‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 45 sur 444 · UNE BOITE DE JOUJOUX · texte numérisé non relu

UNE BOITE DE JOUJOUX

L'autre soir, je voyais la petite Marie

Rester, près de la lampe, en extase et sans voix;

Car elle avait tiré de son coffre de bois

Ce jouet d'Allemagne ' appelé bergerie.

Les moutons étaient gros comme la métairie Qui, certes, n'aurait pu loger les villageois; Les arbres sur leurs pieds naïfs étaient tout droits. Et le vieux tapis vert jouait mal la prairie.

Et moi, plus que l'enfant, je me suis amusé, Et puisque le voyage, hélas! m'est refusé, Une heure j'ai joui d'un mirage' illusoire.

L'odeur de ces joujoux mal taillés et mal peints

M'a permis de courir tes déserts de sapins.

Et j'ai connu ton ombre immense, ô forêt Noire!

F. COPPÉE

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