A MA MERE
Eh bien, oui! si puissant que soit le ridicule. Si mauvais air qu'on ait à bien parler de soi, C'est assez qu'on hésite, et trop que l'on recule, Lorsque l'orgueil est juste et que le cœur est droit : Oui ! cette femme au cœur français, à l'àme fière, Qui mena vaillamment ses deux fils aux combats, Oui ! cette femme-là, cette femme est ma mère. Et c'est mon frère et moi qu'elle a créés soldats.
Quels sarcasmes d'ailleurs effraieraient ma franchise ■ ? Ceux-là seuls me liront pour lesquels seuls j'écris; Et mes vers ne vont pas, comme un jouet qu'on brise. Des mains des esprits forts aux mains des beaux esprits-. Non, non! tous ces récits pleins de deuils et de larmes. Moins écrits que pensés, moins pensés que vécus. S'en vont toujours tout droit, marchant toujours en armes. De ceux qui sont conquis à ceux qui sont vaincus?. Et c'est devant ceux-là, mère, que je t'honore;