LA VALLÉE DE CHAMPROSAY
C'est ici que j'aurais dû naître, Champrosay! nom plein de douceur!
O ma maison, reçois ton maître!
Forêt, fleuve, coteau champêtre.
Recevez votre possesseur.
Heureux qui de son espérance N'étend pas l'horizon trop loin.
1. Comparez la Vouliie, d'Hégésippe Moreau, et ces jolis vers de Ducis :
Petit séjour, coinuioile et sain, Où des arts et du luxe en t'a/»/ On chercherait quelque vierveilk; Hutiil'Ie asile où j'ai sous la main Mon La Fontaine et mon Corneille; Où je vis, m'endors et m'éveille.
Sans aucun soin du lendemain. Sans aucun remords de la veille ; Retraite où j'hahite avec woi, Seul, sn>u désirs et sans emploi, Libre de crainte et d'espérance.
Enfin, après trois jours d'absence, Je viens, j'accours, je t'aperçoi !
O mon Ut! o ma maisonnette !
Chers témoins de ma paix secrète!
C'est vous que voilà! je vous voi!
Qu'avec plaisir je vous répète :
» Il n'est point de petit che\ soi ! »
2. C'est un village de Seine-et-Oise, où M. Lebrun acheta une peiiic maison de campagne.
Et, satisfait de peu d'aisance, De ce beau rovaume de France Possède, à l'ombre, un petit coin !
Un cerisier, près de mon Louvre, Le cache et l'indique au regard; Devant, la Seine se découvre.
Et, derrière, une porte s'ouvre Sur les ombrages de Senart'.
Pour m'agrandir, m'irai-je battre?
Trois arpents sont assez pour moi; Dans trois arpents on peut s'ébattre.
Alcinoiis en avait quatre-, Mais Alcinoiis était roi.
Si les hommes pouvaient s'entendre!
Mais non : tant qu'il trouve un voisin. Tout homme a le cœur d'Alexandre, Er, prince ou bourgeois, veut étendre Ou son rovaume, ou son jardin*.
Quant à moi, devenu plus sage.
Et, dans mes désirs satisfait, Peu redoutable au voisinage.
Je ne demande à ce village De lot que celui qu'il m'a fait;
Content si, m'assurant la vue
De la rivière et du coteau.
J'y puis seulement, sur la rue.
Joindre la place étroite et nue
Que borne en tleur le vieux sureau .