AOUT EN PROVENCE
A l'ombre du gerbier ' géant l'airée - est prête ; Le fermier, dans le rond où s'entassent les blés, Fait tourner, retenant leurs licous assemblés. Six chevaux camarguais^ noirs comme la tempête.
Sous l'ardent soleil d'août, ils vont, regardez-les ! Et le sol dur résonne, et rien ne les arrête. Lui, suant, mais joyeux plus qu'au jour de sa fête, Rêve de sacs d'écus et de greniers comblés.
Cependant le soir vient, et la brise s'élève;
La paille en tourbillons vermeils comme son rêve
Monte*, se colorant aux rayons du couchant,