‹ Annibal dans les Alpes (volume 2)Chapitre 30 sur 85 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Notre critique nous paraît avoir snlTisamment montré pourquoi nous ne pouvons pas être un disciple de M. le colonel Hennebert. Sa méthode ne nous satisfait nullement; car, sous des allures scientifiques, elle laisse une part beaucoup trop grande à l'imagination. Son itinéraire, établi a priori d'après des données géographiques et militaires, lui impose des idées préconçues ; ses explications restent dans les hautes sphères de la théorie ; ses restitutions sont vagues et incomplètes ; ses discussions de textes nous échappent, car il butine élégamment dans les auteurs les passages qui peuvent fortifier sa thèse, en négligeant ceux qui peuvent l'affaiblir ; il esquive prudemment les points délicats et controversés sur lesquels nous atlendons son jugement. Enfin ses erreurs géographiques, dont M. Roman nous rend compte, sont vraiment trop grandes ; il a eu le grand tort de ne pas aller dans les Alpes, et de se contenter pour étudier le terrain de cartes certainement imparfaites.

Nous n'avons pas parlé des fautes étymologiques, archéologiques et autres qu'il a commises, parce que cela ne servait en rien notre réfutation, et que notre compétence n'était pas suffisante. Nous croyons avoir sans ces arguments justifié le rejet de son système.

(1) Tome II, liv. V, chap. IV, p. 242.

Si nous avons souligné avec autant d'insistance, de passion peut-être, les défauts que nous avons trouvés dans l'œuvre de M. Hennebert, c'est précisément à cause de Tautorité incontestée acquise par cet érudit. Il y a certes un peu de présomption à attaquer de la sorte une restitution regardée par bien des savants comme la meilleure jusqu'à aujourd'hui; mais il est indispensable à rétablissement de notre solution de montrer par où les autres se trouvent en défaut.

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