L'AUMONE D'UN ENFANT
Un vieillard chaque jour passait près d'une école; Lorsque entrait des enfants la troupe vive et folle.
Il offrait, pour un sou, Des crayons qu'il portait dans un coffre, à son cou. C'était du malheureux la dernière ressource; Et les petits garçons, vidant, joyeux, leur bourse.
Emportaient ses crayons.
Un seul, un tout petit, et lui-même en haillons, Se tenait à l'écart, dévorant une larme. Un jour, quittant les jeux, au milieu du vacarme',
11 disparaît sans bruit; Nul ne le suit; Seul, il court, emportant un paquet sous sa blouse (Le pauvre reposait non loin sur la pelouse). Là, découvrant son fromage et son pain, Haletant, il s'arrête enfin :
« Tiens, je n'ai pas de sou, mais voici mon offrande, Pauvre; je suis petit, moi : ma faim n'est pas grande. Garde et vends tes cravons, je n'en ai pas besoin. » Le pauvre refusait, mais l'enfant était loin.
I. Ce mot est venu du ncerlandais xvacharmer (malheur a toi). Au moycn-àge, c'était une exclamation. De là le sens postérieur de bruit, de
Ht la boîte aux crayons bien des matins fut pleine, Et le pauvre petit avait l'âme sereine. Mais les autres disaient, en prenant leur repas : « Pourquoi donc petit Jean ne déjeune-t-il pas? »
PITIH»
La femelle? Elle est morte'.
Le mâle? Un chat l'emporte Et dévore ses os.
Au doux nid qui frissonne Qui reviendra ? Personne.
Pauvres petits oiseaux !
Le pâtre absent par fraude- !
Le chien mort! Le loup rôde Et tend ses noirs panneaux ^ Au bercaiW qui frissonne Qui veillera? Personne.
Pauvres petits agneaux I
L'homme au bagne ! la mère A l'hospice! ô misère» !
Le logis tremble aux vents; L'humble berceau frissonne.
Que reste-t-il? Personne.
Pauvres petits enfants !