Chanteurs et poètes ne doivent pas se dévorer entre eux
Le moissonneur s'égaye, et l'automne orageux
En des climats lointains vous chasse toutes deux.
Oses-tu donc porter dans ta cruelle joie
A ton nid, sans pitié, cette innocente proie.
Et faut-il voir périr un chanteur sans appui
Sous la morsure, hélas! d'un chanteur comme lui!
AVDRÉ ChÉNIF. R
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Ah ! prends un cœur humain, laboureur trop avide. Lorsque, d'un pas tremblant, l'indigence timide De tes larges moissons vient, le regard confus. Recueillir après toi les restes superflus, Souviens-toi que Cybèle^ est la mère commune. Laisse la probité que trahit la fortune, Comme l'oiseau du ciel, se nourrir à tes pieds De quelques grains épars sur la terre oubliés!
André Chénier,
ON A si: s l'ATVRLS
L'hiver est venu. La vendange Dort son soûl' dans \à cuvier plein.
Et les énormes sacs de grain Font fléchir le sol de la grange.
r. Imité de Thoinsoii, cclcbrc poète écossais (1700-1748), auteur Jcs
2. Chez les anciens, c'était la déesse de la Terre. }. Il y a dans le chai tonneaux sur tonneaux. C'est toute une récolte qui Jort là sans emploi.
Le maître va, vient, compte et range : On ne vit jamais pareil gain!
« Mais, dit-il. Dieu sait bien qu'on mange, Et qu'on fait sa part au prochain'. »
Un rouge-gorge à voix fluette.
Frère quêteur du rien qu'on jette % Chantait sous l'auvent du fournil 5.
« Sans ces pillards j'aurais peut-être Un sac de plus! » dit le gros maître. Qui l'abat d'un coup de fusiU.
Joseph IN Soulary.