Hii/)/yr est saisir .ividement et i l'improviste
Zon ! zon ! Vibrons, laissons-nous vivre, Et, sous le plafond enfumé, Autour des bassines de cuivre, Voltigeons sur le rythme aimé !
La noire araignée Demeure éloignée
D'ici ' :
Un balai fidèle Prend constamment d'elle
Souci !
Pendant le bal, tout ce qu'on aime Se trouve au bahut mal fermé :
Le beurre en mottes, et la crème, Et le miel, régal embaumé !
Les plaisirs du monde Sont pour notre ronde
Aisés :
Longues rêveries, Danse et sucreries.
Baisers !
Quand par la fenêtre on nous chasse, Nos essaims effarés et prompts Tournent un instant dans l'espace, Et par la porte nous rentrons.
Zon ! zon ! Tout repose.
La cuisine est close :
Disons, Par bandes errantes, Mille susurrantes
Chansons !
C II A K I. F s ( i K A N n M t ) U l. 1 N
I. Par conséquent, rien à craindre, de ce côté, pour la mouche.
L'AMI- DU bu:
En juin, on voit sortir de terre, ^erme obscur. Une larve ' bizarfc et qu'étonne Tnzur, Ayant l'aspect d'un ver, et des rudiments - d'ailes. Telles sont tout d'abord les cigales nouvelles.
Mais bientôt, s'enfantant soi-même avec effort.
De sa légère peau morte l'insecte sort,
Frais, humide, étalant ses quatre ailes ouvertes.
Tout vert comme les blés aux belles tiges vertes.
11 ne sait pas chanter, ni s'envoler encor :
Le chant divin viendra plus tard, avec l'essor.
En attendant, sous l'herbe et parmi les feuillées,
La cigale, buvant au creux des fleurs mouillées.
Rampe, évitant le bec du moineau trop hardi.
Et se chauffe immobile au soleil de midi.
Le blé ne grandit plus, mais il est vert encore;
Il boit l'éclat du jour torride, — et s'en colore :
Tel l'insecte devient jaune et blond, puis pareil
Aux épis roux et chauds pénétrés de soleil;
Le feu vivifiant affermit son corps frêle.
Et, donnant leur vigueur aux nervures de l'aile
Qui deviennent d'un noir intense de velours.
Tend la membrane molle et fine des tambours
Qiii trembleront bientôt de notes musicales,
Et que nos bruns enfants, tourmenteurs de cigales.
Sous les écailles d'or du ventre, savent voir
Luire en elles, polis comme un double miroir.
O mvstère charmant surpris sous vos écailles ! Nul n'a vu votre sang en vous, ni vos entrailles,
1. L.i l.irvc est l'insecte d.ins l'ét.it où il se trouve eu Mirtaut de Wvui. CL'est .liiisi que I.i clienille est l.i l.irvc du p.ipillon.
2. Les rudiments d'un organe sont les premiers linéaments de sa
structure.
Cigales; vous n'avez rien en vous de caché. Rien que votre instrument à vous-même attache ! Vous n'êtes qu'une voix, qu'une chanson vivante; Et lorsque la moisson, par le mistral ' mouvante. Ainsi qu'une mer blonde, ondule sous l'azur. Alors, mûres aussi, vous, âmes du blé mûr, Pareilles aux épis, brûlantes et dorées. Vous chantez la lumière et les moissons sacrées !... Silence ! près de nous la cigale a chanté; Elle est là, sur ce pin jaunissant de l'été; Vovez : elle s'écoute, heureuse; elle travaille. Puisque de ses longs cris tout son être tressaille; En extase, attentive, elle ne nous voit pas; Mais, tout à coup, ayant entendu notre pas, Elle nous a compris, et, par instants muette, A s'enfuir brusquement, furtive, elle s'apprête... Nous la gênons; elle aime à chanter sans témoin ; Et, — quand elle se tait, — on peut ouïr au loin, Bruit qui monte et s'abaisse en strophes inégales. Le tronc rugueux des pins résonner de cigales.
C'est la maturité des blés qui chante ainsi.
L'épi, sous les rayons incandescents- roussi.
Froissant l'épi voisin, craque, et la moisson mûre.
Ne pouvant pas chanter sa gaîté, la murmure.
Et ravive, adoucit et renfle tour à tour
Son bruit que la cigale imite tout le jour,
Surtout à l'heure ardente où l'ombre bleue est tiède.
Où la mouche revient au dormeur qu'elle obsède,
Ou le silence enfin plane avec le sommeil
Dans un vent doux et lourd tout chargé de soleil.
Un jour, les blés criants tombent sous les faucilles : Les cigales encor font éclater leurs trilles ?,
1. Vent violent du nord-ouest, qui souffle dans les contrées voisines de la Méditerranée (maestrale. magistralis, le maître des vents).