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LES TROIS COULEURS

Les connais-tu, les trois couleurs, Les trois couleurs de France?

Celles qui font rêver les cœurs De gloire et d'espérance :

Bleu céleste, couleur du jour.

Rouge de sang, couleur d'amour.

Blanc, franchise et vaillance!

1. Comparez ces beaux vers de M. Armand Renaud, sur le soldai di: Maraihon :

Ce u'c'lait qu'un soldai obscur entre dix tnilU. Quand on eut la victoire, il voulut, le premier. En porter la nouvelle à sa lointaine ville, 1:1 partit, fier coureur agitant un laurier, r. puise par sa course effrayante et fans trêve, Il mourut, dès qu'il fut au terme du chemin. Heureux qui peut de même, ayant atteint son rêve. Mourir, la Jlamme au carur et la palme à la main!

POESIES PATMOTiqUES 379

Le drapeau, quand tonne l'airain,

Comme un guerrier tressaille; 11 bat, il s'enfle comme un sein

Au vent de la bataille.

Dans la mêlée, ah ! qu'il est beau Lorsqu'il n'est plus qu'un noir lambeau

Etoile de mitraille ' !

Jusqu'à la morr on le défend,

O sublime folie !

Et quand il revient triomphant.

Vers sa loque chérie ' Les yeux vont, de larmes remplis; Car le drapeau garde en ses plis

L'âme de la Patrie I

Qu'il frissonne au soleil joyeux,

Ou qu'il flotte sur Tonde; Lorsque la Paix rit sous les cieux.

Ou quand la guerre gronde, France, il entraîne tous les cœurs.

Lui qui porta dans ses couleurs

La liberté du monde !

Georcls Gourdon.

RETorK nr dkapeai*'

les soldats tour à tour descendaient aux rivages; ! es braves, les vainqueurs des peuplades sauvages.

1. Ix drapeau est ici comme nne personne morale, qai vit, qui .m, qui - li lutie et a l.i rriomplic.

Le mot . primitivcmcii: , est un diminutif de l'ancien

tr;invJis miU ^petite monn4ie de cuivre), d'où le sens de vieux morceaux de cuivre, qu'jv.tit encore le mot mitraiJU au xvii* siècle.

2. LxfUf- (du haut allemand /<v, chose pendante). Ce mot est ici relevé par le sentiment.

5. Le 17* léger, à son retour d'Afrique, débarque à Marseille.

Défilaient sur le môle ' au son des instruments,

Nobles soldats, vêtus de sombres vêtements.

Troués, déchiquetés', noircis par les victoires;

Et tous passaient ainsi, la face et les mains noires,

Egaux, par la couleur dont ils furent brunis,

A ces peuples épars de Tanger à Tunis '.

Mais, sitôt que la foule aux têtes réunies

Vit surgir le drapeau des vieilles compagnies.

Quand parut, au milieu d'un dernier bataillon,

Ce reste d'étendard, magnifique haillon!

Alors une clameur immense, universelle.

Reçut le saint débris qu'apportait la nacelle!

De tous les lieux voisins, de tous les carrefours •*,

Des quais où s'agitait le populeux concours,

Et du toit des maisons, et des milles croisées.

Et du mât des vaisseaux aux vergues pavoisées,

La voix d'un peuple entier salua dans les airs

L'héroïque lambeau rapporté des déserts 5,

Oui, ce fut un spectacle émouvant pour les âmes!

Sous le ciel de Provence, étincelant de flammes,

11 était beau de voir, suivi de mille cris,

Ce bâton ^ dont la foule adorait les débris.

Ce vestige effrangé de bannière qui vole.

Ah! c'est qu'il rayonnait d'une vive auréole;

C'est que jamais drapeau d'Egypte ou d'Austerlitz 7

Ne rapporta chez nous plus d'honneur dans ses plis ;

C'est que, tout lacéré, tout noirci par la poudre.

Relique qu'une brise en passant peut dissoudre,

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