‹ Anonymes, pseudonymes et supercheries littŕaires de la Provence ancienne et moderneChapitre 27 sur 171 · Aréna(Antonius · texte numérisé non relu

Aréna(Antonius

On a cru longtemps et Ton croit encore que ce nom est le pseudonyme de Antoine de La Sable. C'est une erreur propagée par : Guillaume de Bure , Catalogue de la bibliothèque Mel de Saini- Ceran , Paris, 1791, in-S®; — Charles Nodier, Bulletin du bibliophile; — Ôrunet, Manuel du libraire; — la Biographie universelle de Michaud; — Xe^^ Dictionnaires de Moréri, Chaudonet Delandine; — Ludovic Lalanne, Curiosités littéraires ^ p. 72, éd. de 1857; — et par les auteurs de la dernière édition des Supercheries de Quérard.

Antonius Aréna n'est pas un nom d'emprunt, mais le vrai nom latinisé du poëte macaronique Antoine Arène , né à Solliès-Pont (Var), au hameau de UOustourarié (l'hôtellerie) sur la route de Toulon , vers la fin du XV® siècle ou au commencement du XVP. Je n'ai pu retrouver la date de sa naissance , les archives ayant été brûlées en 1536, par les troupes de Charles-Quint. Il mourut à Saint-Rémy, en 1544.

Un acte du 20 septembre 1550, notaire Laugier à Solliès-Pont, fait mention de « sires Pyarre^ , Mathieu et Barthélémy Arène , « fraires , du lieu de Souliers , diocèse de ThoUon , et comme « hoirs universels de sire M. Anthoyne Arène (c'est Antonius « Arèna), leur fraire,juge royal de sont vivant de la ville de « Saint-Rémy; » les mômes auxquels Reynier, des Martigues , adresse une pièce de vers qu'on lit dans le recueil d'Aréna Ad suos compagnoi}es. Cet acte a été reproduit en entier par Augus-

tin Fabre, dans son Etude historique et littéraire sur Antonius Aréna (Marseille, Boy, 1860, p. in-8°), le seul travail exempt de fables sur la personnalité du poëte. On ne saurait ajouter foi à Papon , au Dictionnaire des hommes illustres de la Provence et surtout à la notice de M. Norbert Bonafous, placée en tête de la réimpression de la Meygra entrepriza (Aix , Makaire, 1860, p. in-8*^). Les uns et les autres font descendre Aréna de la noble famille des Aréna de Naples, fixée en Provence depuis 1428 , et tout à fait étrangère à la famille du poète.

Antonius Aréna a publié , sous son nom , ou sous le voile de l'anonyme , les ouvrages suivants :

1. Anthonius Arena provincialis ^ de bragardissima villa de SolériiSj ad suos compagnones studiantes, qui sunt de persona f riantes y bassas dansas in galanti stilo bisognatas. On les vend à Lyon, en la maison de CL Nourry , dict le Prince , 1531 y p. in-8^, goth.

Il en existe une quinzaine d'éditions connues et citées par les bibliographes. Le Catalogue de la bibliothèque de M, de Régis de la Colombière {n^ 425) mentionne une édition tout à fait ignorée : in-16, 66 pages, 1527 vers , titre rouge et noir , avec un écusson renfermant trois soleils et la devise Partout SolièSy en provençal Souliès per tout. Nous regrettons que le rédacteur de ce catalogue n'ait pas donné une description plus complète d'un exemplaire si curieux qui est, en quelque sorte, l'acte de baptême du poète. En effet, la ville de Solliès-Pont a des soleils dans ses armoiries, et, en outre, sa position presque au centre de trois villages appelés Solliès- Ville , Solliès-Toucas et Solliès-Farlède , donnerait l'explication de la devise : Partout Soliès,

II. Meygrà enirepriza catoliqui imperatoris, Quando de anno Dni 1536 , veniehai per Prouensam bene corrosatus impostam prendere Fransam cum villis de Prouensa, propter grossas et meutas génies rejohire : per Antonium Arenam hastifausaia. Gallus caniaiy gallus cantami , gallus caniabit , Avenione , 1537 , in-8°, goth. éd. orig.

Sur les diverses éditions de ce livre, voir une curieuse note de M. Rouard, dans le Bulletin du bibliophile, année 1860, p. 1402-

III. Articles de lestil et instructions nouvellement faictz par la souveraine Court de parlement de Prouence, à la requeste de MM. les gens du roy, sur Vabbreuiation des procès et playderies uiilz et nécessayres à tous officiers de justice , à tous advocatz et procureurs de ladite Court du parlement et d'aultres Cours inférieurs, publiées à l'audience, le quatorsiesme jour du moys defeburier. Van 1542y auec plusieurs arrestz et lettres royaulxde conséquence en faveur de tout le bien public de Prouence. On les vend à Aix, à la grand salle dupalays,par Vas Cavallis. (A la fin); Nouuellement imprimez à Lyon chez le Prince , près Notre-Dame de Confort, le XVIII^ d'apuril 1549, gr. in-4°, 14 ff.; portrait de saint Louis, roi de France, gravé sur bois au verso du titre, avec deux pièces en vers macaroniques à la louange de Jean Meynier d'Oppède, président du'parlement.

Ces pièces ne se retrouvent pas dans les œuvres d'Aréna ; elles ont été reproduites dans la réimpression delà Meygra entrepriza. Voy. Bulletin du bibliophile, 5® série p. 330; 6® série, p. 34; et A. Fabre, Etude sur Aréna, p. 32-33.

IV. S'ensuyuent les taux , modérations , salaires et emolumens

des greffiers du parlement, des advocaizy procureurs et greffiers , des lieutenanSy des juges ordinaires , des huissiers et sergens auecques le grand arresi donné par nostre ires chrestien roy de France touchant la confirmation de la justice et ordonnances de ce présent pays de Prouence et la modération des amendes de douze vingt Hures en cas d'erreur et de mises aux premières ordonnances de ce pays de Prouence, Avec les villes et chasteaulx de Prouence, Avec privilège en faveur de Dominique de Portunaire, libraire à Aix , daté du 4 mars 1539. (A la fin) Imprimez à Lyon, le 24 mai 1540, gr. in-4°, goth. 18 ff. n. chiffrés.

Dans la nomenclature des villes de Provence (souvent réimprimée à part) Aréna a soin d'ajouter au mot Solliès , bon pays. C'est encore une nouvelle preuve de l'origine de notre célèbre poète macaronique.

167. Arétin d'Augustin Carrache, ou recueil de postures erotiques (gravées par Coyni) d'après les gravures à l' eau-for te de cet artiste célèbre , avec un texte explicatif des sujets (par Simon Célestin Croze-Magnan), né le 11 avril 1750 , à Marseille , où il est mort le H août 1818 , bibliothécaire de la ville). A la nouvelle Gythère (Paris, P. Didot), 1798, in-4o, 20 pi.

168. Argélie, reyne de Thessalie, tragédie (par Gaspard Abeille). Paris, A. Barbin, 1674, in-12, 8 ff. et 103 p.

Le nom de l'auteur est dans le privilège. Voy. La Tuilerie,

169. Argens (le cours d') et ses affluents (par P. Sénéquier) , dans l'Annuaire du Var, An. 1823 et 1824.

170. Aristo . . (M,) (L'abbé Jean-Jopeph Rive, né à Apt , le 19 mai 1730, mort à Marseille, le 20 octobre 1791).

Confession pascale des sieurs Bournissac , Thulis, Durand, la

Flèche, Verdillon, Chomel et autres sangsues, déposée dans le sein du R, P. Olivier, curé de Saint-Martin, directeur zélé des Aristocrates , par — . Imprimé au fort Saint-Jean, (Marseille), 1790, avec permission des despotes. in-8°, 26 p. et 1 f.

171. Aristophane citoyen de Paris (Scipion Marin, de Toulon), Le sacerdoce littéraire , ou le gouvernement des hommes de lettres, Centilogie en trois actes. Paris , Vimont , 1832, in-8°. Ouvrage curieux où Ton voit figurer : Casimir Périer , V. Hugo , Méry, Barthélémy, Balzac , Sainte-Beuve, Nodier, Sue , Mérimée, Janin, A. de Musset, etc.

172. Arlequiniana , ou les bons mots, les histoires plaisantes et agréables, recueillies des conversations d'Arlequin (par Charles Cotolendi, avocat). Paris, 1694, in-12.

Aix et Avignon se disputent l'honneur d'avoir donné le jour à l'auteur. Il y avait des Cotolendi à Brignoles.

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