,
Vous vous intéressez pour eux; Vous dites à part vous : ils sont ce que nous sommes
Oui, ces pauvres gens sont des hommes.
AXNETTE ET LURIN
le seigneur, avec une vivacité qui tient, du ilé[iil
Lève-toi, Lubin, lève-loi.
(À part)
Il m'allendriroit malgré moi.
{Haut)
Bailli, notez ce que j'ordonne.
LE BAILLI
Oui, Monseigneur.
ANNETTE
Ali ! je frissonne!
LUBIN
Annette, me voilà perdu !
LK BAILLI
Tu vas être puni! je m'j suis attendu.
LK SEIGNEUR
Notez liien...(l) que je leur pardonne.
Hélas! pourquoi les désunir?
Vous pourrez \ous aimer sans crime Oui, mes en l'a us, vous allez obtenir, Ce qui rendra voire amour légitime.