‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 22 sur 444 · LA JOIE DU FOYER · texte numérisé non relu

LA JOIE DU FOYER

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille Applaudit à grands cris; son doux regard qui brille

Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,

Innocent' et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre

Les chaises se toucher.

Quand l'enfant vient, la joie arrive, et nous éclaire. On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère

Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme. De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme

Qui s'élève en priant ; L'enfant paraît; adieu le ciel et la patrie. Et les poètes saints! la grave causerie

S'arrête en souriant.

Enfant, vous êtes l'aube, et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine

Quand vous la respirez; Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S'emplissent pour vous seul de suaves murmures

Et de rayons dorés!

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies. Car vos petites mains, joyeuses et bénies.

N'ont point mal fait encor; Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange; Tête sacrée! enfant aux cheveux blonds! bel ange

A l'auréole d'orl

I. Car ses beaux yeux sont pUins de douceurs infinies, Car ses petites mai fis, joyeuses el bénies. N'ont point fait mal encor,

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