V. Hugo
1. Dans les Poèmes des Champs j par M. de La Fayette, je lis ces vers
La vache! pacifique et houne créature !
Filtre mystérieux des dons de la nature;
Alamhic distillant l'herbe et les fleurs pour vous ;
Mamelle appétissante oiï boit la soif de tous;
Flanc fécond qui, donnant à la ferme raine
Ou la crètue ou le lait, nous prodigue sa vie ;
La vache, ô doux enfants, qui lui refuserait
Un regard, un sourire, et qui ne Vainierait?
Bonne béte aux yeux bleus, celle-ci, c'est la Blanche;
Son lait intarissable en blanc ruisseau s'épanche,
Et le jet écumeux crépite, ruisselant,
Aux parois d'un seau neuf fait de bon bouleau blanc.
Pauvre Blanche! elle est vieille, elle est maigre et point belle!
Les bouchers n'ont ici que du dédain pour elle;
Sa corne lisse et courbe, et son cuir souple et fin
Ne les séduisent pas ; — elle inange à sa faim.
Cependant ; — mais ses os meurtrissent sa litière.
Eh oui! mais c'est encor ma meilleure laitière.
Comparez aussi ces vers de Brizeux :
La vache, avec sa blanche robe,
Languissamment marchait, secouant son jabot. Et marquant sur la terre humide son sabot. Quelquefois s'arrêtait pour brouter un peu d'herbe, Puis s'en allait encor, grasse, lente et superbe. Sur son front étoile des cornes en croissant S'arrondissaient ; sa queue et son poil frémissant Autour d'elle chassaient les bourdons et les mouches, Et ses grands yeux roulaient défiants et farouches.