mars 1909: Arrêté pour vagabondage
15 avril 1909: Arrêté pour vagabondage.
15 octobre 1909: Arrêté pour vagabondage.
23 février 1910: Voies de faits sur agents. Donne lieu à une expertise du docteur Roubinovich et est envoyé à Villejuif; il s’évade le 19 février 1912: il est arrêté quelques jours après et examiné par le docteur Dupré, qui conclut à la non-réintégration.
En avril 1912, il est arrêté à Villejuif, où il s’est introduit par-dessus le mur; l’examen du docteur Bonnet conclut à son internement et il est renvoyé à Villejuif, proposé pour le service des aliénés difficiles.
Enfin, en juin 1912, il est envoyé en transfert à Mont-de-Marsan, d’où il revient à Paris en janvier 1913 pour se faire arrêter ‘ dans les conditions que nous savons.
C.…. a des périodes d’excitation: « Alors, dit-il, l’insomnie me prend, puis l’agitation, et je me mets à parler; c’est malheureux ; je vis comme ça pendant 2 ou 3 mois, puis je suis abruti et j’ai envie de dormir tout le temps. Quand je me suis évadé de Villejuif, 41 y avait un an que j'étais tranquille, il fallait que je fasse des bêtises. Dehors je bois et je fais aussi des bêtises, mais c’est la hberté qui me gêne ».
Si on lui parle de son avenir et du sort qui lui est destiné, il répond « qu’il n’y peut rien et qu’on peut faire de lui ce qu’on voudra; s’il est remis en liberté, il sera bien sûrement arrêté le lendemain ». :
En fait, C.. a passé depuis 1899 la plus grande partie de sa vie tantôt en BESo, tantôt à Nanterre et tantôt dans les asiles.
ILest examiné 5 fois au point de vue mental; 3 fois les rapports ont constaté de la dégénérescence mentale avec excitation périodique, instabilité mentale, sentiments exagérés de la personnalité, jerversions des instincts, et ont eonelu à l’internement.
Deux fois ils ont conclu au non-internement, tout en constatant que le sujet est un débile, déséquilibré, à responsabilité atténuée, dont la puérilité et l’imagination de l’acte ne nécessitent pas le réinternement. ”
Enfin, le médecin-expert chargé de l’examiner actuellement, conclut à l’irresponsabilité et demande:son internement par suite de l’état de dépression où se trouve C.., état qui le rend incapable de subvenir à ses besoins.
Nous nous trouvons done encore en présence d’un de ces indi-
\ 07e, LES
vidus qui, considérés tantôt comme délinquants, tantôt comme aliénés, sont envoyés des prisons aux asiles et des asiles en prison en passant par la société, où ils se mettent en contravention avec la loi et où chaque fois ils occasionnent des dépenses assez élevées. Aïnsi, dans le cas actuel, C.. a donné lieu en treize ans à six expertises médico-légales, a été interné quatre fois dans des asiles et à été l’objet de nombreuses condamnations. C’est done un individu dangereux, contre lequel la société a le droit et le devoir de se défendre. D'autre part, c’est un malade, ou
plutôt un infirme, et il a droit à une assistance de la part de la société.
OBSERVATION IX (Docteur Riche. — Rapport médico-légal)
Débilité mentale. — Vagabondage. — Instabilité. — Nécessité d’une direction morale.
T.. François-Julien, 16 ans, détenu, inculpé de vagabondage, arrêté le 16 novembre 1913, à minuit, aux Halles, où il était couché et endormi; il a déclaré être sans domicile et sans moyens d’existence.
D'après les renseignements de la mère, T... serait né à 8 mois après une grossesse durant laquelle la mère était rendue très malheureuse par son mari; il était chétif, pesant à peine 4 livres, et fut très difficile à élever; des convulsions, à sa naissance, obligèrent à lui donner des bains sinapisés. |
N'a pas fait de grandes maladies. Il se mettait parfois dans de violentes colères ; il s’est sauvé deux ou trois fois de la maison à la suite de réprimandes ; généralement son caractère. était faible et doux. Ses parents sont divorcés depuis huit ans parce que le père était un ivrogne.
Elevé au début chez les frères, il a été placé ensuite à une école, rue Keller; il sait lire, écrire et un peu compter. Il fit un apprentissage dans la quincaillerie, la bijouterie, le cartonnage, mais il n’avait pas de mémoire et ne se rappelait plus après huit jours ce qu’on lui avait expliqué. Aussi ses patrons avaient-ils dit à sa mère que pour son fils «il fallait chercher une routine ».
LD
Lorsqu'il était chez sa mère, plusieurs fois le père l’aurait emmené au cabaret et dans d’autres mauvais lieux. Le père l’avait gardé un an avec lui.
En mars 1913, il a été arrêté une première fois sur la plainte d’un patron, à qui il aurait détourné de l’argent qu'il était allé encaisser. L’inculpé prétend l’avoir perdu. La mère dit que cela lui arrivait fréquemment chez elle. Placé par M. Rollet dans la Somme, il n’a pu y rester, étant trop faible pour les travaux de culture.
Rapatrié par le patronagé, il est employé aux environs de Paris, mais il se dispute avec ses patrons. Replacé à Rouves par le patronage, il s’est sauvé avec un camarade, et ensemble ils reviennent à pied vers Paris.
Il travaille pendant 16 jours dans l’Yonne chez un patron, qui dit de lui: « [1 n’était pas adroiït, mais il avait de la bonne volonté, était poli et honnête ».
Arrêté aux environs de Paris comme vagabond, il est détenu 1 jours; puis revient à pied à Paris en juin 1913. Là, après avoir couché dehors, il vient revoir sa mère et cherche une place par les agences.
Il entre rue des Saïnts-Pères, chez un pâtissier, mais il n’y reste qu’une demi-journée, car il ne mettait pas d’entrain au travail et s'était battu avec un autre employé. Ce même soir il fut arrêté. :
A l’examen, T.. se présente correctement, mais il semble eomprendre diffreilement ce qu’on lui demande et on a du mal à lui faire raconter son histoire. Lorsqu'on lui parle de son avenir, il dit « qu’il pourrait bien avoir une place dans ‘un hôpital où on prend de petits jeunes gens pour faire un petit travail ».
Au point de vue physique, c’est un infanfile avec nombreux stigmates de dégénérescence.
En résumé, T.. est un débile physique et intellectuel dont la responsabilité doit être très atténuée.
Il lui est difificile de se conduire seul, mais ce n’est cependant pas un malade d’asile; une direction sérieuse lui serait nécessaire.
OCR
SOBSERVATION X
(Docteur Riche)
Vols. — Fugues. — Instabilité. — Colères. — Nécessité d'une direction ferme.
D... Victor-Louis, 18 ans, inculpé de vol et abus de confiance.
Arrêté le 19 octobre 1913 chez un patron boucher, où il était depuis huit jours. Il avait présenté des factures falsifiées à des clients et déménagé avec deux coacceusés de la chambre où il habitait, un matelas, deux oreillers et deux roues de bicyclettes. Ces objets ont été vendus par ses complices et-il a recu 2 francs pour sa part. L’inculpé reconnaît les faits et dit pour s’excuser que son patron ne le payait pas suffisamment.
D... a déjà été arrêté: 1° à Boulogne-sur-Mer avec un camarade pour voyager sans billet, il est resté 6 jours à la maison d’arrêt ; 20 à Meaux, où il était allé à pied avec un camarade. Enfin, il est inculpé, en plus des faits qui lui sont reprochés ci-dessus, d’avoir essayé de vendre, aux Champs-Elysées, une épingle de cravate volée par deux camarades. /
D'après les renseignements de la police, D.. serait un mauvais sujet dans toute l’acception du terme et un incorrigible qui ne fréquentait que des voleurs. À plusieurs reprises, le père, qui est scous-brigadier, est venu se plaindre au commissariat de son fils et demander son envoi en correction.
D’après lui, D.., sans être fou, n’a pas tout son esprit. Il est
allé à l’école, mais il n’a pu passer son certificat d’études.
À 13 ans il est placé en apprentissage successivement chez un chareutier, dans un atelier de soudure, chez un épicier, chez un marchand de vin restaurateur, où il n’est pas resté parce qu’il se disputait avec la bonne et se trompait sans cesse de plats. Dans les différentes maisons où il était placé, il travaillait bien, mais il s’en allait parce qu’il n’était pas assez payé.
Son père ajoute: « Mon fils n’est pas un mauvais garcon, mais il est faible et se laisse entraîner par de mauvais camarades. Ce n’est que depuis cette année qu’il se conduit mal, depuis qu'il a fait la connaissance d’un camarade avec qui il a accompli ses fugues ». Il entre parfois dans de violentes colères: @ il a les