‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 317 sur 444 · Se dit Je · texte numérisé non relu

Se dit Je

j. Tout vieil-, tcccUcDi /••/./

LES ËTOILHS irr LKS FUSÉES'

Du milieu d'une foule à grands frais amusée, Vers un ciel dont la nuit assombrissait l'azur

Une pétillante fusée S'élançait hardiment, et, dans l'espace obscur, Par un sillon de feu sa queue étincelante

Marquait sa route triomphante.

Le peuple applaudissait; et dans son fol orgueil Elle fondait sur ce brillant accueil

Les plus brillantes destinées, S'écriant : « Place, place, étoiles surannées-! A moi le firmament. Vos honneurs sont passés.

Ils n'ont duré que trop d'années.

Cachez-vous, astres éclipsés! »

Elle éclate à ces mots en vives étincelles, Et jette dans les airs, tout à coup éclairés Pai^l'ardente lueur de ses feux colorés.

Un groupe d'étoiles nouvelles.

Aux transports d'un peuple enchanté.

Redoublant sa folle jactance.

Mais l'œil sur tant d'éclat s'est à peine arrêté, Qu'il s'éclipse et s'éteint; le peuple fait silence.

L'air reprend son obscurité;

Et ma fusée évanouie

N'est qu'une baguette noircie?,

Qui, loin d'atteindre au firmament, S*en vient sur le pavé retomber lourdement

Aux pieds de la foule ébahie.

1. IMccc d'artilîcc composée d'un cvlindrc de carton rempli de poiidn.-.

2. S'est appliqué d'abord à des actes publics, qui, ayant plus d'un an de date, étaient, comme on dit aujourd'hui, périmes. De là l'acception usuelle de vieux et démodé.

3. Il ne reste plus que la carcasse, le petit bâton de soutien.

La ploire suit parfois la vopue • et le fracas, M.iis son temple est jonché de baguettes brisées; [.{ l'Olympe est en vain assailli de fusées. Les étoiles n*en tombent pas.

ViENNET.

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