‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 311 sur 444 · Selon les idées qui nous passent par la tête · texte numérisé non relu

Selon les idées qui nous passent par la tête

Tous mes jours seront jours de fcrc.

\'i lieu de rester là, tristement attaché, réduit à brouter dans cette étroite sphère, ■ Ainsi que mon père et ma mère,

~ J'irai fièrement au marché,

Mes paniers sur mon dos, agitant ma sonnette; ( li.icun m'admirera. — Voyez-vous, dira-t-on. Comme il a l'oreille bien faite!

Quel jarret ferme, et quel air de raison! C'est une créature, en vérité, parfaite; Le voilà maintenant âne, et non plus ânon... — Quel bonheur d'être grand! Tout devient jouissance; On est quelqu'un ', on peut hausser le ton • ; Ce qu'on dit a de l'importance, If l'on n'est plus traité comme un petit garçon. » Ainsi, dans sa faible cervelle.

Raisonnait un pauvre grison ', Tout en broutant l'herbe nouvelle.

Le jour qu'il désirait à la fin arriva:

Il devint grand ; mais il trouva Qu'il n'avait pas bien fait son compte. Lc^rsqu'il sentit les paniers sur son dos : « Oh ! oh ! dit-il, voici de lourds fardeaux ; Mon allure avec eux ne sera pas très prompte, n

A peine achevait-il ce mot.

Qu'un coup de fouet le force a partir au grand trot.

La chose lui parut fort dure :

Il vit bien qu'il fallait renoncer à l'espoir De n'agir qu'à son gré du malin jusqu'au soir,

De se complaire en son allure, F.t de dire : je veux^ à toute la nature. Grands, petits, pensa-t-il, ont chacun leur devoir. J'en ai douté dans mon enfance; Mais je vois trop que, tout de b«Mi '

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