‹ Annibal dans les AlpesChapitre 41 sur 89 · ES · texte numérisé non relu

ES

t, eo »

11 §•* -o "S *o iS

à la descente, à 600 mètres plus bas que l'entrée du col, de l'escarpement de trois demi-stades. Il est qualifié «d'escalier» par des documents militaires. Nous en parlerons au chapitre XIII.

L'autre est lisible sur toule carte régionale à grande échelle (le gj^ôôô suffit) 5 on se ren(i compte que le col du Clapier peut seul satisfaire à la condition de visibilité. La partie Sud, celle qui est à droite du sentier et dont nous avons parlé plus haut, est dans Taxe du cours moyen de la Doire Ripaire en amont de Turin ; c'est la seule vallée rectiligne qui troue toute l'épaisseur de la chaîne des Alpes jusqu'à un col.

La tradition. — Nous pouvons enfin, comme d'ailleurs les défenseurs de tous les systèmes, nous appuyer sur une tradition. C'est Larauza qui, bien involontairement sans doute, nous la rapporte (1).

« En me montrant la gorge qui sépare la cime de cette mon- » lagne (Corna Rossa) de celle du Petit Mont Cenis, les gens du » pays me disaient que leurs anciens leur avaient raconté qu'un » fameux général nommé Annibal était passé par là il y a bien » longtemps (2). »

La direction ainsi indiquée est précisément celle des lacets du Petit Mont Cenis et du vallon de Savine, c'est la route même du Clapier. Si ce savant distingué, qui a côtoyé la vérité, avait consacré un jour de plus à son excursion, s'il avait eu le courage ou plutôt le temps de faire encore quelques kilomètres de montée par cette gorge que lui montraient les montagnards, il serait arrivé à la vraie roule d'Annibal et le terrain aurait parlé à ses yeux.

Mais le Clapier est un col injustement méprisé ; les Alpinistes eux-mêmes le connaissent peu, comme nous l'avons remarqué; la proximité des cols du Grand et du Petit xMont Cenis en est la cause. Peut-être le fait d'avoir livré passage à l'un des plus grands généraux de l'antiquité lui apportera-t-il dans l'avenir quelque célébrité.

(1) Hist. crit. du pass. des Alpes par Annibal, Paris, 1826, p. 127.

(2) Nous avons interrogé les gens du pays, aussi bien au Planais qu'aux Chalets du petit Mont Cenis et aux environs du grand Mont Cenis. Mais nous (levons avouer qu'ils ne nous ont parlé ni de cette tradition, ni d'aucune aulre, el. qu'ils paraissaient fort peu se soucier d'Annibal. Il nous a cependant paru intéressant de rapporter celle recueillie par Larauza, puisque c'est une arme fournie par un adversaire dont la bonne foi ne saurait être suspectée.

Page 1