‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 47 sur 444 · LA BETE · texte numérisé non relu

LA BETE

Jeanne^ songeait, sur l'herbe assise, grave et rose; Je m'approchai : « Dis-moi si tu veux quelque chose, Jeanne? » — car j'obéis à ces charmants amours. Je les guette, et je cherche à comprendre toujours Tout ce qui peut passer par ces divines têtes. — Jeanne m'a répondu : « Je voudrais voir des bêtes. » Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi. « Vois! » Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi. « Non, les bêtes, c'est gros, « me dit-elle.

Leur rêve.

C'est le grand. L'océan les attire à sa grève, Les berçant de son chant rauque et les captivant Par l'ombre, et par la fuite effrayante du vent; Ils aiment l'épouvante, il leur faut le prodige. « Je n'ai pas d'éléphant sous la main, » répondis-je.

1. L'idée de théâtre s'associe à celle des oranges qu'on y vend pendant les entr'actes.

2. Bitume qui sert à faire les trottoirs de nos rues et boulevards.

?. Bâtiment à deux mâts, de trente à cent tonneaux. Il est léger comme le goéland, ou la goélette, hirondelle de mer, qui lui a donné son nom.

4. Jeanne est, comme on le sait, la petite-fille du poète, la sœur de Georges.

« Veux-tu quelque autre chose, ô Jeanne, on te le doit! Parle. » Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt. « Ça, » dit-elle. C'était l'heure où le soir commence'. Je vis à l'horizon surgir la lune immense.

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