Il ne se dérange même pas dans son travail bienfaisant
POÉSIES mORALES H?
LH SEMUUR D'IDnb'S»
Avant l'aube, à sa tâche austère
Le semeur s'en va solitaire,
Sans regarder derrière lui
Si déjà Te soleil a lui.
Sans écouter dans la campagne
Si l'alouette l'accompagne.
Et ne songeant qu'à son labeur!
Car c'est lui, le rude semeur,
Qui tient dans ses mains, 6 Nature.
L'espoir de ta moisson futun
Et c est ce pauvre homme en liaïUuns
Qui fait pleuvoir l'or aux sillons ■.
11 sait la grandeur de sa tâche.
Va, vient, et revient sans relâche.
Fendant d'un mouvement égal
Les vapeurs de l'air matinal.
Le soir, sans lasser son courage.
Le retrouve encore à l'ouvrage.
L'automne est dur aux pauvres gens;
Mais on se repose au printemps :
Avril sera sa récompense!
S'il sent son bras faiblir, il pense
A la prochaine floraison.
Et son geste emplit l'horizon'!
Et toi, vaill.iiii >ciiieui Ou n.-\L- , Que l'espoir aussi te relève,
1. Cx vers c-it aussi beau par rcxprcssioii que par le sentiment.
2, Cette hyperbole est d'un cfTct .-r nJ •...
). Il faut que le pi>itc scme la \ . U est vni que le
rcve d'aujourd'hui peut devenir la .^..u - -..
Songeur qu'on dédaigne aujourd'hui!
Demain ton printemps aura lui, Demain ta moisson sera mûre :
La plus tardive est la plus sûre.
Pour l'idéal, en attendant, Sème, ô rêveur, ton verbe ardent, Sème le mot, sème l'idée Dont tu sens ton âme obsédée; Sème aux sillons de la douleur Tout ton amour et tout ton cœur; Sème, et le temps fera ta gerbe :
Le blé n'est d'abord que de l'herbe.
Achille Paysant,