‹ Annibal dans les Alpes (volume 2)Chapitre 81 sur 85 · LES MANUSCRITS · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS

Voilà pour les originaux. Qu'ont du faire les copistes? Reportons nous aux premiers siècles de Tère chrétienne. Supposons que nous soyons le lecteur chargé de dicter à des scribes plus ou moins lettrés le manuscrit de Polybe. Ils sont à leur poste; ils ont devant eux leur rouleau de parchemin ; ils tiennent le roseau qui leur sert de plume ; ils écrivent. Nous voici arrivés au passage

critique — (è men d'une part le Rhône, de Tautrc le Scaras)

— qu'allons nous faire ? Dicter le passage tel quel ? mais l'idée de Polybe sera faussée par le lecteur, qui, habitué au langage géographique de son temps, ne s'y reconnaîtra plus. Dicter en rectifiant, et mettre Rhône et Isère ; mais alors que pourra-t-on comprendre aux expressions le long du fleuve"^ Chacun aura choisi suivant sa tournure d'esprit : on a eu Tiin ou l'autre des textes ; et probablement des libraires, moins bien renseignés, auront choisi une troisième manière et édité Rhône et Araros (Saône).

Quant à Ylsara de Tite-Live, elle a subi des bévues que nous croyons purement accidentelles. Llbi Isara Hhodanmque s'est contracté en Bimrar ou Ib'isara Hhodanmque. Celui qui dictait a appliqué à la prononciation le principe du moindre effort; c'est la ressemblance des mots^qui a amené la lecture Ibi Arar.

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