LES SOLEILS DE SEPTEMBRE
Sous cestièdes rayons des soleils de septembre Le ciel est doux, mais pâle, et la terre jaunit. Dans les forêts, la feuille a la couleur de l'ambre ' ; L'oiseau ne chante plus sur le bord de son nid.
Du toit des laboureurs ont fui les hirondelles;
La faucille a passé sur l'épi d'or des blés;
On n'entend plus dans l'air des frémissements d'ailes.
Le merle siffle seul au fond des bois troublés.
Les jours s'abrègent; l'eau qui court dans la vallée N'a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l'air : Il semble que la terre, et muette et voilée, Dans ses premiers frissons sente venir l'hiver.
O changeantes saisons ! 6 lois inexorables! De quel deuil la nature, hélas ! va se couvrir ! Soleil des mois heureux, printemps irréparables. Adieu ! ruisseaux et fleurs vont se taire et mourir.
Mais console-toi, terre! ô nature! 6 Cvbèle M L'hiver est un sommeil et n'est point le trépas : Les printemps reviendront te faire verte et belle; L'homme vieillit et meurt; toi, tu ne vieillis pas !
Tu rendras aux ruisseaux, muets par la froidure. Sous les dais ' verdoyants leurs murmures chanteurs; Aux oiseaux tu rendras leurs nids dans la verdure; Au lilas du vallon tu rendras ses senteurs.
1. C'est une substauce jaune, transparente, susceptible d'un beau poli. On l'appelle aussi succiti.
2. Fille du Ciel, femme de Saturne, mère de Jupiter, Cybèlc était iJorée par les anciens comme la Déesse de la Terre.
î. Dans l'ancienne langue, dais signifiait tiihU d'apparat, surmontée d'une tenture en forme de ciel de lit. Peu à peu ce mot s'est réduit à l'idt'e de tenture. Ici, c'est une voûte de feuillage.
Ah ! des germes captifs quand tu fondras les chaînes, Quand, de la sève à flots épanchant la liqueur, Tu feras refleurir les roses et les chênes, O nature, avec eux fais refleurir mon cœur !