‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 13 sur 444 · C'est un bois des îles, qui a les couleurs de la rose · texte numérisé non relu

C'est un bois des îles, qui a les couleurs de la rose

Il est venu, le fils dont elle était si fîère!

Il est fait, le berceau, — le berceau sans réveil !

il est de chêne, hélas! et ce n'est qu'une bière'.

Eugène Manuel.

aUE DEVIENNENT LES BERCEAUX»

Après le départ des oiseaux.

Les nids abandonnés pourrissent.

Que sont devenus nos berceaux?

De leur bois les vers se nourrissent.

Le mien traîne au fond des greniers.

L'oubli morne et lent le dévore; Je l'embrasserais volontiers, Car mon enfance \' rit encore.

C'est là que j'avais nuit et jour, Pour ciel de lit, des veux de mère Où mon àmc épelait l'amour - Et ma prunelle la lumière

Cet instinct de vivre blottis ^ Dure encore à l'âge où nous sommes :

Pourquoi donc, si tôt trop petits, Berceaux, trahissez-vous les hommes ^ ?

Sully P r u u h o m m e .

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