‹ Annibal en GauleChapitre 2 sur 44 · ANNIBAL · texte numérisé non relu

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tîH • AVANT-PROPOS.

par Polybe. Il en restera deux ou trois, peutêtre, entre lesquels le choix se fera d'après les autres circonstances du récit.

Telle était l'œuvre entreprise par Deluc et Larauza ; mais ils disposaient de moyens insuffisants. Les cartes et les livrets de poste qu'ils employaient leur firent commettre des erreurs matérielles que vint encore augmenter une évaluation inexacte du stade. Dès le passage du Rhône, ils se trouvèrent égarés, et réduits aux expédients.

Ce double exemple a-t-il découragé leurs successeurs? Toujours est-il que, depuis lors, on est retombé en pleine fantaisie. Les historiens ont désespéré d'atteindre la vérité par une méthode réguKère ; ils se contentent donc de chercher des indices dans la lecture de Polybe, ou même en dehors de lui : un mot, une phrase les frappent, sur lesquels ils bâtissent tout un système. S'agit-il de déterminer l'endroit où Annibal a passé le Rhône, point essentiel dont tout le reste va dépendre? Us ne tiendront pas compte de la distance à Ampurias, dont la précision les gênerait, ou bien ils jugeront k propos de lui infliger une majoration. Ils choisiront pour base de leurs recherches une donnée assez élastique pour se

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plier à tous leurs caprices ; celle-ci par exemple, que « le point de passage est k quatre marches de la mer. » Suivant quelle route comptera-t-on ces quatre marches, et quelle en sera la longueur? On ne le sait pas, et la latitude laissée par une telle condition est si grande, que tous les points proposés, depuis Arles jusqu'à Pont- Saint-Esprit, y satisfont également. Plusieurs de nos historiens ayant fixé d'avance leurs vues sur Roquemaure ou Pont- Saint-Esprit, imaginent des marches énormes, et même des marches à vol d'oiseau !

Ils se justifient parfois en déclarant qu'ils ont tout calculé de manière à se pher aux indications ultérieures de Polybe*

Mais qu'arrive- t-il, au contraire? C'est que toutes ces solutions, étabUes en dehors des premières données précises et solides de l'historien grec, se trouvent encore en contrs^diction avec les autres.

Aucune d'entre eQes ne comporte, suivant les chemins ordinaires, un parcours de 2,600 stades entre le Rhône et la plaine itaUenne ; il faut supposer des montées et descentes quotidiennes, des détours inexplicables, des unités de longueur inconnues, pour retrouver le chiffre de Polybe. Elles ne présentent pas, à

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