DE JEUNES SOURDS-MUETS EN PROMENADE
Hier, sur une grand'route où j'ai passé près d'eux, Les jeunes sourds-muets s'en allaient deux par deux, Sérieux, se montrant leurs mains toujours actives. Un instant, j'observai leurs mines attentives. Et j'écoutai le bruit que faisaient leurs souliers. Je restai seul. La brise en haut des peupliers Murmurait doucement un long frisson de fête; Chaque buisson jetait un trille^ de fauvette, Et les grillons joyeux chantaient dans les bleuets-. Je penserai souvent aux pauvres sourds-muets.