LA VIE ET L'ESPERANCE
Quand j'ai passé par la prairie,
J'ai vu, ce soir, dans le sentier.
Une fleur tremblante et flétrie,
Une pâle fleur d'églantier.
Un bourgeon vert à côté d'elle
Se balançait sur l'arbrisseau;
J'y vis poindre une fleur nouvelle.
La plus jeune était la plus belle :
L'homme est ainsi, toujours nouveau =.
Quand j'ai traversé la vallée.
Un oiseau chantait sur son nid.
Ses petits, sa chère couvée, Venaient de mourir dans la nuit.
Cependant il chantait l'aurore; O ma Muse! ne pleurez pas; A qui perd tout, Dieu reste encore?, Dieu là-haut, l'espoir ici-bas.
A. DE Musset.
1. Un philosophe a dit : « Notre âme est toujours pleinement vivante; elle l'est dans l'infirme, dans l'évanoui, dans le mourant : elle l'est plus encore dans la mort. »
2. L'espérance est comme la fleur qui repousse à coté des fleurs flétries.