‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 178 sur 444 · L .\ MER · texte numérisé non relu

L .\ MER

Que j'aime à flotter sur ton onde, A l'heure où du haut du rocher L'oranger, la vigne féconde'.

Versent sur ta vague profonde Une ombre propice au nocher*.

Souvent, dans ma barque sans ranu- Me confiant à ton amour, Comme pour assoupir mon âme.

Je ferme, au branle de ta lame , Mes regards fatigués du jour.

1. Il songe aux rivages d'Italie, à la Méditerranée; car la vigne et l'oranger ne poussent pas sur les côtes de l'Océan.

2. En poésie, un nocher est un batelier. Ce mot, dont il ne faut pas user en prose, vient de l'italien noccbicit-.

]. Mouvement d'un corps qui va et vient :

Ainsi dt natrt tspoir la fortune u jou* : Tout s'ilin ou s'ahaisit *u branle dt sa rout

COftXItLlE.

l68 ANTHOLOGIE CLASSIQUE

Comme un coursier souple et docile Dont on laisse flotter le mors, Toujours vers quelque frais asile Tu pousses ma barque fragile Avec l'écume de tes bords.

Ah ! berce, berce, berce encore, Berce pour la dernière fois'.

Berce cet enfant qui t'adore.

Et qui depuis sa tendre aurore N'a rêvé que l'onde et les bois.

Le Dieu qui décora le monde

De ton élément gracieux.

Afin qu'ici tout se réponde.

Fit les cieux pour briller sur l'onde.

L'onde pour réfléchir les cieux.

Aussi pur que dans ma paupière, Le jour pénètre ton flot pur, Et dans ta brillante carrière Tu semblés rouler la lumière Avec tes flots d'or et d'azur.

Aussi libre que la pensée, Tu brises le vaisseau des rois; Et dans ta colère insensée-.

Fidèle au Dieu qui t'a lancée.

Tu ne t'arrêtes qu'à sa voix.

De l'infini sublime image.

De flots en flots l'œil emporté Te suit en vain de plage en plage!

L'esprit cherche en vain ton rivage, Comme ceux de l'éternité.

1. C'est le roulis, le rythme et le mouvement du flot berçant la barque.

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